"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

mardi, 26 août 2014

13 ans après, six raisons d’enquêter sur le 11-Septembre


"Au cours de notre enquête sur la réponse de la nation aux attentats, les membres de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre ont découvert que la version officielle de ce qui s’était passé (le matin du 11 septembre 2001) – c’est-à-dire ce que le gouvernement et les responsables militaires avaient raconté au Congrès, à la Commission, aux médias, et au public sur qui savait quoi et quand – était presque entièrement, et inexplicablement faux".

John Farmer
avocat principal de la Commission Nationale sur les attentats terroristes contre les Etats-Unis


Nous sommes à un mois du treizième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001. En 13 ans, l’Amérique a subi de grands changements en raison de la guerre contre le terrorisme qui a suivi. Un certain nombre de guerres ont été lancées par le gouvernement américain et ses alliés. Des mesures de surveillance et de sécurité douteuses ont été mises en place, tout cela au nom de la sécurité de la population. Beaucoup d’Américains acceptent ces changements comme la conséquence de vivre dans un monde post 11-Septembre, où le terrorisme se cache à chaque recoin.

Cependant, un nombre croissant de personnes en Amérique et partout dans le monde continuent à s’interroger sur les événements de ce jour, sur l’origine du financement, et sur ceux qui ont intérêt à taire ces questions. Parmi ceux qui posent ces questions difficiles se trouvent des survivants et des proches de ceux qui ont perdu la vie en ce jour fatidique. Malgré les tentatives des médias traditionnels de dépeindre le Mouvement pour la Vérité sur le 11-Septembre comme irrespectueux ou anti-américain, beaucoup de gens se rendent compte qu’il existe des raisons légitimes pour lesquelles un individu doté d’un esprit critique devrait soutenir une nouvelle enquête sur les attentats. Aujourd’hui, nous examinons six de ces raisons.

1. Les procès contre l’Arabie saoudite

Quand il est devenu évident que l’Administration Bush trainait des pieds pour enquêter sur le 11/9, les familles de victimes ont commencé à mener leur propre enquête et ont exigé que le gouvernement fasse de même. Dès 2003, le New York Times a rapporté que les rapports du congrès pointaient vers l’implication de citoyens saoudiens, travaillant à la demande de leur gouvernement, dans le financement des terroristes. Pour cette raison, des familles de victimes, des survivants et des compagnies d’assurance en quête de justice tentent de poursuivre différents responsables et citoyens saoudiens, ainsi que des organismes de bienfaisance, des banques et d’autres organisations accusées d’avoir financé les attentats.

Les procès se sont enlisés dans la bureaucratie et se sont heurtés à l’immunité diplomatique. Tout d’abord, en 2005, un juge fédéral de première instance à New York a déclaré que l’Arabie saoudite ne pouvait pas être poursuivie. En 2008, une cour d’appel confirmait cette décision. En mai 2009, la juge assesseure de la Cour suprême Elena Kagan – à ce moment-là procureure générale – a exhorté la Cour suprême d’empêcher la présentation d’arguments contre l’Arabie saoudite. Le tribunal a suivi la juge Kagan. Ces décisions ont néanmoins été récemment retournées, et les poursuites sont maintenant autorisées à aller de l’avant. Il y a cependant un hic.

À la fin du mois de juin, la Cour suprême a statué que les familles de victimes et les survivants pourraient poursuivre leur procès, mais les juges ont accueilli une décision antérieure d’un tribunal inférieur qui a invalidé les réclamations contre 25 accusés. Cela signifie que des parents d’Oussama Ben Laden et des entreprises saoudiennes liées à al-Qaïda ne pourraient être accusés. Cette décision a suscité des critiques, en particulier à la lumière du fait que deux jours après les attentats du 11-Septembre, alors que tout le trafic aérien était suspendu, les membres de la famille Ben Laden ont été autorisés à quitter le pays. Les liens financiers étroits entre les Etats-Unis et le gouvernement saoudien ont rendu la situation délicate pour les responsables américains qui ne veulent pas embarrasser leurs alliés. Plusieurs fois, des juges ont statué que l’Arabie saoudite avait droit à l’immunité en vertu de la Loi fédérale sur les immunités des autorités étrangères souveraines.

Avec la récente décision de la Cour suprême, ce n’est peut-être plus qu’une question de temps avant que les familles des victimes obtiennent justice. Alors que les fonctionnaires affirment travailler pour soutenir les familles de victimes, il semble y avoir un effort concerté pour empêcher certains détails d’être mis au jour. En Février 2014, le groupe de surveillance Judicial Watch a révélé 79 pages de rapports du FBI documentant la connexion saoudienne.

