vendredi, 24 septembre 2010

Le 11-Septembre, mère de toutes les coïncidences

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« Les intérêts stratégiques et économiques américains au Moyen-Orient et dans le monde musulman sont menacés par l’agonie de la Palestine, qui pousse inévitablement des terroristes à frapper les biens et les citoyens américains. »

Eric Margolis. Sun Média. 2 septembre 2001.


Depuis le 11-Septembre, les lecteurs me demandent sans relâche mon avis sur ces attaques. J’ai été inondé d’emails jusqu’à ce que la tête m’en tourne.

L’une des théories les plus folkloriques nous est venue du Général Hamid Gul, ex-directeur de l’ISI, l’agence pakistanaise de renseignement. Il persiste à dire que le 11-Septembre fut organisé par le Mossad israélien et par un groupuscule d’extrême droite formé par des généraux de l’US Air Force.

J’ai inspecté les ruines des Tours Jumelles à New York, au sommet desquelles il m’arrivait de dîner assez souvent. Le centre (« Downtown ») de Manhattan était enveloppé des miasmes horribles et puants dus aux attaques. Je n’avais jamais rien respiré d’aussi écoeurant. Cela m’a pris des jours pour me débarrasser de cette odeur. En tant que New-yorkais, ces attaques m’ont complètement bouleversé, mais ne m’ont pas surpris, puisque j’avais prévu une attaque de grande ampleur contre les USA neuf jours plus tôt. [Voir citation plus haut - NdT]

Lors d’une de mes visites au Pentagone pour une réunion sur le Moyen-Orient, j’ai aussi inspecté le mur extérieur frappé par le 3e appareil détourné.

J’ai vu des photos du lieu de l’impact et je ne comprends pas ce qui est arrivé à l’épave de l’avion. Il n’en restait pratiquement rien.

En 1993, mon vol Lufthansa à destination du Caire a été détourné au-dessus de l’Allemagne. Le pirate de l’air d’origine éthiopienne nous a ramenés jusqu’à New York City. Il menaçait de faire s’écraser l’avion contre Wall Street.

Notre appareil a été pris en chasse par les chasseurs américains F15 qui avaient reçu l’ordre de tirer en cas de nécessité. Mais où était la défense aérienne le 11 septembre 2001 ?

Le lendemain du 11-Septembre, CNN m’a demandé si Ben Laden était bien derrière ces attaques. « Nous devons encore voir les preuves » ai-je répondu. Et je maintiens cette position encore aujourd’hui.

Ben Laden a nié que lui ou al-Qaida soient derrière le 11/9 et la mort de près de 3000 personnes. Le complot a été fomenté depuis Hambourg en Allemagne et depuis Madrid en Espagne, pas depuis l’Afghanistan. Un Pakistanais, Khalid Sheik Mohammed, a affirmé être le cerveau du 11-Septembre, après que la CIA lui ait fait subir 183 séances de torture par simulation de noyade.

Tout en niant toute implication, Oussama Ben Laden a dit que selon lui les attaques de New York étaient en partie motivées par la destruction par Israël du centre de Beyrouth lors de l’invasion du Liban en 1982 qui avait infligé environ 18 000 victimes civiles.

Les bandes vidéo qui sont apparues confirmant que Ben Laden était coupable sont des faux mal ficelés. Elles ont soi-disant été retrouvées en Afghanistan par l’Alliance du Nord qui combat les taliban, et qui avait été créée et financée par les services de renseignement russes.

J’ai rencontré Oussama Ben Laden en Afghanistan et j’ai dit sur CNN que ce n’était pas l’homme apparaissant sur ces vidéos.

A la suite du 11-Septembre, le secrétaire d’État Colin Powell avait promis aux Américains que le Département d’État divulguerait un « White Paper » détaillant les preuves de la culpabilité de Ben Laden. Le gouvernement taliban d’Afghanistan avait demandé ce document comme préalable à l’extradition de Ben Laden exigée par les USA. Ce « White Paper » n’a jamais été diffusé, et les USA ont ignoré les procédures légales en vigueur et ont envahi l’Afghanistan. Nous attendons encore ces preuves.

Je ne sais toujours pas si Oussama Ben Laden était vraiment derrière ces attaques. De nombreux éléments factuels le désignent lui et al-Qaida, mais les preuves intangibles manquent toujours à l’appel. Une chose est sûre : les attaques furent planifiées et organisées depuis l’Allemagne, pas l’Afghanistan. Sur les 19 pirates de l’air, 15 étaient saoudiens, deux étaient originaires des Émirats arabes unis, un était égyptien et un autre libanais.

