mercredi, 28 septembre 2016

Le Sénat américain passe outre le veto d'Obama, autorise à poursuivre Riyad pour le 11 Septembre


Le Sénat américain a, avec une large majorité, rejeté le veto apposé par Barack Obama concernant la loi permettant aux familles des victimes du 11 septembre de poursuivre le gouvernement saoudien.

Avec 87 voix contre le veto du président américain, et 0 en sa faveur, la loi autorisant les familles des victimes des attentats du 11 septembre va pouvoir poursuivre son cheminement législatif ce 28 septembre lors de son étude par la Chambre des Représentants.

Si les deux-tiers des membres de la Chambres soutiennent aussi la loi «Justice contre les soutiens du terrorisme», cela serait la première fois que le droit de veto de Barack Obama serait outrepassé en huit ans de mandat à la tête du pays.

samedi, 24 septembre 2016

11-Septembre: Barack Obama oppose son veto à des poursuites contre l'Arabie saoudite


Barack Obama et le roi d’Arabie saoudite



Le président américain Barack Obama a opposé vendredi 23 septembre son veto à une loi qui autoriserait les proches des victimes du 11-Septembre à poursuivre l'Arabie saoudite, engageant sur ce dossier sensible un bras de fer périlleux avec le Congrès. Quinze des 19 auteurs des attentats du 11-Septembre étaient des Saoudiens mais l'implication de l'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis, n'a jamais été démontrée.

Tout en exprimant sa "profonde sympathie" pour les victimes et affirmant comprendre leur "désir de justice", le président américain a souligné que cette loi adoptée au Congrès le 10 septembre dernier "aurait un impact néfaste sur la sécurité nationale des Etats-Unis". La Maison Blanche estime que le texte affaiblirait le principe d'immunité qui protège les Etats (et leurs diplomates) de poursuites judiciaires et risque, par un effet boomerang, d'exposer les Etats-Unis à des poursuites devant divers tribunaux à travers le monde.

"Les familles (des victimes) sont scandalisées et très déçues"

Mais les défenseurs du "Justice Against Sponsors of Terrorism Act" insistent sur la nécessité pour les victimes des attentats du 11-Septembre de pouvoir réclamer justice et affirment que l'opposition de l'administration Obama est avant tout liée à la crainte de provoquer la colère de Ryad. "Les familles (des victimes) sont scandalisées et très déçues" par la décision de Barack Obama, a déclaré Terry Strada, dont le mari, Tom, a été tué dans le World Trade Center où il travaillait. Elle a affiché sa détermination à se battre pour que le Congrès se mobilise.

Si les deux tiers des élus se rassemblent derrière le texte, ils pourront surmonter le veto présidentiel et la loi entrera alors en vigueur, ce qui représenterait un cinglant camouflet pour Barack Obama à quelques mois de son départ. Depuis son arrivée au pouvoir en 2009, aucun de ses veto n'a jamais été rejeté.

L'exécutif américain est à la manœuvre sur Capitol Hill, en particulier auprès des représentants démocrates, pour s'assurer que le cap fatidique ne soit pas atteint. L'administration Obama dénonce les petits calculs politiques des élus qui expriment "en privé" des réserves sur les dangers du texte mais votent pour, les yeux rivés sur les élections du 8 novembre (scrutin présidentiel mais aussi renouvellement d'une partie du Congrès).

Clinton a fait savoir qu'elle aurait signé cette loi

Chuck Schumer, sénateur démocrate de New York où la loi a évidemment une résonance particulière, a immédiatement regretté une décision "décevante", prédisant qu'elle serait rapidement rejetée par le Congrès. "Si les Saoudiens n'ont rien fait de mal, ils ne devraient pas craindre cette loi. S'ils sont coupables dans les attentats du 11-Septembre, ils devraient rendre des comptes", a-t-il estimé. "La justice pour ces familles ne devrait pas être jetée aux orties pour des raisons diplomatiques".

Hillary Clinton, qui espère bien l'emporter haut la main face au républicain Donald Trump dans l'Etat de New York dont elle fut sénatrice, a fait savoir par son équipe qu'elle aurait signé cette loi.