2. Rapport classifié de 28 pages

Immédiatement après les attentats, des familles de victimes ont demandé une enquête sur ce qui s’était passé et ce qui n’a pas fonctionné. Cela a conduit à l’Enquête Conjointe sur les Activités de la Communauté du Renseignement avant et après les attentats terroristes du 11 septembre 2001, le nom officiel donné au rapport achevé par le Comité spécial du Sénat sur le renseignement et le Comité spécial permanent de la Chambre des représentants sur le renseignement. L’enquête a débuté en février 2002 et le rapport a été publié en décembre de la même année.

Le rapport final faisait plus de 800 pages. Malgré sa longueur, des critiques ont immédiatement pointé du doigt 28 pages qui ont été classifiées. Depuis la première publication du rapport fin 2002, les familles de victimes et les avocats ont lutté pour déclassifier ces pages. En décembre 2013, les Représentants du congrès Walter Jones (Républicain-NC) et Stephen Lynch (Démocrate-MA) ont introduit la résolution 428, exigeant du Président Obama de rendre publiques ces pages. Cette résolution a reçu un soutien des deux partis.

Jones a déclaré que les 28 pages seront embarrassantes pour l’Administration, tandis que Thomas Massie (républicain- Kentucky) a déclaré qu’en lisant les documents, il a « du s’arrêter toutes les deux pages pour assimiler et tenter de changer [sa] compréhension de l’histoire de l’avant et après 11-Septembre. Cela vous oblige à tout repenser », a-t-il dit lors d’une conférence de presse débattant de la proposition. Les documents ne peuvent être lus que dans une salle insonorisée, sans possibilité de prendre de notes.

L’ex-sénateur de Floride Bob Graham, co-président de l’enquête conjointe Sénat-Chambre des représentants, a récemment affirmé à VICE News que les passages censurés sont une « dissimulation ». Il a déclaré « c’est de plus en plus difficile d’expliquer pourquoi deux administrations ont caché au peuple américain des informations qui l’aurait aidé à mieux comprendre ce qui s’est passé le 11-Septembre.

A plusieurs occasions, le Président Obama a promis aux familles de victimes que les pages seraient rendues publiques.

3. Des membres de la Commission sur le 11-Septembre embarrassés et installés pour échouer

Quatre cents quarante-deux jours après les attentats, la Commission Nationale sur les Attentats Terroristes Contre les États-Unis, également connu sous le nom de Commission sur le 11-Septembre, a été mise en place. La Commission était présidée par cinq démocrates et cinq républicains. Le Rapport Final de la Commission Nationale sur les Attentats Terroristes Contre les États-Unis, ou Rapport de la Commission sur le 11-Septembre a été publié le 22 juillet 2014.

Le rapport a fait l’objet de controverses dès le début, l’Administration Bush refusant de témoigner sous serment, et le public critiquant des nominations qui pouvaient donner lieu à des conflits d’intérêt. Peut-être que l’information la plus significative est venue du président de la Commission lui-même. En 2006, le président Thomas Kean, ex-gouverneur républicain du New Jersey, et le vice-président Lee Hamilton, ancien représentant de l’Indiana, ont coécrit le livre “Sans Précédent : Les dessous de la Commission sur le 11/9”. Dans ce livre, Kean écrit que la Commission avait été « mise en place pour échouer ». Dans une interview donnée à CBC News, Kean a été interrogé sur cette affirmation.

Il déclare « beaucoup de personnes se sont fortement opposées à ce que nous faisions. Nous avons eu beaucoup de difficultés à accéder aux documents et aux personnes. Nous connaissions l’histoire des commissions ; personne n’y a prêté beaucoup d’attention. Il y avait donc toutes sortes de raisons de penser que nous avions été mis en place pour échouer. »

Lors d’une récente conférence à l’occasion du 10e anniversaire de la publication du rapport officiel du gouvernement sur les attentats, Kean et Hamilton ont été interrogés par un membre de la famille d’une victime sur les 28 pages classifiées. Hamilton a déclaré « Je suis embarrassé par le fait qu’elles n’aient pas été déclassifiées », indiquant que ces pages devraient être rendues publiques. Kean a ajouté que 60-70% des informations qu’ils ont vues n’ont pas de raison d’être censurés.

Si les présidents et vice-président du rapport, mandatés pour dire la vérité aux Américains sur ce qui s’est passé le 11 septembre 2001, ne croient pas avoir été capables de raconter toute l’histoire, pourquoi les Américains devraient-ils croire ce rapport ?

