lundi, 30 juillet 2012

La Task Force antiterroriste de New York avait prévu le crash d’avions contre le World Trade Center bien avant le 11/9



Bien sûr, cela ne constitue pas une preuve, mais nous ne sommes pas non plus dans le domaine des coïncidences. En effet, les similitudes entre la trame d’un roman à succès paru en 1999 (!) et les attentats du 11 septembre 2001 ne sont pas imputables au hasard, mais au travail de préparation de Nelson DeMille, l’auteur du roman, qui était allé interroger à New York les membres du groupe de lutte anti-terroriste (appelée la Joint Terroriste Task Force, ou JTTF). De son travail de préparation, il ressort que cette Task Force semblait dès 1999 avoir des informations très précises sur la prochaine cible des terroristes (le World Trade center), leur mode opératoire, leur origine islamique, et même le numéro de l’un des vols détournés. Une préconnaissance des autorités (la JTTF était composée d’agents de plusieurs agences de renseignements, dont le FBI et la CIA) qui vient contredire une fois de plus la théorie de la "surprise" mise en avant par les autorités, et qui pose une nouvelle fois – si besoin était – la question du sérieux de l’enquête américaine sur cette journée tragique. Lisez plutôt.


Quelques secondes avant l’impact du B767 UA175 contre la Tour Sud



J’ai entendu parler des attentats contre le World Trade Center du 11/9 environ un an et demi avant les événements
Nelson DeMille, auteur de romans à succès [1]

Les membres du Groupe de travail conjoint sur le Terrorisme de la ville de New York (New York’s Joint Terrorism Task Force, ou JTTF) avaient prévu, presque deux ans avant le 11/9, que des terroristes frapperaient le World Trade Center avec des avions. Les membres du JTTF décrivent leur prophétisme à l’auteur de romans à suspense, Nelson DeMille, alors que celui-ci les interrogeait dans le cadre de ses recherches pour son roman « The Lion’s game ».

« The Lion’s Game », écrit en 1999 et publié en janvier 2000, raconte l’histoire d’un terroriste libanais sans pitié, connu sous le pseudonyme de « The Lion » (Ndt. c’est aussi le surnom de Bachar El Assad et du commandant Massoud), qui arrive aux États-Unis et est pris d’une fièvre meurtrière. Dans l’introduction de la réédition du roman en 2010, DeMille explique que lorsqu’il a interviewé les membres de la New York JTTF pendant ses recherches pour l’ouvrage, il a entendu parler à plusieurs reprises du « prochain attentat ». Presque deux ans avant le 11-Septembre, les membres du JTTF lui ont dit que « le World Trade Center serait à nouveau visé, et que l’attentat serait conduit par des pilotes kamikazes aux commandes de petits jets privés bourrés de fuel et d’explosifs, qui seraient projetés contre les tours nord et sud du Trade Center. » [2]

La Task Force avait prévu des attentats utilisant « des avions d’affaires bourrés d’explosifs »

Lors de différentes interviews, DeMille a fourni davantage de détails sur les propos des membres du JTTF
Le JTTF de New York a été créé en 1980 afin d’améliorer la coordination entre le FBI et le département de police de New York dans la lutte contre le terrorisme. [3] La Task Force, qui avait l’exclusivité des enquêtes sur le terrorisme local, débuta avec 11 enquêteurs du FBI et 11 membres du département de police de New York. Mais en 1999, le nombre de ses membres avait grimpé à plus de 140, incluant du personnel de nombreuses autres agences dont le service de police de l’autorité portuaire, l’Immigration, le Service de naturalisation et le Secret service. [4] Il comprenait également plus d’une douzaine d’officiers de la CIA. [5] La JTTF de New York était, d’après le Law enforcement Bulletin du FBI, « aux avant-postes de la guerre contre le terrorisme. » [6]

DeMille a expliqué à l’émission radio de Glenn Beck que lorsqu’il conduisait ses recherches pour « The Lion’s Game », il s’était rendu au 26 Federal Plaza, où se trouvait le New York JTTF, et il s’en rappelle en ces termes : « Dans la conversation, nous en sommes venus à parler de l’attentat de 1993 contre le World Trade Center. » DeMille avait demandé aux membres du JTTF : « Selon vous, à quoi ressemblera le prochain attentat ? Y aura-t-il un autre attentat ? » Ils répondirent que le prochain attentat terroriste aux États-Unis viserait à nouveau le World Trade Center. Ils déclarèrent : « Écoutez, cette fois ils ont raté, mais la prochaine fois, ils y arriveront. » [7]

