dimanche, 12 octobre 2014

Des documents du FBI montrent que l’imam radical Awlaki communiquait avec les agents fédéraux en 2003


Anwar al-Awlaki in Yemen en octobre 2008 (Photo AP)



De nouveaux documents déclassifiés tendent à confirmer que le FBI travaillait avec l’imam radical Anwar Al-Awlaki après les attentats du 11-Septembre, quelques années avant qu’il devienne le premier Américain tué par une frappe de drone des États-Unis.
 
Dans le cadre d’une enquête en cours sur l’imam, qui débuta après la fusillade de Fort Hood en 2009, Fox News a été le premier à rapporter qu’en 2002, Al-Awlaki avait été relâché de l’aéroport international JFK — malgré un mandat d’arrêt en cours — avec l’approbation de l’agent Wade Ammerman du FBI. 
 
Depuis, l’organe de contrôle Judicial Watch a obtenu plus de 900 pages de nouveaux documents au cours de ses actions en justice contre le FBI grâce à la loi sur la liberté de l’information (FOIA). Ils montrent que l’imam envoyait des emails et laissait des messages vocaux à un agent du FBI en 2003, un an après qu’Ammerman ait dit aux agents des douanes de l’aéroport JFK de passer outre un mandat en suspens pour l’arrestation de l’imam.

Les documents corroborent les affirmations selon lesquelles Al-Awlaki, qui est finalement parti à l’étranger s’allier à une filiale d’Al-Qaïda, travaillait avec le FBI et était vraisemblablement un agent du gouvernement américain.

"Je n’ai guère de doutes sur le fait que le président Obama ait assassiné un terroriste qui était un agent du gouvernement américain," a déclaré Tom Fitton, le président de Judicial Watch.

Il a ajouté : "Il y a eu tellement d’occasion manquées d’attraper des sales types, mais c’est une chose que d’avoir un sale type travaillant avec vous et pour vous, et de l’avoir en fait entre quatre murs puis de le laisser partir."

Fitton s’est demandé si Obama était vraiment au courant des liens entre Al-Awlaki et la police fédérale. "Ces questions sans réponse éclairent d’un jour nouveau et inquiétant la décision du président Obama d’assassiner Al-Awlaki," a-t-il déclaré.

Dans un email du 2 octobre 2003, un agent du FBI dont le nom est masqué, écrit à un collègue au sujet d’un message sur le répondeur : "Bon sang, [masqué] c’est pas ton gars ? L’aman (imam) avec les prostituées." [Une information révélée en 2013 sur la base de documents du FBI obtenus par Judicial Watch, Ndt.]

Trois semaines plus tard, après avoir laissé un autre message vocal, l’imam utilise son compte Yahoo personnel pour écrire directement à un agent du FBI en poste à l’Académie du FBI de Quantico en Virginie, afin de se plaindre d’articles de presse reliant Al-Awlaki aux pirates du 11-Septembre.

"J’ai été abasourdi par certaines rumeurs courant sur moi dans les médias… Je suis étonné du niveau d’absurdité des médias et j’espère que les autorités américaines sont mieux informées et réalisent que ce qui a été mentionné à mon encontre n’était que des mensonges," écrit Al-Awlaki, semblant réprimander l’agent du FBI.

Dans un autre email, un agent du FBI s’irrite des tentatives de la Commission du 11-Septembre de localiser Al-Awlaki et de l’interroger de manière indépendante, décrivant les sollicitations comme "nombreuses et incessantes." L’email stipule que la Commission du 11-Septembre souhaitait parler à l’imam après avoir appris qu’il avait téléphoné et envoyé des emails à plusieurs agents du FBI.

De toute évidence, le flux d’emails montre que pendant que la Commission du 11-Septembre essayait de trouver Al-Awlaki, un agent du FBI était en contact direct avec l’imam et avait organisé une rencontre avec lui en mars 2004.

"L’agent spécial [masqué] a eu une conversation avec Awlaki et a provisoirement fixé un entretien pour mi-mars à Londres. Avec le procès du réseau jihadiste de Virginie prévu début février [référence, Ndt.], c’est le plus tôt que l’agent spécial [masqué] peut rencontrer Awlaki … Si la Commission du 11-Septembre a besoin de rencontrer Awlaki, nous fournirons les coordonnées de manière à ce qu’ils organisent leur propre entretien."

Des documents obtenus précédemment montrent qu’en 2002, quelques jours après le retour d’Al-Awlaki sur le sol américain, il est apparu dans l’enquête de contre-terrorisme d’Ammerman sur Ali Al-Timimi, lequel purge aujourd’hui une peine de prison à perpétuité pour des chefs d’accusation étrangers au terrorisme. Le 22 octobre 2002, douze jours après le retour de l’imam, un autre memo du FBI obtenu grâce au procès de Judicial Watch (marqué "Secret"), indiquait en objet "Anwar Nasser Awlaki" et "Sommaire : Rapport d’agent." L’existence de registres d’entrée à la douane a d’abord été documentée par l’auteur Paul Sperry.

Interrogé sur Fox News en septembre 2013 au sujet de l’implication du FBI dans la libération d’Al-Awlaki et sur le fait que le FBI ait tenté ou non de recruter l’imam, le directeur de l’époque au FBI Robert Mueller n’avait pas démenti.

"A titre personnel, je ne suis pas au courant de tentatives de recruter Anwar Al-Awlaki en tant qu’agent — cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de tentative à certains niveaux du Bureau (FBI) ou d’une autre agence dans ce sens," déclara Mueller.

Mueller ne s’est pas étendu sur un mémo qu’il a personnellement envoyé au procureur général de l’époque John Ashcroft le 3 octobre 2002 — sept jours avant que l’imam ne réintroduise subitement les États-Unis, soit détenu puis relâché de l’aéroport JFK à la demande d’un agent de Mueller — qui est marqué "Secret" et intitulé "Anwar Awlaki : IT-UBL/AL-QAEDA." 

On ne sait pas si les coordonnées d’Al-Awlaki ont été transmises à la commission par le FBI, mais il est indiqué dans le rapport du 11-Septembre sur les attentats de 2001 que les tentatives de localiser Al-Awlaki ont été infructueuses.

Fitton affirme que les forces de police avaient mis Al-Awlaki en garde à vue, jusqu’à ce que le FBI le laisse partir — et dans les années avant son assassinat par un drone de la CIA en 2011, Al-Awlaki a initié le jihad digital, sur lequel capitalise aujourd’hui l’État Islamique, ou ISIS. 

"ISIS l’a repris et adopté — qui sait, peut-être que si nous avions pu garder al-Awlaki en prison, le développement du Jihad sur internet auquel nous sommes confrontés sur toute la planète aurait été considérablement ralenti. »