"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

jeudi, 18 août 2011

Un reportage de la TV pakistanaise contredit la version US de la mort de Ben Laden

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La TV pakistanaise interviewe Muhammad Bashir, le voisin de l’immeuble
où aurait vécu Oussama ben Laden, dans la ville d’Abbottabad au Pakistan,
avant d’être liquidé par un commando de soldats US le 1er mai 2011.






Dans mon article récent Creating Evidence Where There Is None (« Créer des preuves là où Il n’y en a pas ») à propos de l’exécution prétendue d’Oussama Ben Laden par un commando de SEALS à Abbotatbad au Pakistan, j’ai fourni un lien vers un entretien diffusé par la TV nationale pakistanaise avec Muhammad Bashir, voisin du prétendu logement d’Oussama ben Laden. J’ai décrit la description que Bashir fait de l’attaque et de l’énorme différence par rapport à la version exposée par le gouvernement US.

Dans le compte-rendu de Bashir, tout le groupe débarqué et tous ceux qui ont été sortis de la maison sont morts lorsque l’hélicoptère a explosé au décollage. J’ai écrit qu’une personne qualifiée pourrait facilement fournir une traduction de l’entretien, mais qu’aucun journal américain ou fournisseur d’information télévisée n’avait enquêté sur l’explication de Bashir.

Un avocat titulaire d’une maîtrise anglaise de droit international et de diplomatie, né au Pakistan, a fourni la traduction ci-dessous. Il écrit : « Cela ne me pose pas de problème d’être identifié comme le traducteur, mais je préférerais rester dans l’anonymat. »

Le traducteur fournit les définitions et clarifications suivantes :
•« Gulley » fait généralement référence (en Urdu) à un trottoir ou à la chaussée. De même pour l’espace entre deux maisons.
•« Kanal » est une unité traditionnelle de superficie, telle qu’un kanal représente exactement 605 yards au carré ; c’est l’équivalent d’environ 505,857 mètres carrés.
•Muhammad Bashir se réfère à lui-même comme « Nous ». C’est l’expression commune correcte pour se désigner soi-même; utiliser le pluriel au lieu du singulier. L’équivalent en langue anglaise serait le « Nous royal ».
•L’Urdu (ourdou) est la langue nationale et le sabir (langue véhiculaire) pakistanais.



Le [mot du] traducteur


J’ai traduit le texte de la vidéo dans son ensemble.

J’ai fait de mon mieux pour garder les mots dans l’ordre chronologique, mais dans certains cas, cela n’était pas possible, car dans une traduction les mots doivent être placés en ordre inverse pour donner du sens ! Toutefois, il m’a été nécessaire de mettre quelques mots entre parenthèses pour en clarifier le sens. Si vous voulez demander des éclaircissements à propos d’un passage particulier – donnez-moi la référence horaire et je fournirai un texte contextuel.



Vidéo originale






Transcription de la vidéo


Bienvenue à nouveau ! – Muhammad Bashir, résident de la ville de Bilal, région d’Abbottabad, ressemble à une personne ordinaire, mais ce n’est pas une personne ordinaire ! Muhammad Bashir vit dans la ville de Bilal, région d’Abbottabad juste en face de la maison de ben Laden.

La nuit du 2 mai, Muhammad Bashir était sur le toit de sa maison, d’où il a pu suivre de ses propres yeux l’ensemble de l’opération OBL menée par les Américains.

La nuit dernière, lorsque notre équipe était à Abbottabad, ville de Bilal, à côté de la maison d’OBL, Muhamad Bashir s’est approché de moi et m’a dit :

« Ma sœur, je veux te dire quelque chose qui constitue un grand fardeau pour mon cœur et ma conscience » –

Ecoutez ce qu’il a dit :

00:59 Muhammad Bashir : Je… aujourd’hui… voudrais commenter les évènements de l’opération d’Abbottabad aujourd’hui et ce que j’ai à dire, jusqu’à présent, personne ne l’a dit.

01:08 La journaliste: Mais Monsieur Muhammad Bashir paraissait effrayé. Pendant qu’il me parlait, Monsieur Muhammad Bashir téléphona à un parent , le chef de file [M.E.A.] du parti Jamaat-e-islami à Abbottabad, Abdul Razaq Abaasi au téléphone.

01:21 La reporter : Dites-moi quel est votre nom et à quel endroit vous habitez ?

Muhammad Bashir : — Une minute, je dois d’abord lui parler… Je vais vous donner une interview, une interview complète. Dois-je donner une interview complète ou seulement une partie ?

