vendredi, 30 septembre 2016

Riyad met en garde Washington après l’adoption de la loi Jasta


Le ministère des affaires étrangères saoudien a condamné, jeudi 29 septembre, l’adoption par le Congrès américain d’une loi autorisant les familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001 à engager des poursuites pour réclamer des dommages au royaume wahhabite.

« L’érosion de l’immunité des Etats aura un impact négatif sur tous les pays, y compris les Etats-Unis », a déclaré la diplomatie saoudienne dans un communiqué transmis par l’Agence de presse saoudienne, SPA (Saudi Press Agency) – l’agence de presse officielle –, évoquant un sujet de « grande inquiétude ». Riyad a exprimé l’espoir que les élus américains amenderaient cette législation « pour éviter les conséquences graves et non voulues qui pourraient s’ensuivre ».

Quinze pirates de l’air

La veille, le Congrès a rejeté à une majorité écrasante le veto que Barack Obama avait mis sur cette loi, dite « Jasta » (Justice against Sponsors of Terrorism Act – « la justice contre les commenditaires d’actes terroristes »), qui autorise des poursuites contre un Etat en cas d’attentat sur le sol américain.

La loi devrait donc entrer en vigueur, mais les présidents de la Chambre des représentants et du Sénat ont ouvert la voie à une modification du texte pour dissiper les inquiétudes quant à ses conséquences pour les expatriés.

L’Arabie saoudite est depuis longtemps soupçonnée d’avoir apporté un soutien aux pirates de l’air ayant perpétré les attentats contre les tours jumelles du World Trade Center et le Pentagone, qui ont fait près de 3 000 morts. Riyad rejette ces suspicions, mais quinze des 19 pirates de l’air étaient saoudiens.