mercredi, 15 mai 2013

Un rapport du FBI soulève des questions sur l’aide apportée aux terroristes du 11-Septembre


Bob Graham, ancien sénateur de Floride



De nouveaux documents du FBI reliant des Saoudiens qui vivaient à Sarasota avant le 11-Septembre à des "individus impliqués dans les attentats terroristes" ont donné une nouvelle impulsion à la question de savoir si les pirates d’Al-Qaïda qui ont tué près de 3000 personnes ont été aidés ou non.

"Une des questions restée sans réponse durant l’enquête sur les événements du 11-Septembre est la suivante : Les pirates ont-ils opérés seuls ou avaient-ils des complices qui leur ont facilité la tâche ?" déclare l’ancien Sénateur de Floride Bob Graham. "Je pense que les éléments dont nous disposons aujourd’hui militent fortement en faveur de complicités".

Graham qui, plus de 10 ans auparavant, était vice-président de la Commission d’Enquête du Congrès sur les attentats du 11-Septembre, a rencontré mardi dernier Ron Wyden, Sénateur Démocrate de l’Orégon et membre de la Commission du Sénat sur le Renseignement, pour discuter des révélations contenus dans les documents du FBI remis à BrowardBulldog.org.

"Il a très envie de faire toute la lumière sur les événements de Saratosa" à déclaré Graham qui prévoit de rencontrer des hauts fonctionnaires de l’administration Obama la semaine prochaine à Washington.

"Le fait est que la plupart des terroristes ne parlaient pas anglais et ne s’étaient jamais rendus aux États Unis auparavant et, malgré cela, ils ont été capables de monter un complot extrêmement complexe tout en préservant leur anonymat" a déclaré Graham. "Ce que nous avons découvert à Sarasota pourrait bien constituer un pas de plus vers la découverte d’un important réseau d’individus ayant des liens avec l’Arabie saoudite et qui auraient apporté une aide aux terroristes".

Les documents du FBI contiennent de nouvelles informations concernant une enquête sur ce qui s’est déroulé avant le 11-Septembre dans la luxueuse maison de Abdulaziz al-Hijji et sa famille située dans l’ensemble résidentiel protégé de Prestancia. Ces informations contredisent de précédentes affirmations du FBI selon lesquelles il n’existait aucune preuve permettant de relier la famille al-Hijjis au 11-Septembre.

Les noms des individus ont été supprimés avant que les documents ne soient rendus public mais ils sont évidents puisque ces documents décrivent des événements parfaitement connus. Ces documents ont été divulgués en réponse à une demande spécifique d’information concernant l’enquête effectuée à l’ancienne résidence des al-Hijjis au 4224 Escondito Cir.

Les enquêteurs ont établis que les al-Hijjis avaient "fui" leur maison le 27 août 2001 – deux semaines avant les attentats – en laissant derrière eux 3 voitures, des meubles, des vêtements, des jouets, de la nourriture et d’autres choses encore.

Un rapport du FBI en date du 16 avril 2002 précise que : "Une enquête ultérieure sur la famille [nom supprimé] a révélé de nombreux liens entre les [nom supprimé] et des individus impliqués dans les attentats terroristes du 11 septembre 2001".

Ce rapport citait trois de ces individus. Deux d’entre eux, dont un présenté comme un "membre de la famille", étaient décrits comme des élèves de l’école de pilotage de Venice toute proche où les pirates de l’air Mohamed Atta et Marwan al-Shehhi s’étaient entraînés. La troisième personne vivait avec des élèves pilotes.

BrowardBulldog.org a déjà rapporté qu’un officier du contre-espionnage avait déclaré, sous couvert de l’anonymat, qu’un examen des registres de la conciergerie [de l'ensemble résidentiel de Prestancia] et des photos de plaques d’immatriculation avait révélé que des véhicules en lien avec les futurs pirates de l’air s’étaient rendus à la résidence des al-Hijji. Des enregistrements téléphoniques auraient également mis en évidence des liens indirects avec les pirates.

L’Agent du FBI Gregory Sheffield était responsable de ce dossier. Il a produit deux rapports en 2002, dont un faisait état de liens entre la famille al-Hijji et d’autres personnes impliquées dans les attentats. Le nom de Sheffield a également été effacé des documents du FBI.

