"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

16 juillet 2009

La Chambre des représentants demande à la CIA les documents de son programme antiterroriste secret

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La commission de renseignements de la Chambre des représentants a demandé mardi à la CIA de communiquer les documents de son programme antiterroriste gardé secret et ayant visé à tuer ou à capturer au sol des dirigeants d’Al-Qaïda, pendant les huit années de la présidence Bush.

L’agence centrale du renseignement américain (CIA) coopérera, ont répondu certains de ses membres, sous couvert d’anonymat, ajoutant qu’une enquête serait menée sur les détails tenus secrets, ainsi que pour comprendre pourquoi le Congrès n’avait jamais été informé du programme. Le directeur de la CIA, Leon Panetta, a d’ores et déjà ordonné une enquête interne, a expliqué le porte-parole de l’agence, George Little.

La CIA a dépensé au moins un million de dollars (720.000 euros), jusqu’à ce que le programme soit suspendu le 24 juin par Leon Panetta, dès qu’il a appris son existence, a expliqué un membre du Congrès. Pourtant, le programme n’a jamais abouti, les attaques ayant été menées via des frappes aériennes, par des drones, des avions sans pilotes, qui ont fait de nombreuses victimes civiles.

Silvestre Reyes, le président de la commission de renseignements de la Chambre, un démocrate, devrait décider cette semaine de lancer ou non une enquête sur ce programme de la CIA. Le sénateur démocrate Russ Feingold a déclaré lundi que le fait que la CIA n’ait pas informé le Congrès représentait une violation de la loi américaine.

De son côté, le président Barack Obama, qui veut regarder vers l’avenir, n’est pas favorable à ce que le pays se penche sur les pratiques de l’ère Bush, concrètement à ce que souhaite le parti démocrate.

Selon la loi, en cas d’opérations ultra-secrètes, les briefings peuvent se limiter à un groupe très restreint, qu’on appelle le Groupe des Huit, composé des patrons du groupe républicain et démocrate des deux chambres, ainsi que des Commissions du renseignement du Sénat et de la Chambre.

L’ordre avait été validé par le président George W. Bush, peu après le 11-Septembre. Et c’est son vice-président, Dick Cheney, qui avait demandé à la CIA de ne pas en informer le Congrès, avait précisé Leon Panetta. Les Etats-Unis voulaient retrouver les leaders d’Al-Qaïda, cachés dans la région frontalière entre le Pakistan et l’Afghanistan.

Parallèlement, le ministre de la Justice, Eric Holder, étudiait déjà l’opportunité d’ouvrir une enquête criminelle sur la pratique de la torture par la CIA. Et vendredi, un rapport de l’inspection générale avait mis l’accent sur le rôle joué par l’équipe de Dick Cheney dans le secret excessif maintenu autour du vaste et controversé programme d’écoutes illégales de la NSA (National security Agency).
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AP