4. La « High Rise Safety Initiative »

Dans les années qui ont suivi les attentats, des familles de victimes et des survivants ont milité pour une plus grande transparence. Un certain nombre de familles de victimes voit en l’effondrement du World Trade Center 7 une possible fissure dans le récit officiel qui permettrait d’engager un débat national sur les évènements du 11-Septembre. Le WTC7 n’a pas été frappé par un avion ce jour-là, pourtant il s’est effondré à 17h42. Selon l’Institut National de la Science et de la Technologie (NIST), la cause officielle de cet effondrement était les feux de bureau. Un nombre croissant de familles de victimes, d’activistes, d’architectes et d’ingénieurs remettent en question la théorie officielle de l’effondrement et cherchent à obtenir une nouvelle enquête sur le WTC7.

L’un des groupes à l’origine de cette initiative est l’association NYC CAN (New York Coalition for Accountability Now – Coalition new-yorkaise pour une responsabilisation immédiate), qui regroupe des familles de victimes du 11-Septembre et des militants. Le groupe est récemment parvenu à recueillir plus de 100 000 signatures pour la High Rise Safety Initiative (l’Initiative de Sécurité pour les Gratte-ciel), une mesure qui obligerait le Département des bâtiments de New York à enquêter sur les effondrements des gratte-ciel qui ont eu lieu le 11 Septembre 2001 et qui auraient lieu à l’avenir. Malgré ces efforts, le New York Post a rapporté que le conseil municipal de New York n’acceptera pas plus de 30 000 signatures pour la High Rise Safety Initiative.

La présidente du conseil municipal Melissa Mark-Viverito a déclaré au New York Post que la ville ne gaspillera pas l’argent des contribuables pour "amuser des conspirationnistes". Le maire de New York Bill De Blasio a déjà désigné la mesure comme « inappropriée », « très indélicate », et a estimé que le conseil municipal ne permettrait pas à la mesure d’être soumise au vote. Le groupe a publié une déclaration le vendredi 8 août indiquant qu’ils avaient déposé une plainte contre la ville. Les représentants de la ville seront tenus de comparaître devant le tribunal pour une première audience le jeudi 14 août.

Une grande partie de la presse tend à dépeindre les efforts déployés par ces familles de victimes, enquêteurs indépendants, et citoyens concernés comme des « conspirationnistes » ou comme irrespectueux, alors qu’il est clair que ce mouvement pour la Vérité sur le 11/9 si décrié a été initié par des familles de victimes. Cette seule raison est suffisante pour donner une chance à des campagnes comme la High Rise Safety Initiative.

5. Les secouristes continuent à montrer une santé déclinante

Une semaine après les attentats, l’administratrice de l’Agence de Protection de l’Environnement Christine Todd Whitman a déclaré qu’il n’y avait aucun danger à respirer l’air et boire l’eau autour de Ground Zero.

« Etant donné l’ampleur de la tragédie de la semaine dernière, je suis heureuse de rassurer la population de New York et Washington DC, sur le fait que l’air peut être respiré et l’eau bue sans danger. »

Depuis lors les pompiers, secouristes, agents de police les bénévoles qui sont restés à Ground Zero à la recherche de survivants et de corps ont été victimes de maladies respiratoires, de cancers, et d’autres maladies probablement liés à l’inhalation de poussières constituée de matériaux de construction, ordinateurs, et restes humains.

Truthstream Media a fait le point sur la situation : « En mai 2007, une enquête du Congrès a été lancée sur la réponse de l’EPA à la crise environnementale et au cas d’urgence lié à la qualité de l’air dans le sillage immédiat des attentats du 11-Septembre sur le World Trade Center. L’ancienne commissaire de l’EPA Christine Todd Whitman a refusé de témoigner – en dépit du fait que ses déclarations sur la qualité de l’air après le 11/9 ont immédiatement affecté des centaines de milliers de secouristes et habitants de New York, et plus largement des millions d’individus – jusqu’à ce qu’elle soit menacée d’une citation à comparaître par le député Jerrold Nadler (Démocrate-New York), dont la circonscription comprend le sud de Manhattan. » Pourtant, elle a été officiellement lavée de tout soupçon, et a déjoué plusieurs poursuites judiciaires. »

En Septembre 2013, le New York Daily News a rapporté qu’« en août, 1140 secouristes et personnes qui ont travaillé, vécu ou étudié dans la partie sud de Manhattan ont été dénombrés par l’Institut national pour la sécurité et la santé au travail ». L’institut s’est appuyé sur une étude du Centre médical du Mount Sinai montrant que les secouristes avaient des taux de cancer 15% plus élevés que ceux qui n’ont pas été exposés à la poussière de Ground Zero. Plus récemment, le New York Post a rapporté une augmentation des taux de cancer chez les secouristes. Selon les dernières données du Programme de santé sur le World Trade Center de l’Hôpital Mount Sinai, plus de 2500 secouristes ont maintenant un cancer.

