dimanche, 9 novembre 2014

Rob O'Neill, le soldat qui aurait tué Ben Laden menacé de mort par des jihadistes

Robert O'Neill, le Navy Seal qui a tué Ben Laden. - © BFMTV 



Robert O'Neill, le Navy Seal qui vient de révéler être l'auteur du coup mortel contre Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011, au Pakistan, fait d'ores et déjà l'objet de menaces de mort, émises sur des sites jihadistes.

Les risques de représailles étaient à craindre. Un ancien des Navy Seals, ces troupes d'élite de la Marine américaine traditionnellement soumises au secret le plus strict, qui a affirmé publiquement qu'il était celui qui avait tué Oussama Ben Laden, s'est immédiatement attiré des menaces de mort de jihadistes. Mais aussi les critiques du Pentagone.

Robert O'Neill, 38 ans, a affirmé au Washington Post qu'il avait tué, d'une balle en pleine tête, le chef d'Al-Qaïda le 2 mai 2011 lors d'un raid héliporté à Abbottabad, au Pakistan.

Messages sur des sites jihadistes

Des jihadistes ont aussitôt lancé des menaces de mort contre lui, a révélé SITE, qui surveille les sites jihadistes. Des photos d'O'Neill accompagnées de messages en arabe et en anglais appelant des "loups solitaires" à venger la mort du chef d'Al-Qaïda, ont été diffusés sur Twitter et sur le forum des jihadistes al-Minbar, a indiqué SITE.

L'un d'entre eux écrit par exemple en arabe: "Nous enverrons aux loups solitaires en Amérique la photo de ce Robert O'Neill qui a tué Cheikh Oussama ben Laden".    

Le Pentagone se dit "déçu"

L'ancien soldat d'élite a expliqué au quotidien avoir décidé de donner son nom après une fuite orchestrée par SOFREP, un site internet d'anciens Seals. Cette fuite était elle-même une réponse destinée à couper l'herbe sous le pied de Fox News, qui diffusera les 11 et 12 novembre un documentaire intitulé "The Man who Killed Usama ben Laden" ("L'homme qui a tué Oussama ben Laden") dans lequel il se dévoile.

Les Navy Seals sont normalement tenus de conserver le secret le plus strict sur leurs missions. Vendredi matin, le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby, s'est dit "déçu" que l'ancien soldat ait décidé de sortir de l'ombre. "Il y a un code dans cette communauté qui interdit de parler. Et il est inconvenant de tirer des profits financiers en se servant des opérations auxquelles vous avez participé", a-t-il déclaré à CNN.

Avertissement de la hiérarchie

En début de semaine, le chef des Navy Seals, le contre-amiral Brian Losey, a adressé un sévère avertissement à ceux qui violent la tradition du secret de cette force. "Une disposition essentielle de notre Code de conduite est 'Je ne rends pas publique la nature de mon activité, et je ne cherche pas à obtenir de la reconnaissance pour mes actions'", ont déclaré dans une lettre le contre-amiral Losey.

En racontant le raid au Washington Post, O'Neill a indiqué que deux autres soldats avaient tiré des coups de feu. Il se trouvait en deuxième position à la tête du commando lors de l'assaut contre la chambre de Ben Laden, a-t-il dit. Le chef d'Al-Qaïda est brièvement apparu à la porte mais le soldat en tête a apparemment manqué son tir. "Je suis passé devant lui pour entrer dans la chambre, juste à l'embrasure de la porte", dit Robert O'Neill, "Ben Laden était là debout. Il avait ses mains sur les épaules d'une femme et la poussait devant", dit-il. L'ex-soldat a précisé qu'il pouvait clairement identifier le leader terroriste avec ses lunettes de vision nocturne, malgré l'obscurité, et a tiré.

Peur des fuites

Selon le quotidien, deux membres du commando ont confirmé l'identité de l'ex-soldat. O'Neill s'est décidé à sortir de l'ombre par crainte de fuites et après avoir rencontré des victimes des attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center à New York. "Les familles m'ont dit que (la mort de Ben Laden) leur avait apporté un peu de réconfort", dit-il.

Un autre membre de l'unité qui a effectué le raid sur Abbottabad, Matt Bissonnette, s'est attiré des ennuis en publiant en 2012 des mémoires sans les avoir préalablement soumis à l'approbation du Pentagone. Dans une interview diffusée jeudi par la chaîne NBC, il apparaît en désaccord avec la version de O'Neill. "Deux personnes différentes racontent deux histoires différentes pour deux raisons différentes", a lancé Matt Bissonnette, qui avait écrit son livre No Easy Day sous le pseudonyme Mark Owen.

Au moment du raid du commando, O'Neill avait déjà 15 ans d'expérience avec les Seals, où il opérait dans la désormais célèbre unité Six. En 2009, il faisait aussi partie du commando qui a libéré un capitaine de cargo américain pris en otage par des pirates somaliens sur un canot de sauvetage.

Fox News a assuré qu'elle maintiendrait la diffusion du documentaire

"Fox News n'a pas été contactée par le département de la Défense ni par un autre organisme du gouvernement qui aurait exprimé sa préoccupation" concernant la diffusion du documentaire" et "nous avons absolument l'intention de le diffuser comme prévu les 11 et 12 novembre", a déclaré Carly Shanahan, porte-parole de la chaîne.