"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

samedi, 19 février 2011

Désobéissance civile à Washington, Jon Gold s’enchaine pour la vérité sur le 11/9

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Comment faire en sorte que les médias parlent du 11-Septembre, des problèmes de la version officielle et surtout de l’injustice faite aux familles de victimes qu’elles ne cessent de dénoncer ? Certains prennent le taureau par les cornes et n’hésitent pas à donner de leur personne. C’est le cas de Jon Gold, militant de longue date du Mouvement pour la Vérité sur le 11/9, qui avoue s’être inspiré de l’acte de désobéissance civile de décembre dernier qui avait vu plus de 130 personnes manifester devant la Maison Blanche pour que cesse la guerre en Afghanistan. Cette manifestation avait d’ailleurs occasionné l’arrestation de plusieurs personnalités connues, dont Daniel Ellsberg, l’homme qui révéla les "Pentagon Papers", l’ex-analyste de la CIA Ray McGovern (27 ans de carrière à la CIA), la lanceuse d’alerte (whistleblower) Colleen Rowley, et Chris Hedges, le lauréat du Prix Pulitzer et ancien correspondant de guerre du New York Times. Cette fois, au beau milieu de l’hiver, Jon Gold, seul (!), s’est enchainé aux grilles de la Maison Blanche en signe de protestation contre les mensonges du 11/9. Acte dérisoire ou exemple à suivre pour les milliers de citoyens soucieux que soit faite, un jour, la vérité sur cette tragédie ?





Les grilles restent closes pour la justice sur le 11-Septembre

J’estime à environ 200 le nombre de vétérans qui ont conduit un acte de désobéissance civile devant la Maison Blanche le 16 décembre 2010. Plusieurs s’étaient enchaînés aux grilles par un moyen ou par un autre. Cette action m’a inspiré. J’ai donc décidé de conduire moi aussi un tel acte de désobéissance civile.

C’est précisément ce que j’ai fait aujourd’hui. Je suis allé me menotter au portail de la Maison Blanche, posant ainsi un acte de désobéissance civile pour que justice soit faite sur le 11-Septembre. Des choses ont été cachées aux familles qui ont perdu quelqu’un ce jour-là, ainsi qu’à tous les peuples du monde.

Dans les semaines précédant cette action, plusieurs personnes m’ont alerté sur ce qui « pourrait » m’arriver. Quelqu’un a suggéré qu’à cause du tueur de Tucson, on allait me faire enfermer comme aliéné. Un autre m’a dit de me préparer à voir braquer sur moi le faisceau laser des snippers postés sur le toit de la Maison Blanche. Finalement, aucune de ces prophéties ne s’est réalisée. Je tiens malgré tout à remercier ces gens pour l’angoisse inutile qu’ils m’ont causée.

Ce matin, j’avais rendez-vous avec Erik LARSEN au [restaurant] Cosi, à côté de la Maison Blanche. Je le remercie d’avoir accepté de filmer mon action. Vers 9h45, nous avons quitté le Cosi pour marcher vers le parc Lafayette. J’avais déjà mis un bracelet de menottes et je planquais mes manches pour que les flics ne le voient pas. Je me fichais de la tournure que prendraient les événements. Avant de passer à l’action, j’ai eu envie de fumer une cigarette. Un policier motorisé est venu se garer pour voir ce que nous fabriquions. Il est resté là une minute ou deux et a demandé « Est-ce que vous êtes Monsieur Gold ? » J’ai répondu « Oui. C’est moi. » Il a demandé « Est-ce que vous avez toujours l’intention de vous enchaîner aux grilles? » J’ai dit « Oui. C’est bien mon intention. » Il a répondu « Je crois que vous ne devriez pas. » Pour moi c’était clairement de l’intimidation, mais heureusement pour moi, je suis du genre tenace.

Après la discussion avec l’officier de police, j’ai pris ma pancarte et j’ai marché vers les grilles de la Maison Blanche. J’ai fait quelques allées et venues (ce qui est autorisé sur la promenade qui longe la Maison Blanche) , et puis je me suis dit « maintenant c’est le meilleur moment », j’ai attrapé l’autre bracelet des menottes et je l’ai clippé aux grilles.

La police a immédiatement déroulé son ruban de scène de crime et a délimité un périmètre. Et voilà, je me trouvais isolé au milieu d’une « scène de crime » (« crime » regroupant dans la législation américaine l’équivalent de nos infractions, délits et crimes sans distinction – ndt). Je dois reconnaître qu’à part l’officier qui a tenté de « m’intimider » , les autres officiers se sont montrés extrêmement sympathiques. L’un d’eux est venu me voir et m’a demandé si j’avais besoin d’une paire de gants. Un autre m’a demandé si mes menottes ne me serraient pas trop.

Alors que j’étais attaché aux barreaux, deux individus en civil sont venus me poser quelques questions. J’ai d’abord pensé que c’étaient des journalistes, mais vu la façon dont ça a tourné, il est clair qu’ils appartenaient aux Services secrets. L’agent m’a demandé mon numéro de permis (les Américains rendent compte de leur identité par leur permis de conduire et non par leur passeport ou numéro INSEE – ndlt), mon adresse et m’a questionné sur mes intentions. J’ai dit « On nous a menti sur le 11 Septembre, et j’essaie d’attirer l’attention sur ce fait parce que les médias ne le font pas. » Il m’a encore interrogé sur mes intentions et au fond de moi j’ai compris qu’il pensait peut-être que j’étais quelqu’un dans le genre du tueur de Tucson. J’ai dit « Mes intentions sont celles que je vous ai données. Je suis quelqu’un de non violent.» Il a répondu : « C’est tout ce que je voulais savoir, » et il est parti.

C’est une procédure habituelle pour la police que de vous donner trois avertissements avant de vous arrêter. Après le troisième avertissement, ils m’ont enlevé mes menottes et m’en ont mis d’autres. Une fois encore, un sympathique policier a utilisé deux paires de menottes pour qu’elles soient adaptées à un gars costaud comme moi. Tandis qu’ils m’emmenaient, je me suis assuré de dédier mon action aux « Jersey Girls » (les représentantes des familles de victimes du du 11 Septembre – ndlt).

Rien que de monter à l’arrière de la voiture de police a été en soit une sacrée expérience. Apparemment ils n’étaient pas préparés à embarquer un individu de plus d’1mètre 90 pour plus de 130 Kg et chaussant du 52. J’ai essayé de grimper dans la voiture et mon pied est resté coincé sous le siège avant. Enfin, après quelques contorsions, j’ai réussi à m’allonger à l’arrière et ils ont pu fermer la portière. Après, nous sommes allés au commissariat.

Je suis surpris qu’il m’aient lassé repartir si vite. Entre le moment où j’ai été mis dans la voiture et la fin des procédures, ça n’a pas pris plus de 45 minutes. En comparaison de ma dernière expérience où j’étais resté 53 heures en cellule, je n’ai fait que passer en coup de vent. Je regrette qu’une seule personne à part Erik et moi ne se soit montrée. L’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de faire cela est que j’espérais montrer à ceux qui se soucient de la justice pour le 11-Septembre que l’on doit passer la deuxième [vitesse]. On ne peut pas rester assis à discuter pendant 107 ans laquelle des théories est vraie ou fausse. Nous arrivons bientôt aux 10 ans depuis que cet événement atroce est survenu, et nous devons faire tout notre possible pour que justice soit faite.

Mes sincères remerciements à Erik pour être venu filmer cette journée et à la multitude de gens qui me soutiennent à distance.

Merci.

Jon Gold