La reporter : Complète – complète !

Muhammad Bashir : Je dois d’abord lui téléphoner, je dois lui parler…

La reporter : Je pourrais…

01:39 La reporter : Au cours de cette nuit durant laquelle l’opération américaine a eu lieu, Monsieur Muhammad Bashir a commenté les circonstances d’une manière qui n’avait jamais été exprimée jusque-là, nous avons en conséquence vérifié sa carte d’identité, son lieu de résidence et nous pouvons confirmer qu’il réside bien à cet endroit et nous avons également approché des politiciens de haut rang et demandé [des informations] à son propos, après avoir entendu ses commentaires, nous étions étonnés – à présent vous pouvez écouter ce qu’il a dit.

01:57 Muhammad Bashir : Les événements se sont déroulés comme suit ; nous étions réveillés, nous ne dormions pas.

02:00 Muhammad Bashir : Un hélicoptère est arrivé, nous a survolé et a largué quelques personnes.

02:07 Muhammad Bashir : Dans cette maison… où ils disent ; Oussama vit ici, sur le toit de cette maison, ils ont débarqué des gens, après cela l’hélicoptère a fait demi-tour et est reparti.

02:16 La reporter : Combien étaient-ils ?

02 :18 Muhammad Bashir : Il y avait dix, douze personnes.

02 :20 Muhammad Bashir : Après cela il est parti et pendant à peu près 20 minutes, là derrière nous, au-dessus de ces montagnes, il s’est mis à tourner au-dessus du sommet des montagnes.

02:27 Après 20 minutes, il est revenu. A son retour, au même moment, DEUX autres hélicoptères sont arrivés. L’un venait de l’Ouest et l’autre venait du Nord. Lorsqu’il s’est approché pour atterrir, après cela…

[A ce moment ; la vidéo est coupée et reprend :]


02:41 Muhammad Bashir : Cet hélicoptère, il y a eu une explosion à l’intérieur, et il prit feu immédiatement, nous sommes sortis et nous nous sommes rendus sur place. Lorsque nous sommes arrivés, l’hélicoptère était en feu, il brûlait. Après cela, environ vingt minutes plus tard l’armée est arrivée, la police est arrivée. Ils nous ont fait tous reculer…

03:04 Muhammad Bashir :… et tous ceux qui étaient à l’intérieur, absolument tous… nous pensons ; et Oussama était dedans ou dans cette maison – alors, qui l’a amené aux Américains ?

03:16 Muhammad Bashir : Parce que l’Amérique… les hélicoptères dont parle l’Amérique ; elle menait toute l’opération. Si l’Amérique a réalisé cette opération et que son armée est arrivée et que son hélicoptère est arrivé, alors cet hélicoptère qui venait des Américains, alors, à l’intérieur, tous les gens qui sont arrivés, ces gens avec l’explosion ils ont été tués, détruits !

03:35 Muhammad Bashir : À l’intérieur, il y avait du feu, tous ces gens, tout le monde a péri !

03:39 Muhammad Bashir : Et si Oussama était là, ils l’auraient mis dans l’hélicoptère. Bien évidemment, si l’hélicoptère a pris feu, Oussama a pu mourir là. Si leurs propres hommes sont partis (morts) il pourrait en être de même pour Oussama.

Après cela, l’hélicoptère tombé par terre a été détruit, comment Oussama peut-il être avec eux en Amérique ? C’est une chose bien étrange !

[La vidéo est coupée et reprend]

03:59 Muhammad Bashir : Ils racontent qu’ils ont tué Oussama ici. Après cela, ils l’ont ramassé et l’ont emmené.

04:04 Muhammad Bashir : RAMASSÉ et EMMENÉ – comment ont-ils fait cela ? À quoi pensons-nous !

04:07 Muhammad Bashir : L’hélicoptère américain qui est venu, est tombé là et a été détruit !

04:09 La reporter : Il y avait seulement UN hélicoptère ?

04:11 Muhammad Bashir : Un hélicoptère a atterri ici, le deuxième hélicoptère est arrivé d’au-dessus et est parti en direction de Mansera. Il n’a pas atterri. Il n’y a pas eu d’atterrissage d’un deuxième hélicoptère !

04:20 Seulement UN hélicoptère, qui a d’abord largué ses passagers, le MÊME est revenu pour ramasser les gens et il y a eu une explosion à l’intérieur.

04:27 La reporter : Il y avait du monde à l’intérieur ?