Le texte a suscité une levée de boucliers dans les monarchies du Golfe qui ont mis en garde contre "un grave précédent". Ces dernières entretiennent des relations déjà tendues avec l'administration Obama à qui elles reprochent, entre autres, d'avoir réintégré l'Iran, grand rival chiite, dans le jeu diplomatique. En coulisses, Ryad s'active pour empêcher le passage de cette loi.

Des poursuites contres les États-Unis dans d'autres pays

La Maison Blanche assure que son inquiétude ne se limite pas à l'impact que cela pourrait avoir sur sa relation avec la monarchie sunnite "mais avec tous les pays du monde". Et met en avant les inquiétudes de nombre de haut responsables américains des deux bords.

Dans une lettre adressée aux élus, l'ancien ministre de la Défense William Cohen et l'ancien patron de la CIA Michael Morell, ont ainsi souligné combien une telle loi pourrait placer les Etats-Unis dans une position délicate. "Nos soldats, nos diplomates et tous les employés du gouvernement américains travaillant à l'étranger pourraient se retrouver visés par des poursuites judiciaires dans d'autres pays", écrivent-ils.

AFP

mercredi, 14 septembre 2016

Corruption, crimes et mensonges d’Etat : 29 pages de révélations sur le 11/9


Kirsten Breitweiser faisait partie, avec Patty Casazza, Lorie Van Auken, et Mindy Kleinberg, du groupe de veuves du 11-Septembre surnommé les Jersey Girls qui ont également signé cette tribune. Originaires du New Jersey, elles ont été à l’origine d’une campagne de revendication des familles de victimes ayant permis la mise en place de la Commission du 11-Septembre. Elles ont dénoncé plus tard le rapport de cette commission et réclamé en vain une nouvelle enquête.

Tout d’abord, voici ce que vous devez savoir quand vous entendez un membre du gouvernement américain déclarer que les 29 pages qui viennent d’être déclassifiées ne contiennent aucune révélation : IL MENT.

La relation que le gouvernement américain entretient avec l’Arabie Saoudite est toxique. Comme l’héroïnomane qui ment et vole pour assouvir son addiction, certains membres du gouvernement ne reculent devant rien pour sauvegarder cette relation mortifère et dysfonctionnelle qui gangrène le pays et ses dirigeants de l’intérieur.

Quand John Brennan, le directeur de la CIA, dit qu’il estime que ces 29 pages prouvent que le gouvernement saoudien n’était pas impliqué dans les attentats du 11 Septembre, il ne faut pas avoir peur d’admettre que cet homme est dans le déni, intentionnellement, dans le seul but d’assouvir et préserver son addiction saoudienne.

Quand Anne W. Patterson, l’assistante du secrétaire d’Etat en charge des questions moyen-orientales, témoigne -sous serment- que l’Arabie Saoudite est un allié extrêmement utile dans la lutte contre le terrorisme islamiste, il faut savoir que sa volonté de s’écraser devant les Saoudiens ne sert qu’à protéger l’objet de son addiction.

Lisez ces 29 pages et regardez la réalité en face.

Ne laissez pas le gouvernement nier les informations accablantes qu’elles contiennent.

En les parcourant, souvenez-vous qu’elles ont été rédigées en 2002 et 2003.

George W. Bush ne voulait pas que les Etats-Unis enquêtent sur la famille royale saoudienne, dont il est très proche. Son premier objectif était de la protéger. Il a voulu partir en guerre contre l’Irak, pas contre l’Arabie saoudite. Ces vingt-neuf pages constellées de "Saoudiens" et de "Prince Bandar", et non de "Saddam Hussein" ou d’"Irak", étaient donc problématiques pour le président.

On sait aujourd’hui que la commission d’enquête sur les services de renseignement américains a subi d’énormes pressions visant à la détourner de la piste saoudienne. D’ailleurs, Robert Mueller, l’ex-directeur du FBI, a reconnu qu’il n’avait pas eu connaissance de la plupart des preuves concernant les Saoudiens. Pourquoi donc? Principalement parce que M. Mueller et d’autres membres du FBI ont tout fait pour que les informations compromettantes sur les Saoudiens ne soient pas communiquées à la commission. Je répète : le FBI et le gouvernement de George W. Bush se sont concertés pour supprimer les preuves de l’implication des Saoudiens. Et, à l’exception de ces 29 pages, leurs efforts ont été couronnés de succès.

