mercredi, 18 mars 2015

L'avocat du délateur de Ben Laden assassiné


Un ex-avocat du médecin pakistanais ayant joué un rôle clé dans la traque d'Oussama Ben Laden par la CIA a été assassiné par des hommes armés dans le nord-ouest du Pakistan.

L'avocat Samiullah Afridi avait représenté Shakeel Afridi, condamné en mai 2012 à 33 ans de prison après avoir mené une fausse campagne de vaccination contre l'hépatite B à Abbottabad, la ville où se terrait le chef d'Al-Qaïda avec ses femmes et ses enfants, et ainsi prélever leur ADN.

Mardi, des hommes armés ont criblé de balles la voiture de l'avocat alors qu'il quittait le village de Mathra pour rentrer chez lui, à Peshawar, grand carrefour du nord-ouest pakistanais, à la porte de l'Afghanistan, a indiqué à l'AFP un haut responsable de la police locale, Mian Saeed. «Selon nos premières informations, les deux assaillants ont tiré de chaque côté du véhicule avant de prendre la fuite», a ajouté ce responsable.

«Nous allons cibler tous les autres avocats qui le défendront»

Les talibans pakistanais du TTP et le groupe jihadiste local Jundullah ont aussitôt revendiqué ce meurtre auprès de l'AFP. «Nous avons tué Samiullah Afridi car il défendait la cause de Shakeel Afridi. Et nous allons cibler tous les autres avocats qui le défendront», a déclaré un porte-parole du TTP, Ehsanullah Ehsan. L'an dernier, Samiullah Afridi avait confié à l'AFP se retirer du dossier du docteur Shakeel Afridi en raison justement de menaces de mort à son égard.

Un tribunal de première instance avait condamné Shakeel Afridi non pas pour cette campagne ayant conduit au raid d'un commando américain contre le chef d'Al-Qaïda, mais pour ses «liens» avec un groupe islamiste armé, une accusation factice servant de prétexte pour écrouer ce docteur ayant aidé les Etats-Unis, estiment des élus américains.

Et la cour qui devait entendre l'appel du docteur Shakeel Afridi, actuellement écroué sous haute surveillance dans une prison de Peshawar, n'est plus fonctionnelle depuis le début de l'année car les mandats des juges sont arrivés à leur terme sans que d'autres magistrats n'aient été mandatés pour les remplacer.

AFP