"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

25 janvier 2012

La curieuse affaire du vol 23 d’United Airlines le 11 septembre 2001

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Y avait-il d’autres détournements d’avion prévus le 11-Septembre par les commanditaires des attentats ? A en lire cet article paru aux USA suite au 10e anniversaire des événements, on serait tenté de le croire. Sinon, comment expliquer – entre autres – que le président du Comité des affaires étrangères du Sénat d’alors (et actuel vice-président de Barack Obama), Joe Biden, se soit autant mélangé les pinceaux à 24h d’intervalle à propos de ce vol 23 d’United Airlines resté bloqué sur l’aéroport JFK de New York le 11 septembre au matin suite à un retard au décollage ? Biden parla d’abord sur ABC d’une "2e équipe" de pirates de l’air à bord de ce vol, avant de se rétracter 24h plus tard sur CNN. Voici le détail de l’étrange affaire du vol UA23 le 11 septembre 2001.


L’appareil du vol 23 d’United Airlines



Peut-être cela n’a-t-il aucune importance. Le rapport final de la Commission sur le 11-Septembre n’en fait pas mention. [Pourtant], le FBI a enquêté sur cette affaire et interrogé beaucoup de gens à de nombreuses reprises. Les responsables du FBI n’ont jamais contesté la version rapportée par les médias, ni rien publié du fruit de ses investigations.

Peut-être n’était-ce pas assez important pour mériter une réaction ou un commentaire… mais peut-être que si.

Le10e anniversaire des attentats a donné l’occasion à ABC de parler longuement et pour la 1ère fois de ce mystère [Voir la vidéo de l'émission (non sous-titrée)]

Le Vol 23 d’United Airlines

Le vol 23 d’United Airlines était programmé pour un décollage de l’aéroport JFK de New York le 11 septembre 2001 à 8h30, à destination de Los Angeles. Aux commandes se trouvaient Tom Manello et le premier officier Carol Timmons.

Le vol 23 fut retardé, mais finalement placé dans la file d’attente pour le décollage derrière d’autres avions.

Pendant ce temps, le premier et le second avion détournés frappaient les tours WTC1 et 2, respectivement à 8h46 et 9h03.

Apparemment les pilotes du vol 23 ont entendu un autre pilote, qui partageait la même fréquence, dire qu’un avion s’était crashé contre le World Trade Center. Après une longue attente, le pilote Tom Mannello a arrêté les moteurs et a dit aux passagers qu’un problème mécanique les retenait au sol.

Il ne fallut pas longtemps avant que le vol 23 ne reçoive sa première alerte d’un employé de la sécurité de United Airlines.

Le dispatcher d’United Airlines, Ed Ballinger, a commencé à relayer des messages aux avions dont il avait la charge – 16 vols au total, dont les vols 23 et 93 d’United Airlines – dès qu’il a eu connaissance de ce qui était en train de se passer.

L’audition de Ballinger par la Commission d’enquête sur le 11-Septembre, archivé sous le nom de “Memorandum for the Record #040200009”, indique qu’il a envoyé une série d’alertes aux avions qu’il contrôlait (Voir document PDF ici). Le détail horaire ci-dessous concerne les alertes transmises au vol 23 d’United Airlines par Ballinger :

•9h12 : message reçu stipulant qu’un processus d’“arrêt au sol de tous les avions” était en cours.
•9h20 : “Prenez garde à toute intrusion dans le cockpit… deux avions à New York on frappé le World Trade Center”.
•9h24 : “Prenez garde à toute intrusion dans le cockpit… deux avions à New York on frappé le World Trade Center”.
•9h32 : “Alerte maximale de sécurité. Sécurisez le cockpit.”

Les pilotes du vol UA23 ont tenu compte de l’alerte de Ballinger. Le premier officier Carol Timmons a commencé à barricader la porte à l’aide des bagages présents dans le cockpit, tandis que le pilote Tom Manello s’est saisi de la barre de métal prévue en cas de crash comme arme défensive.

Le capitaine Manello a relayé les avertissements à l’équipage, interdisant d’ouvrir la porte du cockpit : « Aucune exception ! » Peu après, le cockpit a reçu un appel d’une hôtesse déclarant qu’elle pensait qu’il était “inhabituel” d’avoir un groupe de quatre Arabes en première classe. Les avertissements de Ballinger au vol 23 ne contenaient , bien sûr, aucune spécificité quant à l’apparence physique de ceux qui avaient détourné des avions.

