jeudi, 23 août 2012

la mort de Ben Laden devient un enjeu de la campagne électorale


La sortie annoncée mercredi d'un livre sur l'opération qui a conduit à l'élimination de Ben Laden participe-t-elle de l'offensive lancée en avril et relancée il y a quelques jours par d'anciens militaires US (des Navy SEALS en particulier) contre le président Obama? Cette campagne est menée par d'anciens officiers de la CIA et des forces spéciales qui accusent Obama d'avoir imprudemment fait fuiter des informations concernant le raid monté pour tuer Oussama Ben Laden, ainsi que sur d'autres opérations sensibles.

Sur le site internet de ce groupe d'anciens espions et soldats (Special Operations Opsec Education Fund), ils reprochent à la Maison-Blanche d'avoir diffusé des informations secrètes dans le but d'embellir le bilan d'Obama sans trop se soucier de la sécurité des espions et soldats américains. Ils accusent Barack Obama de s'être empressé de rendre publics des détails du raid visant à tuer Ben Laden au lieu d'attendre et « d'exploiter pleinement le trésor d'informations » découvertes lors de cette opération au Pakistan.


Le livre à paraître le 11 septembre s'intitule No Easy Day: The Firsthand Account of the Mission that Killed Osama Bin Laden (La mission ayant permis de tuer Oussama ben Laden racontée de l'intérieur). Il aurait été écrit par un Navy SEAL sous le pseudonyme de Mark Owen, avec la collaboration du journaliste Kevin Maurer. Il doit être publié par la maison d'édition Dutton à l'occasion de l'anniversaire des attentats du 11-Septembre.

Même si ce livre ne contribue pas à la campagne anti-Obama, les efforts d'anciens militaires pour chasser de la Maison-Blanche une administration qui ne « respecte pas les militaires » et « met en péril la sécurité nationale des États-Unis » ne faiblissent pas (posters, vidéos, interviews...). Mais la ficelle est un peu trop grosse: les meneurs de cette campagne sont ouvertement républicains et ne cachent plus leur haine d'Obama, à l'image de Larry Bailey, un ancien SEALS (27 ans de service) qui a créé un groupe politique appelé "Special Operations Speaks" (cliquer ici pour lire son interview dans Foreign Policy).