Les gens devraient avoir honte de ne pas rechercher la vérité concernant le 11/9 ! Egger Ph.

dimanche, 28 février 2010

Niels Harrit : Pourquoi les « chips » rouge/gris ne sont pas des composants de peinture mais bien de la nanothermite

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Cela fait maintenant plusieurs mois que certains scientifiques désireux de défendre la version officielle sur les attentats du 11/9 remettent en cause les résultats de l’analyse des poussières du WTC décrits dans le fameux article du spécialiste en nanochimie danois, Niels Harrit paru en mai 2009. Ces scientifiques "alignés" nous expliquent que ce n’est pas de la nanothermite qui a été trouvée par Harrit, mais de la simple peinture. Évidemment, la nanothermite étant d’un usage strictement militaire, il ne suffit pas de sous-entendre que les échantillons auraient été truqués par Niels Harrit et ses collègues, car cela n’expliquerait pas comment il se le serait procuré pour le mélanger aux poussières. Il faut donc bien que les défenseurs de la version gouvernementale américaine remettent en cause le coeur de la découverte, à savoir la nature de ces "chips" rouge et gris. À la suite de ces allégations concernant la possibilité que ce ne soient que des composants de peinture, Niels Harrit a répondu point par point dans cette analyse technique que nous avons traduite pour vous.

Certains ont suggéré que les “chips” rouges/gris découverts dans les poussières des effondrements du World Trade Center pouvaient provenir de la peinture teintée à la rouille appliquée sur les poutres d’acier des Tours. Cet article compare les compositions élémentaires et la stabilité thermique des deux matériaux et se base d’une part sur la description figurant dans le rapport du le NIST de la peinture protectrice, et d’autre part sur l’observation des chips rouges et gris.

COMPOSITION CHIMIQUE DE LA SOUS_COUCHE DE PEINTURE

La peinture primaire appliquée sur les poutres d’acier du World Trade Center est décrite et caractérisée dans le document NIST NCSTAR 1-3C appendice D.

La peinture est rouge-orangé et fut appliquée à l’origine pour protéger l’acier de la corrosion.

Voir des exemples typiques de poutres en Figures 1 et Figure 2


Figure 1. M2-C2M (WTC 1, Col.130, Fl 98) Source NCSTAR 1-3C appendice D.




Figure 2. Les colonnes périphériques du WTC. Source : NIST.
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La couleur est due aux pigments présents dans la peinture. L’oxyde de fer est rouge, et le chromate de Zinc (“jaune zinc”) est – de fait- jaune citron brillant (Figure 3).


Figure 3. Composition de la peinture primaire. Source NCSTAR 1-3C appendice D.
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Puisque le support est évidemment un fluide, les valeurs pour les ingrédients qu’il contient doivent se référer à la peinture avant application, et doivent être mesurées en pourcentage du poids.

Bien que la composition du pigment Tenmec soit brevetée, le contenu de ce composant peut être obtenu d’après le Material Safety Data Sheet (page de description du matériau pour la sécurité) , dont les informations les plus pertinentes sont reproduites en Figure 4 :

Figure 4 Extraits du Material Safety Data Sheet du pigment Tneme
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Le talc est composé d’hydroxyde et silicate de magnésium Mg3Si4O10(OH)2.

Le contenu des silicates et des aluminates de magnésium n’est pas exact et la contribution relative des aluminates n’est pas précisée. Puisque le pigment Tnemec contribuait à hauteur de 33,7% au poids de la couche de base de peinture humide, le contenu de ces deux ingrédients et du solvant dans la peinture primaire à l’état humide était :

Talc Mg3Si4O10(OH)2 : 7 – 10 %
Silicate de Calcium ou aluminates : 2 – 3.3 %
Essences minérales : 7.6 %


Après application, la peinture était chauffée à 120 °C. Au cours de ce procédé, tous les composants volatiles se sont évaporés.

Les diluants (Figure 3) et les essences minérales (du pigment Tnemec) représentent jusqu’à (32.3 + 7.6) 40 %. Si nous soustrayons cela de la composition en pourcentage mentionnée ci-dessus, cela nous donne une estimation de la composition de la peinture une fois séchée (hardened paint).

Autrement dit, en divisant par 0,6 nous obtenons les valeurs suivantes concernant les probables ingrédients de la peinture séchée (en éliminant les éléments de base, le fer, le silicone, le carbone et l’oxygène) :

Table 1. Composants intéressants de la peinture primaire corrigée avec l’évaporation du solvant.
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COMPARAISON AVEC LA COMPOSITION DES CHIPS ROUGES/GRIS

La composition élémentaire des chips rouges/gris a été déterminée au moyen d’une spectroscopie de rayons X à dispersion d’énergie (XEDS – X-ray Energy Dispersive Spectroscopy) en mode SEM [1]. Avant toute mesure, les chips ont été cassés (à l’exception d’un chip dont nous parlons plus bas) de façon à s’assurer d’une surface “fraiche” et non contaminée sur laquelle le SEM XEDS a été appliqué. AUCUN de ces spectres SEM XEDS, correspondant aux quatre échantillons différents, n’a signalé la présence de Zinc, Chrome, Magnesium en quantité (intensité) significative au dessus de la ligne de “bruit”. Voyez dans la colonne de droite en Figure 5 ci-dessous, dont l’échelle a été élargie. De forts signaux de ces trois éléments auraient dû apparaître avec la peinture primaire, d’après la table 1.