"Je répète : le FBI et le gouvernement de George W. Bush se sont concertés pour supprimer les preuves de l’implication des Saoudiens. Et, à l’exception de ces 29 pages, leurs efforts ont été couronnés de succès."

En dépit de ces pressions, la commission a pu consacrer 29 pages aux preuves de la complicité des Saoudiens dans les attentats du 11-Septembre. Aucun autre pays n’est mentionné si souvent dans le rapport final. Ni l’Irak, ni l’Iran, ni la Syrie, ni le Soudan, ni même l’Afghanistan ou le Pakistan.
Ces 29 pages de révélations gênantes ont été cachées aux Américains pendant 15 ans. Elles ne portaient pas véritablement atteinte à la sûreté de l’Etat, mais il était plus simple de les escamoter. Depuis le décret présidentiel n°13526, la tentative de dissimulation des preuves est considérée comme un crime. Pourtant, ni James Clapper, le directeur des services de renseignement américains, ni Barack Obama, ne souhaitent faire de commentaires à ce sujet.

"Ces 29 pages de révélations gênantes ont été cachées aux Américains pendant 15 ans. Elles ne portaient pas véritablement atteinte à la sûreté de l’Etat, mais il était plus simple de les escamoter."

Tous deux se bornent à déclarer qu’ils soutiennent les conclusions de la commission d’enquête sur les attentats du 11-Septembre. De la part du président, cette façon de botter en touche est écœurante. Une telle complaisance vis-à-vis de la commission -dont les membres reconnaissent qu’ils n’ont pu enquêter jusqu’au bout sur le rôle des Saoudiens- est la preuve de son désintérêt et de son désengagement vis-à-vis des familles des victimes des attentats. Son attitude contribue d’ailleurs à les victimiser davantage en refusant d’admettre les faits, en entravant la justice, et en refusant d’établir -ce qui est pourtant indispensable- la responsabilité des individus concernés. Le plus troublant, c’est que son silence nous met en danger, parce qu’au lieu de convoquer une réunion extraordinaire du congrès pour mettre immédiatement l’Arabie Saoudite sur la liste des Etats soutenant le terrorisme, il continue de minimiser et d’ignorer la vérité, ce qui nous rend vulnérables aux attaques financées, encore aujourd’hui, par ce pays "allié".

"Le silence de Barack Obama nous met en danger, parce qu’au lieu de convoquer une réunion extraordinaire du congrès pour mettre immédiatement l’Arabie Saoudite sur la liste des Etats soutenant le terrorisme, il continue de minimiser et d’ignorer la vérité, ce qui nous rend vulnérables aux attaques financées, encore aujourd’hui, par ce pays "allié"."

Que les choses soient claires : la commission d’enquête sur les attentats du 11 Septembre n’a PAS examiné attentivement la piste saoudienne. Son directeur, Philip Zelikow, l’a formellement interdit. Il est allé jusqu’à renvoyer l’un des enquêteurs missionné par la commission sur les services de renseignement pour examiner de plus près les informations que celle-ci avait mises à jour. Je répète : l’enquêteur n’a pas pu faire son travail. En outre, M. Zelikow a réécrit tout le chapitre consacré à l’implication des Saoudiens. Plusieurs membres de la commission, John Lehman, Bob Kerrey et Tim Roemer, ont reconnu que la piste saoudienne n’avait pas été examinée correctement. Dans ces conditions, s’en tenir aux conclusions du rapport est absurde et scandaleux.

L’un des exemples de dissimulation flagrante concerne les informations du FBI et de la CIA sur Fahad Thumairy et Khallad Ben Attash, que n’évoquent ni la commission d’enquête sur les services de renseignement américains, ni celle sur les attentats du 11 Septembre. Ces informations, aujourd’hui déclassifiées, montrent que Fahad Thumairy -un membre du consulat saoudien- a aidé Khallad Ben Attash -un agent d’al-Qaïda, connu des services de renseignement américains- à entrer aux Etats-Unis en juin 2000 pour rencontrer deux des pirates de l’air du 11 Septembre, Khalid al Mihdhar et Nawaf al Hazmi. M. Thumairy a aidé M. Ben Attash à franchir les contrôles douaniers à l’aéroport de Los Angeles, ce qui lui a permis d’échapper à leur surveillance et de ne pas éveiller les soupçons. Je le répète, ces informations proviennent des rapports de la CIA et du FBI.