Par ailleurs, j’ai dit et répété depuis le jour du 11/9 que la dangerosité et la taille d’al-Qaida avaient été immensément exagérées – comme le confirme un rapport explosif publié à Londres cette semaine par le très réputé Institut International d’Études Stratégiques (IISS). Le nombre de membres d’al-Qaida combattant les communistes afghans n’a jamais dépassé les 300.

Aujourd’hui, d’après Leon Panetta, chef de la CIA, il n’y a pas plus de 50 hommes d’al-Qaida en Afghanistan. Et pourtant, le président Obama a triplé les troupes US en Afghanistan portant leur nombre à 120 000, à cause de ce qu’il appelle, la menace al-Qaida. Que se passe-t-il ?

Nombreux sont ceux qui croient qu’al-Qaida est une invention américaine utilisée pour justifier les opérations militaires à l’étranger. Je ne partage pas ce point de vue. Oussama Ben Laden n’a jamais été un agent de la CIA, même si son groupe a indirectement bénéficié de fonds de la part de la CIA afin de combattre les communistes.

Pour en revenir au 11-Septembre, je ne comprends pas comment des pilotes amateurs ont réussi à manœuvrer à si basse altitude pour aller frapper le World Trade Center et le Pentagone. Comme me le faisait remarquer un agent de Renseignement pakistanais, « si c’étaient vraiment des amateurs, ils auraient dû faire se crasher leurs avions l’un contre l’autre, pas sur le World Trade Center ! »

L’arrestation de « déménageurs » israéliens en train de filmer les attaques en dansant de joie, et celle consécutive de groupes d’étudiants israéliens qui auraient « suivi » les futurs pirates de l’air, tout cela reste un profond mystère pour moi. Même chose pour l’immobilité de la défense aérienne.

La Commission d’enquête sur le 11/9 fut une opération de blanchiment, comme toutes les commissions gouvernementales. Elles sont faites pour occulter et non pour révéler la vérité.

En 2006, un sondage de Scripps Howard et du Washington Post a révélé que 36% d’un échantillon de 1000 Américains questionnés pensaient que le gouvernement US était derrière les attaques. Beaucoup d’Américains ne croient pas dans la version officielle sur le 11-Septembre.

C’est la même chose avec les Européens. Le monde musulman dans son entier pense que le 11-Septembre fut l’œuvre d’Israël et de l’aile d’extrême droite néoconservatrice emmenée par Dick Cheney.

Si la version officielle sur le 11/9 est vraie, les attaques ont surpris l’administration en pleine léthargie alors qu’elle aurait dû être sur ses gardes. Condoleezza Rice, la parfaite incompétente Conseillère nationale pour la sécurité de George W. Bush, a ignoré des avertissements pourtant très sérieux concernant les attaques à venir, et a en réalité coupé les budgets de la lutte antiterroriste juste avant le 11/9.

La Maison Blanche et les médias ont été prompts à jeter la pierre aux musulmans qui « haïssaient le style de vie et les valeurs américaines », lançant ainsi le concept de « terrorisme islamique », qui veut que la foi musulmane, et non des problèmes politiques, soit à l’origine des attaques.

Ce dangereux bobard a infecté l’Amérique, et a amené à la montée en flèche de l’islamophobie. Le tapage continu à propos de la création d’une mosquée dans le centre de Manhattan, et les menaces d’un prêtre de Floride de brûler des Corans sont les deux plus récents et déplorables exemples de la haine religieuse exacerbée.

Le commando suicide qui a attaqué New York et Washington avait clairement justifié son acte : a/ punir les États-Unis pour leur appui à Israël dans sa politique de répression des Palestiniens ; et b/ ce qu’ils appellent l’occupation US de l’Arabie saoudite. Bien qu’ils soient tous musulmans, la religion n’était pas le facteur motivant.

Comme l’observait très justement l’ancien expert de la CIA Michael Sheuer, le monde musulman était furieux contre les USA pour leur politique dans la région, et non pour les valeurs, les libertés ou la religion américaine.

Ces motivations à l’origine des attaques du 11/9 ont été largement oblitérées par l’hystérie croissante à propos du « terrorisme islamique ». L’apparition de souches d’anthrax à New York, en Floride et à Washington juste après le 11/9 avait clairement pour but de décupler la colère contre les musulmans. Les auteurs de ces envois empoisonnés ne sont toujours pas identifiés. Pourtant, ces attaques à l’anthrax ont accéléré le passage des lois semi-totalitaires du PATRIOT ACT qui ont limité drastiquement les libertés individuelles des Américains et ont imposé de nouvelles lois draconiennes.