Figure 5. SEM XEDS (énergie du rayon 20 keV) spectre de la surface fraiche de la partie rouge d’un chip rouge/gris
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En haut: Figure 7 dans l’article Harrit & al.1, montrant les quatre différents échantillons examinés.

En bas: Le même spectre que dans le cadre (a) avec l’intensité (axe vertical) et l’échelle horizontale étendue.

D’infimes signaux de même niveau que le bruit sont observés pour le Soufre, le Calcium, le Chrome et le Strontium.

Pendant l’une des expériences, les chips devaient être plongés dans le Méthyle Éthyl Kétone (MEK) et n’ont pas pu – pour des raisons évidentes – être cassés au préalable. Les résultats de XEDS pour ces chips (Figure 6 ci-dessous) montrent de petites bosses indiquant la présence de Chrome et de Zinc. Elles disparaissent après que les chips ont été plongés dans le solvant organique. Par conséquent, on en déduit qu’ils dérivent de la contamination de surface, qui pourrait très bien être due à la peinture primaire (!)

Figure 6. SEM XEDS (énergie de rayon 20 keV) d’un chip non cassé avant d’être plongé dans le MEK. Le Calcium et le Soufre sont probablement dus à une contamination par des plaques de plâtre (Gypse, sulfate de calcium). Les signaux indiquant du Zinc et du Chrome pourraient résulter d’une contamination de surface due à la peinture primaire.
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Aucun magnésium n’a été observé, c’est pourtant un des autres éléments caractéristiques de la peinture primaire (Table 1)

Notons aussi que la seule source possible d’aluminates dans la peinture primaire est la référence relativement vague à des “silicates de calcium ou aluminates” à hauteur de 3,3 – 5 %. Sans vouloir essayer de donner une quelconque estimation quantifiée (qui n’est pas simple avec un XEDS), il reste très difficile d’admettre que ce composant soit à l’origine du signal imposant et clairement visible d’aluminates dans la partie rouge des chips rouges/gris.

STABILITÉ THERMIQUE DE LA PEINTURE PRIMAIRE.

Le NIST s’est intéressé à la réaction thermique de la peinture primaire, puisque l’ examen des poutres en acier récupérées pourrait indiquer les températures qu’elles avaient subies.
Le NIST mena des études de température sur certaines poutres sélectionnées et fit les observations suivantes.

La peinture n’est pas affectée par des températures jusqu’à 250°C (Figure 7a). Au-dessus, la peinture commence à montrer des signes de craquelures (”mud-cracks”) comme le montre la Figure 7b (à gauche). Ce fractionnement est dû aux coefficients d’expansion qui sont différents pour l’acier et pour la peinture. Ca empire à 650°C (Figure 7, à droite), température à partie de laquelle commencent à se former des écailles noires entre la peinture et l’acier (Figure 8). Le NIST a porté les échantillons à 800°C, et à cette température prévalent la formation d’écailles et le détachement de la peinture vis-à-vis de l’acier. Certains pourraient avancer l’hypothèse que la formation d’écailles noires est due à la carbonisation du liant organique.




Figure 7. À gauche : la peinture primaire des colonnes extérieures du WTC, en dessous de 250°C (tableau a) et au-dessus (tableau b). À droite : exposition de la peinture primaire sur de l’acier, à 650°C pendant 1 h.

Figure 8. Source NCSTAR 1-3C appendice D, montrant la formation d’une couche noire sous la peinture, à partir de 650°C.
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Notez que la peinture – étant à la base un matériau céramique – est chimiquement stable à des températures allant jusqu’à 800°C.

COMPARAISON AVEC LA STABILITÉ THERMIQUE DES CHIPS ROUGES/GRIS

À l’inverse de la peinture primaire, les chips rouges/gris réagissent violemment, s’enflammant aux environs de 430°C. La réaction produit des températures supérieures à 1500°C, puisque des résidus de fer fondu sont clairement visibles dans le microscope optique (Figure 9).


Figure 9. Image prise au microscope optique, d’un chip rouge/gris, après sa réaction dans un DSC
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CONCLUSION

Les propriétés de la peinture primaire et celles des chips rouges/gris sont incompatibles.
Les chips rouges/gris ne peuvent pas être la peinture primaire telle que décrite par le NIST.
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Niels Harrit