Le 22 juillet 2002, Sheffield interrogeait Anoud, la femme de al-Hijji, et sa belle-mère, Deborah Ghazzawi, "au sujet d’éventuelles activités terroristes". Les deux femmes, qui avaient fait un bref retour à leur domicile, ont nié avoir fui avant le 11-Septembre ou avoir connu certains individus cités, mais non nommés explicitement, dans les rapports de 2002.

Selon l’officier du contre-espionnage, Sheffield fut transféré, peu de temps après, à la division du contre-espionnage étranger du FBI (FCI) et quitta la région. Selon lui, cette mutation laisse supposer que Sheffield aurait pu recruter un des membres de la famille al-Hijji comme source d’information.

Si tel est le cas, cela pourrait expliquer pourquoi le FBI a déclaré n’avoir trouvé que 35 pages de rapport concernant une enquête dont les dossiers et les auditions montrent que de nombreux rapports d’enquête ont été produits sur une période de plus de trois ans.

L’officier du contre-espionnage ajoute : "Je pense que le transfert de Sheffield au FCI en dit long sur le peu d’information disponible. S’il a pu recruter un membre de la famille, alors toutes les informations obtenues jusque là seront inaccessibles en vertu du National Security Act (ndt : Le National Security Act fut signé par le Président Harry Truman le 26 juillet 1947 ; il réorganisa les forces armées américaines et les services de renseignements, tout en réorientant la politique étrangère et la politique de défense des États-Unis).

De même, ce scénario pourrait expliquer une phrase curieuse d’un autre rapport du FBI rédigé après que l’enquête de Saratosa fut rendue publique en septembre 2011. Ce rapport indique en effet que "Le FBI semble ne pas avoir obtenu le registre d’entrée des véhicules dans la propriété privée".

Selon l’officier du contre-espionnage, cette information "n’est pas vraie". En fait, selon lui, l’Agent Sheffield a emporté tous les dossiers concernant Saratosa, y compris les documents de la conciergerie et les enregistrements téléphoniques, quand il est parti rejoindre son nouveau, et plus confidentiel, poste au FBI.

Beaucoup de choses demeurent floues. De nombreuses parties des rapports rendus publics ont été effacées pour des raisons de sécurité nationale ou d’autres motifs. Quatre pages ont même été entièrement supprimées.

Le Sénateur Graham pense que ce qui s’est passé à Sarasota conduit à penser que les pirates ont bénéficié d’un large réseau d’assistance Saoudien.

Il évoque un "point commun" avec des événements survenus à San Diego, Californie, impliquant Khalid al-Mihdar et Nawaf al-Hazmi, deux des cinq pirates saoudiens du jet d’American Airlines qui s’écrasa contre le Pentagone.

Les rapports de la Commission d’enquête du Congrès et de la Commission d’enquête sur le 11-Septembre décrivent comment Omar al-Bayoumi, un autre Saoudien vivant à San Diego, a fourni une assistance considérable à al-Mihdar et al-Hazmi, notamment en les hébergeant.

Un de ces rapports indique que al-Bayoumi avait accès "à des fonds apparemment illimités en provenance d’Arabie Saoudite" et que "une des meilleures sources du FBI à San Diego" a déclaré que al-Bayoumi semblait être un officier de renseignement pour l’Arabie Saoudite ou pour une autre puissance étrangère. Le rapport ajoute que le FBI a également appris que al-Bayoumi "avait des liens avec des éléments terroristes".

"Il n’y a aucune preuve que Bayoumi savait ce qui se tramait ; on lui a juste demandé de s’occuper de ces hommes" dit Graham qui a critiqué le FBI pour avoir soustrait des informations clés sur ce qui s’était passé à San Diego.

Graham, l’ancien Président de la Commission du Sénat sur le Renseignement, pense qu’une nouvelle enquête est maintenant nécessaire pour découvrir la vérité.

"Mon but est de faire rouvrir l’enquête en approfondissant les aspects saoudiens et de rendre ensuite public les résultats", dit-il.

Il ajoute qu’une telle enquête ne devrait pas être conduite par le FBI : "Ils sont largement responsables d’avoir occulté, 10 ans plus tôt, le rôle des Saoudiens en dissimulant des informations et en écartant des témoins".

Dan Christensen est le rédacteur en chef de Broward Bulldog. Anthony Summers et Robbyn Swan, qui ont également contribué à cet article, sont co-auteurs de "Le 11ème jour : L’histoire complète du 11-Septembre et d’Oussama ben Laden".


Dan Christensen
Anthony Summers