Quatre mois après cette rencontre, le destroyer USS Cole a été victime d’un attentat dans lequel 17 marins américains ont perdu la vie. Khallad Ben Attash, Khalid al Mihdhar et Nawaf al Hazmi ont tous trois été jugés complices de cet attentat.

Où se trouvent les informations détaillées concernant MM. Ben Attash et Thumairy? Ont-elles fait l’objet d’une enquête? Si nos services de renseignement avaient examiné leurs liens, ils auraient pu prévenir l’attentat qui a visé l’USS Cole, et réunir presque toutes les pièces du puzzle, plus de neuf mois avant le 11 Septembre.

On sait hélas que M. Thumairy n’a pas été interrogé, et que 17 marins et trois mille autres personnes sont morts.

Je suis certaine que Barack Obama, John Brennan, Anne Patterson et Philip Zelikow considèrent que le soutien opérationnel et financier que M. Thumairy a apporté à MM. Attash, Mihdhar et Hazmi font de lui un "allié" des Etats-Unis. Ce n’est pas l’avis du peuple américain.

La planète traverse actuellement une période d’instabilité. J’ai toujours pensé que mon gouvernement s’occupait de me protéger, et qu’il agissait dans mon intérêt et celui des autres citoyens de mon pays, mais je sais aujourd’hui que ce n’est pas le cas. Pendant quinze longues années, je me suis battue pour obtenir des informations sur les assassins de mon mari. J’ai supplié le gouvernement de me dire la vérité, de faire toute la lumière sur le carnage qui a coûté la vie à mon mari et à trois mille autres personnes, et de juger les responsables. Au lieu de quoi ce même gouvernement n’a cessé d’entraver le travail de la justice, ce qu’il continue de faire aujourd’hui encore en niant l’évidence de ce que révèlent ces 29 pages.

Lisez-les, ces pages. Examinez les faits. Et observez la vénalité des membres du gouvernement et des médias qui nous abreuvent de mensonges et nous disent de ne pas tenir compte des faits terribles qui sont décrits dans ces 29 pages. J’espère que leur tentative de nous mener en bateau vous dégoûtera autant qu’elle me dégoûte.

Vous remarquerez que ces 29 pages ne concernent que l’implication des Saoudiens d’après les documents réunis à San Diego. Elles évoquent aussi, de manière succincte, les informations réunies à Phoenix, dans l’Arizona. Ce qui est notable, c’est qu’elles ne parlent pas des informations contenues dans plus de 80.000 documents qui sont actuellement examinés par un juge fédéral en Floride, autant de documents que la commission sur les attentats du 11 Septembre, celle sur les services de renseignement américains, les gouvernements de Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama, et l’Arabie Saoudite souhaitent enterrer.

Si vous ne devez retenir qu’une seule chose, sachez ceci : l’Arabie Saoudite a fourni un soutien opérationnel et financier aux pirates de l’air du 11 Septembre. Nous en avons la preuve. Une preuve que le gouvernement américain nous cache depuis quinze ans, et continue à nous cacher. En agissant ainsi, il se rend coupable d’un crime.

"Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama ont TOUS échoué à empêcher les attentats du 11 Septembre. Ils les ont même facilités par leur négligence absolue, s’en sont servis pour poursuivre leurs objectifs malhonnêtes, et cachent la vérité aux Américains depuis quinze ans."

En matière de relations avec l’Arabie Saoudite, la corruption, la cupidité, et la perversité ne sont pas l’affaire d’un parti. Les Démocrates et les Républicains s’en sont rendus complices. La faute en incombe à Bill Clinton, à George W. Bush et à Barack Obama, ainsi qu’à tous leurs représentants et membres du gouvernement. Ils ont TOUS échoué à empêcher les attentats du 11 Septembre. Ils les ont même facilités par leur négligence absolue, s’en sont servis pour poursuivre leurs objectifs malhonnêtes, et cachent la vérité aux Américains depuis quinze ans.


Documentaires sur les familles de victimes du 11-Septembre

 



Kristen Breitweiser