Les fausses vidéos et bandes audio de Ben Laden. Les attaques à l’anthrax. Le Coran retrouvé intact de façon tout à fait improbable à Ground Zero. Les preuves retrouvées dans la valise qu’un des pirates n’avait semble-t-il pas réussi à faire embarquer sur le vol détourné. Les affirmations précipitées comme quoi al-Qaida était derrière les attaques. Ces pilotes amateurs kamikazes et l’effondrement des Tours.

Mais encore plus accablant, l’enregistrement de l’entretien à Londres entre le président George Bush et le premier ministre Tony Blair, où l’on entend le président des USA faire cette proposition terrible, pour déclencher la guerre avec l’Irak : peindre des avions US aux couleurs de l’ONU et harceler les défenses aériennes irakiennes jusqu’à ce qu’elles leur tirent dessus, créant ainsi un « casus belli ». Bush aurait aussi indiqué à Blair qu’après l’Irak, il s’attaquerait à l’Arabie saoudite, la Syrie et le Pakistan.

En 1939, l’Allemagne nazie avait déguisé ses soldats avec des uniformes polonais afin de provoquer un incident de frontière et justifier ainsi l’invasion par l’Allemagne de la Pologne. Les plans de Bush étaient du même acabit. Un président capable d’envisager de telles opérations criminelles pourrait aller beaucoup plus loin pour réaliser ses rêves impérialistes.

Pour un vieux journaliste comme moi, tout cela sent l’arnaque. Il y a vraiment trop de questions sans réponses, trop de suspicions, et puis ce vieux proverbe romain qui dit « cui bono », « à qui cela profite-t-il ? »

Le 28 février 1933, un incendie, déclenché par un juif hollandais, ravagea le Parlement allemand, le Reichstag (NdT. où Hitler n’a jamais siégé). Alors que les ruines du Reichstag fumaient encore, Adolf Hitler déclara la « guerre au terrorisme ». Un décret « pour la Protection du Peuple et de l’Etat » fut promulgué, mettant en suspend toutes les protections légales de la libre parole, des rassemblements, de la propriété, et des libertés individuelles. L’incendie du Reichstag permit au gouvernement d’arrêter sans même une procédure légale les personnes suspectées de terrorisme, et de donner pratiquement les pleins pouvoirs à la Police.

Ça vous rappelle quelque chose ? Voilà une autre coïncidence frappante. Deux ans avant le 11/9, une série d’explosions dans des bâtiments d’habitation en Russie tuèrent plus de 200 personnes. On accusa le « terrorisme islamique » tchétchène.

La panique envahit la Russie et favorisa l’arrivée au pouvoir de l’ex-agent du KGB Vladimir Poutine. Des agents de sécurité russes appartenant au FSB furent pris la main dans le sac en train de poser des explosifs dans un autre bâtiment, mais l’histoire fut étouffée. Un ancien agent du FSB, Alexandre Litvinenko, qui tentait de dévoiler cette affaire, fut assassiné à Londres au moyen de polonium radioactif.

Dans le même genre, les néoconservateurs de l’administration Bush utilisèrent effrontément le 11/9 pour promouvoir l’invasion de l’Irak. Juste avant l’invasion, les sondages montraient que 80% des Américains pensaient à tort que Saddam Hussein était derrière les attaques du 11/9. Le Dr Goebbels aurait été fier.

Au final, que peut-on conclure ? 1/ Nous ne savons toujours pas ce qui s’est vraiment passé le 11-Septembre. 2/ La version officielle n’est pas crédible. 3/ Le 11-Septembre a servi à justifier les invasions stratégiques de l’Afghanistan et de l’Irak riche en pétrole. 4/ Les attaques ont plongé l’Amérique dans des guerres contre le monde musulman et ont enrichi l’industrie US de l’armement. 5/ Le 11-Septembre a favorisé les néoconservateurs pro-israéliens, donnant les rênes du pouvoir à ce groupe initialement marginal, et avec eux l’extrême droite totalitaire américaine. 6/ La guerre injustifiée de Bush contre l’Irak a détruit l’un des deux grands ennemis d’Israël. 7/ Le 11-Septembre a plongé l’Amérique dans ce qui pourrait bien être un état de guerre permanent contre le monde musulman – ce qui était l’un des principaux objectifs des néoconservateurs.

Mais à ce jour je n’ai pas vu de preuve comme quoi le 11-Septembre était un complot de l’extrême droite ou d’Israël ou une gigantesque opération de camouflage (« cover-up »). Ce fut juste, peut-être, la "mère" de toutes les coïncidences. À la fin, cela a pu n’être que 19 Arabes en colère, et une administration Bush maladroite à la recherche d’un bouc-émissaire.
Eric Margolis