04:29 Muhammad Bashir : Il y avait du monde à l’intérieur !

04:30 La reporter : Comment savez-vous cela ?

04:32 Muhammad Bashir : Ces gens, nous les avons tous vus.

02:16 La reporter : Dans l’hélicoptère… vous avez vu des morts ?

04:36 Muhammad Bashir : Nous avons vu des morts !

04:38 La reporter : Combien de personnes ?

04:39 Muhammad Bashir : Ah ça, on n’a pas pu compter, il y avait du feu dans la propriété ("compound")

04:43 Muhammad Bashir : Et nous… la porte était ouverte, on est entrés par la porte, à ce moment, l’armée n’était pas encore arrivée.

04:48 Muhammad Bashir : La police n’était pas arrivée. Des gens des Services étaient là, mais elles n’ont empêché personne, ils ont continué à entrer, tout le monde regardait, maintenant, personne n’en parle, mais tout le voisinage, et les voisins étaient arrivés les premiers. Nous avons vu la porte ouverte, nous sommes entrés, avons vu l’hélicoptère qui brûlait, les gens à l’intérieur étaient morts. Après cela, tout a été évacué. A présent, il n’y a plus rien ici !

05:16 La reporter : Combien de cadavres avez-vous vu ?

05:18 Muhammad Bashir : Ecoutez, vous ne pouvez pas compter, les cadavres étaient en pièces, tout le reste était en morceaux, par ici, par là, en partie cassé, en partie coupé en deux, comme cela.

05:16 La reporter : Racontez-moi tout – qu’est-il arrivé ?

05:30 La reporter : Dites-moi tout ce qui s’est passé.

05:18 Muhammad Bashir : Je vous ai dit, c’est…

05:16 La reporter : Vous n’avez pas… Je ne peux pas croire cela, voilà pourquoi.

05:18 Muhammad Bashir : Regardez, ce que j’ai dit – c’est cela !

[Coupure vidéo !]

06:39 La reporter : Lorsque vous avez vu l’appareil américain (l’hélicoptère) qu’avez-vous pensé, pourquoi étaient-ils venus là ?

05:42 Muhammad Bashir : Nous avons pensé… c’est ça… pourquoi étaient-ils venus ? Nous avons pensé, pourquoi sont-ils venus ? Peut-être… nous… ne nous attendions pas à ce qu’ils fassent quoi que ce soit, nous avons pensé que peut-être notre armée était en train d’arriver quelque part et que les gens de l’armée étaient endormis, il n’y a pas eu d’explosions ou quelque événement que ce soit, il ne se passait rien, tout le monde dormait, pendant 20 minutes environ…

06:05 La reporter : L’aéronef a atterri devant votre maison, comment avez-vous ressenti cela ?

06:08 Muhammad Bashir : J’ai pensé… seulement… comprenez… imaginez… nous avons pensé que nous étions morts !

[Coupure vidéo]


06:13 La reporter : Mais, comment les Américains sont-ils repartis ?

06:16 Muhammad Bashir : C’est ce que je vous dis ; leur engin est arrivé et leur hélicoptère a été détruit, COMMENT ont-ils pu repartir ?

06:22 La reporter : Répondez-moi ; vous dites que vous avez vu les cadavres vous-même…

06:25 Muhammad Bashir : encore une chose, Madame, que je peux vous dire ; les gens qui ont été largués de l’engin, cette allée… que… où se trouvent nos portes… ils les ont frappées violemment… et ont crié … ne sortez pas… ne faites pas ci, ne faites pas ça, si vous sortez, vous serez abattus… nous ferons ceci, nous ferons cela, tous les gens qui ont été débarqués, ils parlaient tous pachtoune.

(La langue afghane) – Le pachtoune !

06:49 La reporter : Qui étaient ces gens ?

06:49 Muhammad Bashir : Ça, je ne sais pas ! Ceux qui ont été largués de l’engin (l’hélicoptère), ces gens.

06:4 La reporter : Cela, quelqu’un d’autre me l’a rapporté – qu’ils parlaient pachtoune.

06:57 Muhammad Bashir : Ils ETAIENT Pachtounes ! Nous ne savons pas s’ils travaillaient pour les Américains, nous ne savons pas s’ils travaillaient pour le Pakistan, nous ne savons pas si c’étaient des militaires ou des civils, qui étaient ces personnes, MAIS elles PARLAIENT PACHTOUNE !

07:07 La reporter : Vous avez dit avoir entendu qu’ils demandaient après Oussama ?

