"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

11 mai 2009

Bernard Madoff était-il au courant des attaques du 11 septembre?

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L’éditeur PLON frôle à nouveau un sujet tabou en France. Après avoir publié l’excellent livre de chevet LA FACE CACHEE DU 11 SEPTEMBRE de Eric Laurent en Octobre 2004 (une somme de questions toujours sans réponses, ni médiatiques ni judiciaires, qui aurait dû être un point de départ pour les autres journalistes), 4 ans et demi plus tard une bonne plongée en apnée dans le monde de la finance ramène à la surface un gros poisson bien trop au courant des affaires en cours un certain 11 Septembre, pour ne pas y soupçonner un autre signe supplémentaire de ce que l’économiste Marc Chesney, dénonce depuis plusieurs années, à savoir les fameux délits d’initié d’avant le 11 Septembre. Jean Jacques Bourdin l’avait très correctement interviewé le 11 Septembre 2007 dans son émission de 11H00 sur RMC.
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Ces secrets de polichinelle dans le milieu de la finance ont été dénoncés aussi depuis par Jérôme Kerviel un simple jeune trader apparemment assez éloigné de sa hiérarchie. Je rappelle aussi le rôle intéressant de Juliette Binoche dans le film QUELQUES JOURS EN SEPTEMBRE qui traite explicitement des délits d’initiés et les avertissements avant le 11 Septembre, sur fond d’espionnage. Le film est sorti en Septembre 2006 en France dans l’indifférence (LE MONDE) que provoque un sujet surdimensionné (TELERAMA), et l’année suivante en Angleterre. Juliette Binoche avait alors expliqué au DAILY TELEGRAPH, sur RADIO5 et dans le GUARDIAN (qui a peu apprécié) que son coach, un agent de renseignements britannique, lui avait révélé une réalité "encore plus déprimante que tout ce qu’elle pouvait imaginer"…
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Or revenons à la nouvelle parution chez PLON. Que vient nous dire aujourd’hui -sans doute malgré lui- un analyste financier israélien (ce qui évacue ipso facto au moins pour PLON l’accusation potentielle d’anti-américanisme ou d’antisémitisme si à la mode en matière de dénonciations financières ou terroristes) ? Ni plus ni moins que "Madoff savait" comme le montre l’extrait publié dans le site du magazine Challenges. Il faut le lire entre les lignes certes, mais le ton est presque sans ambiguïté, juste l’ambiguïté nécessaire pour passer l’autocensure ou la roulette russe médiatique (une pensée émue pour Jean Marie Bigard, obligé de ravaler sa glotte sur FRANCE INTER le 4 mai dernier, après ses déclarations de Septembre 2008…). Car comment ne pas rapprocher ce cynisme des accusations immédiates de l’administration américaine, Bush en tête, contre Ben Laden et Al-Qaïda. Selon le rapport de la Commission du 9/11, elle n’avait rien vu venir… mais elle ne mit que quelques heures pour annoncer l’origine des attaques : le 13 Septembre par la voix de Colin Powell et le 4 Octobre par la voix de Tony Blair avec sa propre documentation made in UK.
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d’Amir Weitmann, Plon, 245 p.
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Le 11-09-2001 de Madoff
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Un homme de sang froid rassure les investisseurs. Et Madoff en est un, lui qui, impassible, prévoit l’évolution des marchés en regardant s’écrouler les Twin Towers. Extraits (p. 56-62).
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« Je travaille pour un family office. Mon patron, un richissime homme d’affaires mexicain, a vendu son affaire de textile il y a sept ans pour plusieurs centaines de millions de dollars et, avec son fils Enrico, je dirige ses investissements financiers.Nous sommes investis chez HUG Capital à hauteur de 5 millions de dollars, une position importante. Bien que satisfait des résultats, je commence à le cuisiner sur les raisons de la réussite du fonds qu’il vend et, le moins que l’on puisse dire, c’est que je ne suis pas convaincu. Alberto [mon broker] me répète ce qu’il m’a déjà expliqué plusieurs fois, à savoir que l’argent est investi à 100% avec un certain Bernie Madoff, auquel il est impossible d’accéder.Madoff finit par accepter de me rencontrer le mois suivant dans ses bureaux du Lipstick Building à New York. Très précisément le mardi 11 septembre 2001 à 8 h 30 du matin.Le 11 septembre au matin, nous nous levons de bonne heure pour ne pas arriver en retard au rendez-vous avec ce fameux Bernie Madoff, le gérant invisible qui refuse de rencontrer ses clients. Nous sommes encore au stade des discussions de politesse, le small talk, quand nous entendons soudainement un grand bruit dans les bureaux d’à côté. Il est 8 h 48. Quelqu’un se précipite dans notre salle de conférences en hurlant :- Un avion vient de percuter le World Trade Center. Nous courons dans le bureau voisin pour regarder la télévision, allumée sur CNN. La présentatrice semble complètement paniquée…- Ce n’est pas un accident, énonce Bernie, impassible et sans émotion apparente. C’est une attaque terroriste. Le marché va maintenant être fermé quelques jours et rouvrira en forte baisse…Je suis stupéfait de ce que je viens d’entendre. Mais de quoi parle-t-il ? Et comment peut-il penser au marché dans un moment pareil ? Des gens sont morts, d’autres sont blessés ou sont en danger, et c’est tout ce à quoi il pense ? Je suis encore perdu dans mes pensées quand on entend un autre cri. Il est 9 h 3.- Un autre avion a percuté la deuxième tour ! Bernie tranche d’un ton sec et sans émotion :- C’est un attentat, je vous l’ai dit. L’Amérique est la cible de terroristes. C’est sûrement Al-Qaïda et Ben Laden, ces terroristes qui ont déjà essayé de faire sauter le World Trade Center en 1993. Cette fois-ci, ils ont réussi.Il est 9 h 30, je le regarde et je lui dis que, vu les circonstances, nous allons partir. Je propose que nous nous rencontrions une autre fois.- Pas du tout, répond Bernie. Vous avez déjà beaucoup attendu. Venez dans mon bureau, nous serons plus tranquilles pour parler.Je suis complètement estomaqué par le calme presque inhumain de Bernie devant les événements, et je commence à comprendre la raison de ses performances. Si quelqu’un est à ce point capable de comprendre immédiatement ce qui se passe, alors que tout le monde pensait après le premier avion qu’il s’agissait d’un accident, il peut anticiper le marché. Il est vraiment plus intelligent que les autres.Mon opinion est faite : il n’est pas question de retirer un seul centime du fonds de Madoff.»
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Amir Weitmann
analyste financier israélien