Le Congrès a quant à lui fait adopter la Loi de James Zadroga sur la santé et l’indemnisation relative au 11-Septembre, destinée à fournir des services médicaux et des indemnisations pour les secouristes. Selon les critiques, le gouvernement ne fait pas assez pour aider ceux qui ont donné de leur vie à la suite du plus grand attentat terroriste jamais perpétré sur le sol américain. Si ces hommes et femmes courageux ont choisi de se mettre en danger sur la base d’un mensonge, une enquête doit être menée et les responsables doivent être jugés pour leurs actes.

6. La population soutient une nouvelle enquête

Treize ans après cette terrible journée, beaucoup d’Américains ont eu l’opportunité de revisiter calmement et lucidement les évènements. Bien sûr, il y a ceux pour qui ce souvenir reste inconfortablement installé dans leur psyché. Il est souvent douloureux de se rappeler les émotions qui ont déferlé en nous, alors qu’on nous disait que la nation était attaquée. Pourtant, il est plus important que jamais d’examiner les faits et de mettre de côté les dissonances qui surgissent quand on remet en question quelque chose d’aussi chargé émotionnellement.

Fin août 2013, un sondage conduit par YouGov a révélé que la moitié des américains avaient des doutes sur le récit officiel du 11-Septembre. Selon le sondage, 38 % avaient des doutes, tandis que 10 % n’y croyaient pas du tout et 12 % n’étaient pas sûrs. D’autres résultats indiquent que 46% des sondés n’étaient pas au courant de l’effondrement du WTC7 et 46 % suspectaient une démolition contrôlée après visionnage de la vidéo de l’effondrement. Seuls 28 % croyaient que le bâtiment avait pu s’effondrer à cause de feux de bureau.

Ben Swann a réalisé un reportage exclusif sur ce sondage en septembre 2013.

Le sondage a été financé par ReThink911, une campagne mondiale de sensibilisation du public lancée le 1er septembre 2013. YouGov a interrogé 1194 adultes entre le 27 et le 29 août 2013. Même si l’échantillon est petit, le résultat indique clairement que les Américains se posent encore des questions sur le 11 Septembre 2001.

En effet, lorsque Matthew Mills a interrompu une conférence de presse qui a suivi la Super Bowl en février 2014 avec le message « Enquêtez sur le 11/9, le 11/9 a été perpétré par des gens au sein de notre propre gouvernement », internet a été submergé de réactions de soutien (et de haine). Manifestement, le monde a encore des choses à dires sur le 11-Septembre.

Programme pour les commémorations des 13 ans des attentats

Il est devenu évident que les Américains ne connaissent pas l’histoire complète du 11 Septembre 2001. Plus tôt cette année, des demandes au nom de la loi sur la liberté d’information ont permis de révéler des documents du FBI qui pointent vers «un antagoniste à Jérusalem » impliqué d’une certaine façon dans les attentats. Les documents, lourdement censurés, affirment que cette personne est quelqu’un de très riche qui «dénonce et critique les Etats-Unis d’Amérique et sa politique. » Cette connexion est encore une piste qui n’a fait l’objet d’aucun approfondissement.

Pour ces raisons (et beaucoup d’autres encore) des militants, familles de victimes et enquêteurs continuent chaque année de se réunir le 11-Septembre à New York et partout dans le pays. Cette année de commémoration du 13ème anniversaire, l’association des Architectes et Ingénieurs pour la Vérité sur le 11-Septembre (AE911Truth) et la coalition « Ground Zero 911 » organisent trois jours de manifestations pour les personnes qui se sentent concernées par le manque de responsabilité et de transparence du gouvernement des États-Unis.

Les groupes prévoient une sensibilisation à Ground Zero, au Mémorial et au Musée du 11-Septembre, à Union Square, à Times Square, et à d’autres endroits encore. L’association AE 911 tiendra une conférence de presse à 11 heures le 11 septembre au parc Zucotti pour discuter de leur récente apparition sur C-SPAN et des futures actions du mouvement. Il y aura également une projection du documentaire « Anatomy of a Great Deception » et un colloque avec des intervenants, parmi lesquels le fondateur de AE911 Richard Gage (de l’American Institute of Architects), l’ancienne membre de campagne de Reagan / Bush et ancienne membre du personnel de la Maison Blanche Barbara Honegger, le pompier Rudy Dent, et un survivant du 11-Septembre qui prendra la parole pour la première fois à l’occasion d’un anniversaire. Les membres de famille de victimes Bob McIlvaine, Vance Green, et Catherine Montano prendront aussi la parole. L’association AE911 prévoit également de placer un nouveau panneau d’information devant le siège du New York Times.

Si vous vous souciez de cette question, venez à New York, ou organisez-vous localement. Etendez la sensibilisation en utilisant les hashtags #IQuestion911 et #Investigate911


Derrick Broze