07:09 Muhammad Bashir : Non, il ne m’ont pas demandé après Oussama, il ont seulement dit, ne sortez pas, si vous sortez de votre maison, nous vous abattrons !

07:16 La reporter : Etaient-ce des Pakistanais ?

Muhammad Bashir : Qui ?

07:18 La reporter : Ceux qui disaient que si vous sortiez, ils vous fusilleraient.

07:20 Muhammad Bashir : Ils l’ont dit en pachtoune !

07:22 La reporter : C’est ce qu’ils ont fait… étiez-vous en train de sortir… où exactement étiez-vous, où vous teniez-vous lorsque cela est arrivé ?

07:26 Muhammad Bashir : Dans la maison, sur le toit, je n’étais pas dans la maison, seulement sur le toit (plat).

07:29 La reporter : Depuis le dessus du toit, ces gens dans l’hélicoptère…

07:30 Muhammad Bashir : J’étais sur le toit, assis, non, étendu, sur le toit, allongé et regardant tout ça, ce qui était en train de se passer.

07:37 La reporter : La peur, étiez-vous effrayé ? Avez-vous pensé à téléphoner à quelqu’un ?

07:40 Muhammad Bashir : De la maison, ils m’appelaient depuis en bas, les enfants m’appelaient, descend, descend, et je leur ai dit d’arrêter de faire du bruit ! Allez dans vos chambres, je regarde ce qui est en train de se passer. Ensuite, j’ai découvert ce qu’il en était, qu’Oussama avait été tué ici !

07:53 La reporter : Comment êtes-vous entrés (dans le "compound")

Muhammad Bashir : Où ?

La reporter : Alors qu’il y avait un incendie.

Muhammad Bachir : La porte était ouverte, lorsqu’il y avait l’incendie, la porte était ouverte.

08:02 La reporter : La porte de la maison était ouverte ?

08:03 Muhammad Bashir : La porte extérieure, le portail, était ouvert.

08:06 La reporter : Vous êtes arrivé de l’étage vers le rez-de-chaussée ?

08:08 Muhammad Bashir : Je suis descendu, de ma propre maison dans l’allée, je ne suis pas rentré tout seul à l’intérieur de l’autre maison, 200 personnes sont rentrées ! Tout le monde l’a vu !

08:15 La reporter : Les 200 (personnes) ont vu les cadavres ?

08:17 Muhammad Bashir : Tout le monde a vu ça. Tous ceux qui sont entrés ont tout vu !

08:20 La reporter : S’il vous plaît, racontez ce qui s’est passé à ce moment-là, ce dont vous vous souvenez.

08:28 Muhammad Bashir : Je vous ai déjà raconté tout cela, ce qu’il y a dans ma tête, c’est ce que j’ai vu, lorsque nous étions là, lorsque nous avons franchi le portail, lorsque l’hélicoptère a explosé, qu’il s’est dispersé partout, qu’un morceau est tombé par là, un autre par ici, une grande quantité est tombée dans l’allée à l’extérieur, elles ont atteint le dessus de l’allée et notre maison et quelques pièces sont arrivées même jusque sur mon toit. Aussi, la surface de tout l’espace ouvert à cet endroit (en face de la maison) est d’environ 2000 mètres carrés (4 Kanal). C’est une très grande habitation. Vous ne pouvez pas tout voir d’un seul endroit. Quatre Kanal, ça représente une grande surface, il n’y a que dans une surface restreinte que vous pouvez tout apercevoir d’un seul coup d’œil. Là, j’ai vu des gens en pièces détachées, la jambe de l’un, le bras de l’autre, le torse de quelqu’un, la tête de quelqu’un d’autre. Et puis, je ne pouvais voir clairement qui ils étaient, comment ils étaient, parce que je pensais qu’un de nos propres engins était tombé et que les gens qui étaient dedans étaient de notre propre peuple. Parce qu’ils parlaient pachtoune, ils auraient pu être pakistanais.

09:35 Muhammad Bashir : Mais le langage ne signifie pas nécessairement… parce qu’on le parle… l’américain peut être parlé, les agents peuvent parler touts sortes de langues. Il peut se faire qu’il s’agit de l’armée américaine et qu’ils peuvent parler pachtoune et que l’on penserait qu’il s’agit de notre propre peuple.

09:54 La reporter : Voir tous ces cadavres – n’avez-vous pas éprouvé de la peur ?