(Ce que les membres du JTTF voulaient dire par « ils ont raté » est sans doute que les terroristes avaient échoué à faire s’écrouler les Tours Jumelles lors de l’attentat à la bombe de 1993. Après tout, la bombe utilisée par les terroristes avait été placée au bon endroit, dans le parking situé sous le WTC, et donc ils n’avaient donc pas manqué leur cible, mais les terroristes pensaient peut-être que l’explosion ferait s’écrouler l’une des tours sur l’autre, abattant ainsi les deux d’un coup. [8])

DeMille fit remarquer aux membres du JTTF : « Vous savez, ce camion piégé dans les sous-sols [lors de l’attentat de 1993] n’a pas vraiment fait beaucoup de dégâts. » Ils répondirent : « Non, non, non. [Cette fois], ils vont utiliser des jets d’affaires (Learjets) » [9] (les Learjets sont de petits avions d’affaires privés). Ils ajoutèrent qu’il y aurait « deux ou trois ou même quatre Learjets » utilisés dans l’opération. [10] « Ces avions seront pleins d’explosifs et de carburant. » Les membres du JTTF semblaient « sûrs d’eux » quant au fait que le prochain attentat terroriste contre les USA « serait mené à l’aide d’avions d’affaires remplis d’explosifs. » Les appareils devaient être pilotés par des « pilotes kamikazes » contre « chacune des deux tours » du World Trade Center. [11] Et les pilotes seraient des « gars sachant piloter, mais pas atterrir. » [12]

Les membres de la Task Force « savaient » que le World Trade Center allait être la cible du prochain attentat

Les membres du JTTF ont également déclaré qu’ils « savaient » que la cible de l’attentat « serait le World Trade Center. Ils étaient très affirmatifs à ce sujet. » DeMille demanda « pourquoi pas un autre bâtiment symbole ? Pourquoi pas l’Empire State Building ? » Les membres du JTTF répliquèrent que les terroristes chercheraient à faire « un maximum de victimes. » DeMille raconta aussi lors de l’émission radio de John Gambling que « l’Empire State Building ne contient pas autant de personnes, évidemment, que les Tours Jumelles. » DeMille demanda ensuite aux membres du JTTF, « Pourquoi pas la Statue de la Liberté ? » mais ils lui répondirent que les terroristes n’en avaient pas après les symboles ou les icônes, mais voulaient tuer le plus de gens possible. » [13]

DeMille déclara au New York Times que les membres du JTTF « étaient tous obsédés par l’attentat de 1993 contre le WTC, et étaient convaincus qu’il allait à nouveau être attaqué. » [14] Il a également expliqué au journal égyptien Al-Masry al-Youm qu’« il avait interrogé de nombreux agents du FBI, de la Joint Terrorism Task Force (JTTF) et quelques personnes de la CIA », et qu’ « ils savaient tous que le World Trade Center allait à nouveau être attaqué. » [15] De plus, DeMille a affirmé que les membres du JTTF « savaient que des Arabes s’entrainaient aux États-Unis à piloter de petits avions. » [16]

Glenn Beck commenta ainsi les propos de DeMille sur ce que les membres du JTTF lui avaient raconté : « Cela montre que [le gouvernement US] savait exactement comment les attentats du 11/9 allaient se dérouler. » DeMille répondit, « Oui, ils savaient. » [17] DeMille ajouta lors d’une autre interview que lorsque les avions frappèrent le Word Trade Center le 11 septembre 2001, il trouva effrayant de penser que [la JTTF] avait eu, sinon la préconnaissance, du moins des éléments pour prévoir ces événements. » [18]

Le roman parle de terroristes à bord d’un "Vol 175" à destination de New York

Malgré ce que les membres du JTTF lui avaient raconté, DeMille n’a pas inclus le scénario d’avions s’écrasant contre le WTC dans son roman « The Lion’s Game ». Cependant, la nouvelle commence étrangement avec le « Lion » [le terroriste – NdT] perpétrant un attentat à bord d’un « Vol 175 » se dirigeant vers New York. [19] (Le 2e avion qui a heurté le World Trade Center le 11-Septembre portait également le numéro 175, il s’agissait du vol 175 de United Airlines, un Boeing reliant Boston à Los Angeles. [20] Le « vol 175 » du roman « The Lion’s Game » est légèrement différent, c’est un Boeing 747 appartenant à « Trans-Continental Airlines » en provenance de Paris et dont la destination originale est New York. [21])

Le « Lion » mène cette attaque à bord du vol Trans-Continental Airlines 175 à l’aide de gaz toxique, tuant toutes les personnes à bord – plus de 300 personnes – sauf lui-même. (Il savait que l’appareil était programmé pour atterrir en pilote automatique à l’aéroport international JFK de New York, et donc qu’il s’y poserait tranquillement même si les pilotes étaient tués.) [22]

Est-ce une coïncidence que le roman « The Lion’s Game » inclue un attentat terroriste utilisant un avion portant le même numéro que l’un de ceux utilisés lors des événements du 11-Septembre ? Ou bien l’une des sources de DeMille – peut-être un membre de la JTTF de New York – avait-il eu vent du numéro de l’un (ou plus) des avions qui seraient détournés le 11-Septembre et a-t-il passé l’information à DeMille, qui a ensuite incorporé ce détail dans son livre ?