La fumée du World Trade Center était visible depuis les avions. L’aéroport JFK a été déclaré en état d’urgence et fermé tandis que le vol 23 était septième dans la file en attente de décollage. Les pilotes, ayant déjà reçu les alertes de Ballinger et l’appel de l’hôtesse, ont annoncé qu’ils retournaient à la porte d’embarquement.

Alors que l’avion retournait à la porte, les personnes de type « moyen oriental » se sont levées pour discuter entre elles, refusant de retourner s’asseoir à leurs sièges comme l’ordonnait le personnel navigant. Une dispute s’engagea entre ces hommes et les membres du personnel, immédiatement suivie d’un appel à la sécurité de l’aéroport. Il est rapporté que les individus ont insisté sur le fait qu’ils “devaient prendre cet avion”.

Les fonctionnaires en charge de la sécurité partirent apparemment à la rencontre de l’avion revenu à sa porte d’embarquement, mais se montrèrent incapables d’appréhender les hommes en question. L’aéroport JFK était en train d’être évacué et peut-être y régnait-il un certain chaos : le flux des passagers à gérer avait semble-t-il permis aux hommes de s’échapper sans qu’il leur soit posé de questions. Ces individus n’ont jamais été revus, d’après ce que nous savons.

Ed Ballinger s’était rendu compte de ce qui se tramait et avait commencé à prendre des précautions bien avant que les fonctionnaires fédéraux n’aient totalement compris ce qui se passait le 11-Septembre. Grâce à ses actions, on estime qu’il a sauvé le vol UA23 d’un détournement potentiel et il a aussi su alerter le vol 93 avant que ses pilotes ne perdent le contrôle de l’avion.

Un bagage non réclamé

Bien que les suspects soient parvenus à s’échapper dans la foule lors de l’évacuation chaotique de JFK, ils avaient peut-être laissé quelque chose derrière eux.

Les fonctionnaires de police ont cherché à savoir si des bagages du vol 23 n’avaient pas été réclamés. Certains sacs contenaient apparemment “Un Coran, des instructions écrites d’al-Qaïda et de faux documents d’identité”, et selon certains articles de presse et le livre “Touching History” (pages 102 à 105) de Lynn Collins, également des cutters.

La chaîne de télévision History Channel a diffusé une émission en 2005 qui confirme cet inventaire. L’émission portait sur les contrôleurs aériens le 11-Septembre, il était intitulé “Grounded on 9/11 (Interdit de vol le 11-Septembre)” et contenait la séquence suivante [Voir vidéo]

Le FBI a obtenu le dossier de la liste des passagers (Passenger Manifest)(*)du vol 23, partant du principe que les passagers en question avaient acheté leur billet à l’avance.(**)

Les jours suivants

L’événement qui suit mérite d’être mentionné, bien que les responsables, y compris ceux du FBI, nient qu’il ait un quelconque lien avec le vol 23 ou les attentats du 11-Septembre.

Le 13 septembre [2001], alors que le trafic aérien était en train de reprendre pour la première fois depuis le 11, un groupe d’hommes a été arrêté à JFK.

Quatre hommes ont apparemment été retenus au départ d’un vol pour Los Angeles en possession de billets pour le mardi 11 septembre. Les comptes-rendus diffèrent légèrement sur certaines spécificités, suggérant des erreurs, mais comme dirait Peter Jennings “quelque chose était en train de se passer”. Voir vidéos ici, ici, ici et ici.

Un autre reportage de Fox News daté du 14 septembre 2001 apporte plus de détails :

“Jeudi, selon une source de l’aviation civile, un homme a présenté au comptoir un ticket pour le vol de mardi à destination de Los Angeles, mais a dit aux employés qu’il avait changé d’avis et souhaitait maintenant se rendre à San José.

Le personnel au comptoir de vente a eu quelques soupçons, mais a changé le billet et alerté un superviseur qui, à son tour, l’a notifié aux autorités aéroportuaires. Les autorités ont suivi l’homme jusqu’à la porte d’embarquement, où il a passé les contrôles de sécurité, y compris les détecteurs de métaux. Il a ensuite été stoppé par la sécurité à la porte d’embarquement.


Juste après, trois autres hommes sont arrivés à JFK et ont embarqué à bord du vol 133 d’American Airlines pour Los Angeles. Quelques minutes plus tard, les fonctionnaires de police sont secrètement montés à bord de l’avion dans un chariot repas, d’après la source de l’aviation civile.Les fonctionnaires, armes à la main, ont ensuite sorti les trois hommes de l’avion. ”

Les rapports sur cet incident survenu à JFK ont été nombreux, mais peut-être pas reliés au vol 23 du 11-Septembre.