09:57 Muhammad Bashir : Mais nous pensions à nous même à ce moment-là, à voir tous ces cadavres, qui se sentait effrayé ?

10:00 La reporter : Après être entrés à l’intérieur, qu’avez-vous fait ensuite, comment en êtes-vous sortis ?

10:02 Muhammad Bashir : Nous sommes sortis, notre armée est arrivée, ils ont fait reculer tout le monde. Ecartez-vous, écartez-vous ! Alors nous nous sommes écartés. Puis ils ont bouclé la zone.

10:13 La reporter : Est-ce que Rais a vu tout cela ?

Muhammad Bashir : Quoi ?

La reporter : Où se trouvait votre cousin ?

10:18 : Muhammad Bashir : A ce moment-là mon cousin était à l’intérieur de la maison.

10:20 : La reporter : Est-il venu avec vous ?

10:21 : Muhammad Bashir : Il est venu, mais je n’ai pas remarqué à quel moment il a été pris.

10:28 : La reporter : Est-il revenu maintenant ?

10:29 : Muhammad Bashir : Oui, il est revenu. Il l’ont pris et l’ont emmené.

10:32 : La reporter : Et que dit-il ?

10:34 : Muhammad Bashir : Je ne l’ai pas revu encore, il est à la maison, mais ils ne le laisseront pas sortir, nous ne sommes pas autorisés à lui rendre visite, ils ne le laissent pas sortir. Nous n’avons pas pu parler.

10:40 : La reporter : Vous n’avez pas pu en savoir plus [faute d’anglais], mais depuis quand vous ont-ils laissé sortir ?

10:45 : Muhammad Bashir : Je ne suis pas revenu à la maison, si je retournais à la maison…

La reporter : Vous avez vu l’incendie, vous avez vu les corps, combien de temps êtes-vous restés là-bas ?

Muhammad Bashir : environ, cinq ou six minutes, après je suis reparti, oui, cinq ou six minutes…ce qui s’est passé… on est repartis parce que, après que nous sommes entrés, il y a eu une autre explosion, je ne sais pas si c’est le moteur qui a eu un problème, il y a eu un autre feu, une petite explosion, et après cette explosion, tout le monde s’est précipité dehors.

11:06 : Muhammad Bashir : Quand nous sommes sortis, on ne nous a pas laissés rentrer à nouveau.

11:11 : La reporter : En dehors de vous, pourquoi personne d’autre ne dit ces choses ? Pourquoi êtes-vous le seul à le faire ?

11:46 : Muhammad Bashir : Ecoutez, ce que nous avons vu, c’est ce que nous disons et nous parlons parce que nous sommes tristes que des gens aussi gentils de notre ville qui n’a jamais vu de pareils événements, aucun combat, aucune bagarre, pas d’animosité, pas de meurtres, que des gens aussi gentils dans notre ville, soient accusés d’être des terroristes.

11:43 : La reporter : Dites-moi ; deux hélicoptères sont arrivés, ont atterri et sont repartis avec tout le monde ?

11:46 : Muhammad Bashir : Non. Ils ne sont pas repartis avec tout le monde, ils n’ont même pas atterri. L’un est venu de l’Ouest et est reparti vers le Nord, l’autre est arrivé du Nord et s’est dirigé vers le Sud. Ils n’ont pas atterri !

12:00 : la journaliste en studio : Ces événements que nous vous montrons depuis Abbottabad, il y a beaucoup d’autres choses que nous avons découvertes sur la maison ou vivait OBL, il y avait des légumes qui étaient cultivés là-bas, quel genre de légumes, la personne qui cultive ces légumes est le cousin de cette personne (Muhammad Bashir), dont nous vous avons montré l’interview. Une des choses extraordinaires qu’il a dit et répété à plusieurs reprises. Ce sont ses propos et c’est ce qu’il a vu. Hier nous avons appris, et cela a été confirmé plus tard, qu’il y avait deux autres Ashfaqs qui vivaient là-bas, dans le « compound » : M. Arshad et M. Tarik, qui allaient faire les courses dans les environs et qui avaient l’habitude d’acheter des marques étrangères, ce qui a été retrouvé dans la maison, des dattes séchées, de la viande séchée, etc…, cette personne que vous avez vue dans l’interview depuis sa maison, avait de la nourriture qui venait de la maison d’OBL, comme du riz (Kaabli Pillau) ou d’autres choses qu’on lui avait proposé. Voici une image des gens de la mosquée locale, ce qu’ils pensent d’OBL et toute cette affaire, nous vous le présenterons dans un programme exclusif, une émission d’actualité. C’est tout pour aujourd’hui, écrivez-nous à newsbeat@samaa.tv. Vous pouvez aussi obtenir d’autres informations et nous joindre sur newsbeat avec Fareeha Idrees, c’est ma préférée, Écrivez-nous, l’émission touche à sa fin. Avec votre permission, je vous laisse, prenez soin de vous. Dieu vous garde.