Le roman fait de nombreuses références au World Trade Center

DeMille a expliqué à Newsweek qu’il regrettait de ne pas avoir inclus dans son roman le scénario de terroristes projetant des avions contre le World Trade Center, car cela aurait pu servir de « sonnette d’alarme » [23]. Malgré tout, sans doute influencé par les récits des membres du JTTF, il fait très souvent référence dans son roman au World Trade Center et à l’attentat à la bombe contre la Tour Nord en 1993.

« The Lion’s Game » relate l’histoire d’Asad Khalil, aussi connu comme « Le Lion », arrivant aux USA pour se venger sauvagement des frappes américaines contre la Libye le 15 avril 1986 qui avaient été menées en représailles à l’attentat à la bombe dans une discothèque en Allemagne de l’Est où deux Américains avaient trouvé la mort. L’ex-détective du département de Police de New York, John Corey, qui travaille pour la fictive « Anti-Terrorist Task Force », similaire à la JTTF, suit à la trace Asad Khalil. [24]

À un moment donné, Khalil parcourt en taxi les rues de New York et son chauffeur lui désigne les Jours Jumelles. Les fixant du regard, Khalil dit alors « peut-être la prochaine fois. » [25] (Khalil veut sans doute dire que la prochaine fois qu’il y a un attentat contre le WTC, les tours d’effondreront.)

Dans une autre scène, DeMille décrit comment le bureau de Jack Koenig, le directeur de la Task Force antiterroriste, au 26 Federal Plazza « a été installé de façon à ce que chaque fois que Koenig regarde par la fenêtre, il puisse voir les tours du WTC, et contempler ce que certains gentlemen arabes avaient espéré [détruire] lorsqu’ils avaient amené un camion bourré d’explosifs dans le parking situé en sous-sol – c’est-à-dire l’effondrement de la Tour Sud et la mort de quelque 50 000 personnes dans la tour et au sol. » Quand Corey jette un œil par la fenêtre du bureau de Koenig et voit les Tours Jumelles, Koenig lui demande, « Elles tiennent toujours debout, n’est-ce pas ? » [26]

« The Lion’s Game » mentionne aussi la menace posée par les terroristes islamistes. Dans la première partie du récit, l’agent du FBI Kate Mayfield dit à Corey que « des groupes islamiques… sont potentiellement dangereux pour la sécurité nationale. » Elle explique que « le pays tout entier est paranoïaque [et a peur] d’un attentat terroriste utilisant l’arme biologique, nucléaire ou chimique, » et donc, dit-elle, l’action qui compte vraiment dans cette Task Force antiterroriste, se passe dans « la section pour le Moyen-Orient. » [27]

Une recension de l’ouvrage, publiée en mars 2000, mentionne même le fait que le complot décrit dans « The Lion’s Game » ressemble étrangement aux récentes histoires de complots terroristes fomentés par Ben Laden. » [28]

Le récit de l’auteur montre que les attentats du 11/9 étaient prévus

Ce que les membres de la Joint Terrorism Task Force de New York ont raconté à Nelson DeMille au sujet du mode opératoire du prochain attentat contre les États-Unis, met à mal toutes les affirmations selon lesquelles les attentats du 11/9 furent une surprise et étaient impossible à prévoir. Suite aux prophéties faites par le JTTF, DeMille écrivit : « Lorsque les événements se produisirent le matin du 11 septembre 2001, je n’ai pas vraiment été surpris. Tout comme les gens qui ont passé des années à enquêter sur les menaces terroristes dans ce pays. » [29] DeMille fait remarquer que les membres de la JTTF « étaient proches de la vérité » sur la nature des attentats. « Ils connaissaient la cible et la méthode utilisée, » a-t-il déclaré. [30]

Cette affaire, toutefois, demande un examen plus approfondi pour déterminer s’il y a d’autres significations à l’apparente préconnaissance des attentats par la JTTF. Nous devons savoir, par exemple, pourquoi en 1999 ou au tout début 2000, les membres de la JTTF étaient tellement persuadés que le Word Trade Center serait la cible du prochain attentat terroriste aux USA. Avaient-ils reçu des informations dans ce sens ? Et si c’est le cas, d’où ces informations provenaient-elles ? Que savaient-ils d’autre à propos du prochain attentat aux USA ? Et quelles actions ont-ils menées après avoir reçu ces informations ?

