mardi, 14 septembre 2010

Le Monde.fr : Les Etats-Unis n’en ont pas fini avec le 11-Septembre

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Serait-ce l’effet des dernières vidéos mises en ligne voilà quelques jours par le Centre International pour l’Étude du 11/9 et qui permettent de se faire une idée plus précise de ce qui s’est produit à New York le 11/9 ? Ou tout simplement celui de l’accumulation des incohérences et des zones d’ombre de la version officielle sur ces événements que le Mouvement pour la Vérité sur le 11/9 essaie de relayer depuis plusieurs années sans relâche? Toujours est-il qu’en ce 9e anniversaire des événements, le site du quotidien le plus lu de France reconnait finalement le droit au doute et parle des questions sans réponse.

Une grande première pour ce journal, et surtout une sérieuse brèche dans l’omerta et la campagne de diabolisation systématique qui sévissent – dans la plupart des pays occidentaux mais encore plus en France - depuis bien trop longtemps, au plus grand mépris de la justice pour toutes les victimes de ces attentats et des guerres qui s’en sont suivies.

Désormais, et même si cet article contient quelques erreurs et imprécisions finalement mineures tant leur nature est connue, cet article porte en germe d’autres articles qui devraient approfondir les questions qu’il aborde, et en citant en lien notre association, il reconnait l’existence des recherches que nous continuerons de diffuser. Dont acte, et nous attendons désormais des enquêtes approfondies sur tous les points que cet article soulève.

Neuf ans, déjà. Neuf ans que les avions de la compagnie American Airlines (1) ont percuté les tours jumelles du World Trade Center de Manhattan, tuant près de trois mille personnes et en blessant environ six mille, dans un attentat revendiqué par Al-Qaida.

Ou bien s’agissait-il d’avions militaires ? (2) Et n’y a-t-il pas plutôt eu soixante-dix mille blessés si l’on compte les victimes des poussières toxiques ? Qu’attend-on pour juger les auteurs présumés ? Pourquoi Ground Zero est-il encore en chantier ? Neuf ans après donc, les questions demeurent et les Etats-Unis sont loin d’en avoir fini avec le 11-Septembre.

Toujours pas de jugement. Un an après avoir annoncé que cinq auteurs présumés des attentats du 11 septembre 2001 seraient jugé par un tribunal fédéral de New York, et non par un tribunal militaire, la Maison Blanche ne semble aujourd’hui pas pressée de juger ces hommes.

Selon le Daily News, le gouvernement peine à trouver une ville prête à accueillir ce procès, qui pourrait durer des années et avoir des conséquences sur la vie locale. De plus, avec des élections de mi-mandat qui s’annoncent délicates pour les démocrates, ces derniers n’ont pas intérêt à faire remonter ce dossier dans l’agenda public.

Car les républicains, eux, n’attendent que ça pour à nouveau accuser M. Obama de mauvaise gestion et demander le maintien de Guantanamo. "L’administration d’Obama est coupable de négligence criminelle. Ils ont mal géré ce dossier depuis le début", déclarait fin août un député républicain au Daily News.

Des dizaines de milliers de victimes à l’abandon. Ce sont les oubliés du 11-Septembre : environ soixante-dix mille personnes – des pompiers et des équipes de nettoyage – sont aujourd’hui recensées comme victimes des poussières toxiques dues à l’effondrement des tours, entraînant des difficultés respiratoires, des maladies des poumons ou des troubles psychologiques.

En juin, au terme de plusieurs années de négociations, leurs avocats avaient fini par obtenir un accord qui prévoyait que les assurances de la ville de New York – poursuivie pour négligence – déboursent plus d’argent que prévu pour les indemniser. Mais cela ne concerne que les dix mille personnes qui se sont portées parties civiles dans le procès.

Mais un mois après cette relative bonne nouvelle, la Chambre des représentants américaine rejetait, le 29 juillet, un projet de loi censé fournir une couverture maladie à ces victimes. Le texte prévoyait un programme destiné à mieux les traiter, pour un coût de 7,4 milliards de dollars.

Ground Zero toujours en chantier. Sur la zone d’où s’élevaient les "tours Jumelles", les projets de reconstruction devraient se terminer d’ici 2014, soit treize ans après les attentats. Mardi, responsables politiques et autorités chargées du projet se sont affichés côte à côte pour rassurer les riverains, après des années de retard et de querelles.