13:20 La reporter : Je me trouve maintenant devant la mosquée Abdullah Bin Zubair, c’est cette mosquée qui se trouve tout près à pied de la maison d’OBL. Diriez-vous que si les gens savaient qu’OBL vivait ici, ils seraient contents ?

- 1er homme : "C’est possible. Les gens pourraient être contents."

- 2ème homme : "Il ne vivait pas ici, mais c’était un musulman, il croyait en Dieu."



* * * Fin de la transcription * * *

Si quelqu’un parlant couramment l’Urdu veut corriger cette traduction, il est le bienvenu.

J’ai demandé au traducteur s’il pouvait contacter la chaine pakistanaise et demander si les reporters avaient fait d’autres investigations sur l’histoire de Bashir. Il a répondu qu’il pouvait le faire, mais exactement 24 heures plus tard que « pour une raison inconnue, la chaine pakistanaise a commencé à jeter le discrédit sur Bashir en l’accusant lui et son cousin de recevoir de la nourriture provenant de la maison d’OBL. »

Le cousin de Bashir est la personne qui, d’après la reporter (à 12 :00 dans l’interview) avait un jardin potager à l’intérieur de la supposée propriété de Ben Laden. Est-il vraisemblable qu’avec une personne pourchassée se cachant à l’intérieur, des gens du voisinage aient eu la permission de venir cultiver leurs légumes à l’intérieur du « compound » ? Bien évidemment, [l'histoire du] jardin potager du cousin devait être réécrite en : « le cousin recevant de la nourriture d’OBL. »

Le traducteur propose son interprétation de la partie à 13 :20 :

Dans les dernières secondes de la vidéo, on voit des gens du voisinage pris au hasard qui semblent montrer qu’il y avait une certaine sympathie pour OBL dans ce quartier.


Il serait très difficile de trouver des gens au Pakistan ayant de la sympathie pour OBL ou pour les talibans. Les seuls qui pourraient en avoir sont les pauvres bougres illettrés qui ne savent rien de la religion et qui peuvent facilement se faire embringuer dans des versions distordues de l’Islam.


Et donc, la partie finale de la vidéo contient des expressions prises hors contexte :

- 1er homme : « C’est possible, les gens pourraient être contents. » (à interpréter comme, il est possible que CERTAINES personnes puissent être contentes.)

- 2ème homme : « Il ne vivait pas ici, mais c’était un musulman, il croyait en Dieu. » (à interpréter comme, il disait qu’il était musulman, et donc il devait croire en Dieu.)

Et donc, il semble que même si la chaine de télévision était initialement satisfaite de cette interview, ils ont changé d’avis dans les 24 heures (pour quelque raison inconnue).

Les lecteurs dresseront leurs propres conclusions. Pour moi, il est clair que sous la forte pression et les menaces du gouvernement US, le gouvernement pakistanais s’est aligné avec la version gouvernementale américaine disant que le commando avait tué Ben Laden, et la chaine pakistanaise a reçu le message de dire la même chose.

Il est très probable que de nombreux témoins qui ont vu les morts du crash de l’hélicoptère ont été priés de se taire. Pourtant, une chaine d’information, si elle le voulait, pourrait tout à fait interviewer Bashir et les quelque 200 autres personnes qui ont vu les corps des victimes. Un bon reporter pourrait, accompagné pourquoi pas de psychologues aguerris, dire si les gens mentent sous l’effet de la peur, et pourrait les encourager à parler sous couvert d’anonymat.

Je suis convaincu qu’aucun média ne pense pouvoir s’opposer de cette façon à un mythe national aussi puissant pour les États-Unis. L’assassinat de Ben Laden satisfait le besoin émotionnel de vengeance et de justice. Et enfin, un média qui défierait ainsi la version officielle se couperait de toute source gouvernementale et serait accusé par les politiciens et une large part de la population US d’être anti-américaine et de servir les intérêts d’organisations terroristes.

La mort d’OBL reste une de ces nombreuses « vérités » qui ne reposent sur rien d’autre que le récit qu’en donne le gouvernement.

Paul Craig Roberts