De plus, nous devons savoir si d’autres agences gouvernementales s’attendaient à un attentat du genre de celui prédit par le JTTF. Cette Task Force, après tout, incluait des membres de plusieurs agences, dont le FBI, la CIA, le département de Police de New York et le Secret Service. Et donc, les membres du JTTF ont-ils communiqué les préoccupations de la Task Force aux agences pour lesquelles ils travaillaient ?

Il est nécessaire de répondre à de telles questions si l’on veut comprendre ce qui s’est réellement produit le 11 septembre 2001, et trouver qui est responsable des attentats terroristes survenus ce jour-là.

Notes de l’auteur :
[1] "Nelson DeMille: ‘The Lion.’" Morning Blend, Fox 4, June 21, 2010.
[2] Nelson DeMille, The Lion’s Game. 2000. Reprint, New York: Grand Central Publishing, 2010, p. xii.
[3] U.S. Congress. Eleanor Hill. Joint Inquiry Staff. Joint Inquiry Staff Statement: Hearing on the Intelligence Community’s Response to Past Terrorist Attacks Against the United States From February 1993 to September 2001. 107th Cong., 2nd Sess., October 8, 2002; 9/11 Commission, The 9/11 Commission Report: Final Report of the National Commission on Terrorist Attacks Upon the United States. New York: W. W. Norton & Company, 2004, p. 81.
[4] Robert A. Martin, "The Joint Terrorism Task Force: A Concept That Works." FBI Law Enforcement Bulletin, March 1999; Heather Mac Donald, "Keeping New York Safe From Terrorists." City Journal, Autumn 2001.
[5] Dana Priest, "CIA is Expanding Domestic Operations." Washington Post, October 23, 2002.
[6] Robert A. Martin, "The Joint Terrorism Task Force."
[7] "Nelson DeMille: The Lion." Glenn Beck Program, Premiere Radio Networks, June 9, 2010; "Glenn Beck: ‘Fiction Becomes Reality’ With Nelson DeMille and Vince Flynn." Author Confidential, Sirius XM Book Radio, June 16, 2010.
[8] U.S. Congress. Senate. Committee on the Judiciary. Foreign Terrorists in America: Five Years After the World Trade Center. 105th Cong., 2nd Sess., February 24, 1998; "FBI 100: First Strike: Global Terror in America." Federal Bureau of Investigation, February 26, 2008.
[9] "Glenn Beck: ‘Fiction Becomes Reality’ With Nelson DeMille and Vince Flynn."
[10] "Nelson DeMille, Author: The Lion." John Gambling Show, WOR, June 14, 2010.
[11] "Nelson DeMille: The Lion"; "Glenn Beck: ‘Fiction Becomes Reality’ With Nelson DeMille and Vince Flynn."
[12] Sherryl Connelly, "9/11 Remembered: For These Authors, September 11 Was Transformative Event." New York Daily News, September 11, 2011.
[13] "Nelson DeMille, Author: The Lion."
[14] Ginia Bellafante, "Dark Plots Conceived in a Tudor Setting." New York Times, November 9, 2006.
[15] Soha ElSaman, "Q&A With Nelson DeMille: All the Lion Games." Al-Masry Al-Youm, April 27, 2010.
[16] Arlene Getz, "Vietnam Redux." Newsweek, January 23, 2002.
[17] "Nelson DeMille: The Lion."
[18] Mark Simone. 77 WABC Radio, May 22, 2010.
[19] Sherryl Connelly, "DeMille’s Latest a Compelling Contest of a Cop vs. Master Terrorist." New York Daily News, January 16, 2000; Joe Meyers, "An Oldie but Goodie From a Master Entertainer."Connecticut Post, August 3, 2010.
[20] 9/11 Commission, The 9/11 Commission Report, pp. 7-8.
[21] Sherryl Connelly, "DeMille’s Latest a Compelling Contest of a Cop vs. Master Terrorist"; "Picks and Pans Review: The Lion’s Game." People, February 14, 2000.
[22] Sherryl Connelly, "DeMille’s Latest a Compelling Contest of a Cop vs. Master Terrorist"; Joe Meyers, "An Oldie but Goodie From a Master Entertainer."
[23] Arlene Getz, "Vietnam Redux."
[24] Linda Richards, "January Interview: Nelson DeMille." January Magazine, July 7, 2000; Joe Meyers, "An Oldie but Goodie From a Master Entertainer."
[25] Nelson DeMille, The Lion’s Game, p. 203.
[26] Ibid., pp. 219-220.
[27] Ibid., pp. 14-15.
[28] Elaine Budd, "More Thrills From Westlake, DeMille, Perry." Hartford Courant, March 26, 2000.
[29] Nelson DeMille, The Lion’s Game, p. xii.
[30] "Glenn Beck: ‘Fiction Becomes Reality’ With Nelson DeMille and Vince Flynn."