Finalement, quatre nouveaux gratte-ciel devraient voir le jour dont, la Freedom Tower (tour de la Liberté) qui, achevée, deviendra le plus haut building du pays avec ses 541 mètres (soit 1 776 pieds, chiffre qui rappelle l’année de l’indépendance américaine).

Des questions sans réponse. Rapidement après les attentats, des doutes sur la version officielle des faits ont été émis, en premier lieu par les familles des victimes. Les théories de la conspiration ont ensuite fleuri sur Internet, à travers vidéos et sites Web.

Chaque jour ou presque, des dizaines de nouvelles vidéos sont découvertes et publiées, alimentant les doutes. Si, ponctuellement, les autorités ont contredit certaines théories du complot en publiant des nouveaux documents ou des nouvelles vidéos, il n’y a jamais eu d’explication globale et officielle répondant une bonne fois pour toutes à toutes les questions posées (versions contradictoires sur la nature de l’avion, images montrant des explosions suspectes…) (3).

Les doutes n’en sont que plus nourris, d’autant que les autorités n’ont jamais accepté d’ouvrir une enquête indépendante, comme le réclament les familles des victimes. (4) Dans une des premières et plus célèbres vidéos du genre, la série Loose Change (par l’association Reopen911), une série de faits jugés suspects et basés sur des données chiffrées et des témoignages était pointée.






Un sujet intouchable. Car, neuf ans après, le 11-Septembre reste un sujet extrêmement sensible pour les Américains et le moindre doute émis est vu comme un nouvelle attaque. Il suffit de voir la polémique suscitée par les propos de la comédienne Marion Cotillard, qui se disait "de l’avis de la théorie du complot", ou de l’humoriste Jean-Marie Bigard, obligé de "demander pardon" après qu’il eut tenu des propos similaires.

Et quand, par deux fois, des agences de publicité ont voulu récupérer l’événement, les Américains ont hurlé au mauvais goût et à l’irrespect. En septembre 2009, une agence de publicité brésilienne avait réalisé un spot pour la WWF dans lequel le nombre de morts du 11-Septembre et celui de ceux du tsunami de décembre 2005 étaient comparés. Conclusion : "La planète est puissante. Respectez-là, préservez-la".



Cette publicité, qui avait pourtant reçu un prix, n’a jamais été diffusée et a été vigoureusement désapprouvée par WWF Amérique et Canada. "Nous condamnons fermement cette publicité agressive et déplacée. Aux Etats-Unis et dans le monde, nous vous promettons que cette publicité ne reflète en aucun cas les avis et sentiments des personnes qui travaillent à WWF", avait écrit l’agence de protection de la nature.

Plus récemment, c’est Courrier international qui s’y est frotté. Dans sa nouvelle campagne de publicité, l’hebdomadaire recycle d’ailleurs à peu près tous les événements hautement symboliques des cinquante dernières années aux Etats-Unis. Et, dans un article consacré au "deuil du 11-Septembre", Rue89 relève que le sujet est encore si brûlant que même Hollywood ne s’est guère risqué à se l’approprier. Ceux qui s’y sont frottés, les réalisateurs Oliver Stone, avec World Trade Center, ou Paul Greengrass, avec United 93, l’ont fait dans des films qui insistent davantage sur l’héroïsme des sauveteurs que sur les questions polémiques.


Notes:

(1) il s’agit en fait d’AA11 et UA175, soient American Airlines puis United Airlines
(2) Nous attendons maintenant un article qui creuse cette hypothèse et en analyse la pertinence, merci Le Monde
(3) Idem donc sur la question explosive des explosions dans les 3 WTC1, 2 et 7: A quand un article qui expertise les témoignages si nombreux, et les recherches en cours de Harrit et all? Nous sommes patients.
(4) bonne idée de rappeler le combat des familles de victimes regroupées désormais dans le NYCCAN. Nous suggérons à la rédaction de partir aux USA interviewer ces personnes et de baser ses interviews sur les faits, non seulement relatifs aux évenements, mais aussi à l’expérience que ces familles ont de leurs échanges avec l’administration américaine pour une nouvelle enquête.

Hélène Bekmezian