mardi, 5 février 2013

Cinquante-quatre pays ont aidé la CIA


La Belgique, l'Algérie, le Danemark, le Canada: au total 54 pays ont aidé la CIA dans son programme de détention secrète et d'interrogatoires musclés de suspects de terrorisme après les attentats du 11-Septembre.

Selon l'organisation humanitaire Open Society Justice Initiative, ces 54 gouvernements étrangers ont participé à ce programme de l'agence du renseignement américain de diverses manières, y compris en accueillant les prisons secrètes sur leur sol, en aidant à la capture et au transport des détenus, en interrogeant et en torturant des individus, en fournissant des renseignements, ou encore en ouvrant leur espace aérien pour les vols secrets.


«En participant à ces opérations, ces gouvernements ont violé aussi le droit sur leur sol et le droit international, et sapé les règles contre la torture» qui est «non seulement illégale et immorale mais aussi inefficace pour obtenir des renseignements fiables», dénonce le rapport.

Excuses et condamnations

Ces Etats cités sont localisés sur tous les continents, de l'Afghanistan en passant par le Yémen et le Zimbabwe, jusqu'à de nombreux pays d'Europe comme l'Autriche, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Finlande, l'Allemagne, l'Irlande, le Royaume-Uni, l'Espagne et l'Italie.

L'Italie est le seul pays où un tribunal a condamné des responsables pour leur implication dans ces opérations, le Canada est le seul à avoir présenté des excuses à une victime de ce programme, tandis que trois pays - le Canada, l'Australie et le Royaume-Uni - ont versé des indemnités de compensation à des victimes.

Enquêtes limitées 

Le rapport dénonce également les Etats-Unis qui, dit-il, n'ont enquêté que «de manière limitée» sur les mauvais traitements réservés aux détenus et n'ont engagé aucunes poursuites pénales. L'administration de Barack Obama ne semble pas avoir renoncé aux détentions secrètes à court terme et refuse de publier des documents relatifs à ce programme de la CIA.

Le nouveau directeur de la CIA, John Brennan, doit être auditionné jeudi devant le Congrès pour confirmer sa nomination.