dimanche, 11 septembre 2016

Les victimes du 11 septembre ignorées par Obama ?


Le 9 septembre, suivant un vote unanime du sénat en mai, la chambre des Représentants a voté à l’unanimité le Justice Against Sponsors of Terrorism Act, texte qui permettra aux familles des victimes du 11 septembre de poursuivre en dommages et intérêts toute nation directement impliquée dans des attentats terroristes contre les citoyens américains.

Un coupable était visé : le Royaume d’Arabie saoudite, impliqué dans une enquête parlementaire de 2002 longtemps étouffée, dont quelques pages caviardées sont sorties en juin, qui n’ont cependant pu établir de preuve directe entre les soldats de Dieu du 11 septembre et l’État saoudien. Avec cependant la reprise de quelques éléments produits par le FBI et la CIA, qui avaient originellement listé une série de liens et flux financiers douteux.

Les poules auront donc des dents lorsque les familles seront indemnisées par un adversaire qui saura juridiquement miner la procédure. Mais les parlementaires, démocrates comme républicains, sauront tirer parti de cette initiative, le temps venu de leur réélection. D’autant qu’il n’est pas sûr que la loi soit adoptée, Obama ayant prévenu d’avance qu’il exercerait son veto. Attendons…
Il faut dire que les Saoudiens, poissons dans l’eau à Washington, ont tout fait pour ralentir le processus législatif. Le rapporteur de la loi, le parlementaire Newyorkais John King, soutien de Trump, et qui dit avoir connu personnellement 150 des victimes, s’exprime ainsi : « Le gouvernement saoudien emploie de nombreux ex-employés du gouvernement [américain] et ils ont essayé de stopper la loi à toutes les étapes [parlementaires] ».

Reste que, bien exploitée par Trump, la menace de veto présidentiel, comme le défoulement anti-saoudien des parlementaires, ne pourra que mettre en avant l’immoralité d’Hillary qui consistait à lever des fonds « investis » par ce même gouvernement saoudien alors qu’elle était la brillante ambassadrice de la Fondation Clinton au Département d’État américain.

Toujours est-il qu’un vent de nervosité souffle dans la campagne de madame Clinton qui se réveille de son sommeil aoûtien en réalisant que Trump a grignoté son biscuit, qu’il a fait un effort de cohérence programmatique (fiabilité), qu’il a su exprimer sa préoccupation quant au sort futur des citoyens en difficulté de toutes origines (amabilité), et qu’il a démontré sa conscience des atteintes à la survie de la société américaine, tant morales que physiques (responsabilité).

Trump serait-il le génie qu’il dit être ? Bien que « superficiel », il s’est en effet bien sorti d’un forum journalistes-public organisé mercredi dernier par NBC, où Hillary, maladroite, fut également soumise à la question. Au point que le journaliste, un ancien soutien de la Fondation Clinton, s’est fait étriller pour trumpophilie par les grands médias. Bref le dernier sondage de CNN (pour l’instant) place Trump en tête, mais dénote aussi sa progression dans les électorats hispanique, féminin, et afro-américain. Pire encore, dans les dix États-pivots où Hillary a investi massivement, et où Trump a peu ou pas encore investi, ce dernier la trace de près, voire la domine.

Septembre va être chaud pour « l’homme de Poutine », qui persiste et signe dans son plan de paix et de prospérité…

André Archimbaud