Les responsables fédéraux ont, semble-t-il, relâché tous les suspects, et n’ont trouvé aucun lien avec le 11-Septembre ou le vol 23.


C’est là qu’interviennent Joe Biden et son revirement en 24 heures, suite à une interview maladroite donnée à Peter Jennings.

Le 13 septembre, Joe Biden fait référence aux individus arrêtés comme à une “seconde équipe” lors d’une interview avec Peter Jennings. Biden sous-entend qu’il ne peut pas “révéler certaines choses” qu’il sait à propos des arrestations, bien que lors de cette interview son sujet principal soit un accroissement du budget des agences de renseignement. [Voir vidéo ici]

Le lendemain même, le 14 septembre, le magazine USA Today a rapporté une histoire citant les propos de Joe Biden interviewé par CNN :

“Le Sénateur Joseph Biden, titulaire d’une chaire au Comité des Relations étrangères du Sénat, a déclaré sur CNN que les arrestations étaient basées sur des suspicions de liens entre ces hommes et les attaques de mardi contre le World Trade Center et le Pentagone.

Un homme a été arrêté, car il s’est montré agressif, tandis que les autres ont été détenus et interrogés puis relâchés, selon le chef de cabinet du Sénateur, Alan Hoffman.

Biden a expliqué qu’il existait des raisons à ces suspicions. On pensait à l’origine qu’un homme voyageait avec un faux brevet de pilote. Biden a déclaré que l’homme était un pilote, mais qu’il avait aussi en sa possession des papiers d’identité de son frère.

Biden a dit : “Il se trouve que son frère avait vécu dans un complexe immobilier à Boston où certaines de ces personnes s’étaient effectivement rendues”.

“D’autres se rendaient à une conférence de la compagnie Boeing, soit parce qu’ils travaillaient pour le fabricant d’avions, soit parce qu’ils y étaient invités”, a ajouté Biden.

“Les gens à l’aéroport ont pensé : ‘Ne serait-ce pas une fausse équipe de vol ?’, mais ce ne l’était pas.”

Cette réponse claire et limpide contraste fortement avec son commentaire de la veille face à Peter Jennings. Il semblerait que finalement, selon ses déclarations sur CNN, il ne disposait pas d’informations crédibles pouvant étayer ses propos tenus durant l’interview de Jennings, et cela a soulevé des questions sur les véritables motivations de Joe Biden à agir ainsi.

À l’inverse, si Joe Biden était en train de fournir à CNN une « version officielle » sur l’affaire qu’il avait lui-même révélée la veille chez Peter Jennings, quelle en était la raison?

Pas de réponse

Dix ans après les attentats du 11-Septembre, et après le récent assassinat d’Oussama Ben Laden, il y a tant de choses que nous ignorons. Où pourraient nous mener ces informations ?
•aux noms des passagers de première classe et de tous les passagers du vol 23 ?
•à l’ensemble des personnes ayant réservé leur place sur le vol 23 ?
•à tout ce qui a été trouvé dans les bagages du vol 23 d’ United ?
•aux résultats de l’enquête du F.B.I. sur le vol 23 de United?
•aux images de vidéosurveillance de l’aéroport recueillies et archivées pour l’identification des suspects ?
•à des noms de passagers du vol 23 figurant sur d’autres listes de vigilance du FBI ?
•aux raisons pour lesquelles le rapport final de la commission d’enquête ne mentionne pas le vol 23 ?
•aux détails sur les arrestations du 13 septembre à l’aéroport JFK ?
•au détail des noms des personnes arrêtées le 13 à JFK ?
•à ce que les personnes arrêtées le 13 à JFK avaient en leur possession ?
•à ce que Joe Biden savait réellement de ce qui s’était passé le 13 à JFK ?

Carol Timmons récemment promue

Dans les informations plus récentes, on découvre que le premier officier du vol 23 d’United Airlines, Carol Timmons, a été la première femme promue Général de la Garde nationale aérienne de l’État du Delaware. [Voir vidéo]

Cette promotion est intervenue juste après les dernières discussions concernant le vol 23 d’United Airlines. Beaucoup n’ont pas d’avis particulier sur le vol 23, certains pensent qu’il s’agit d’un mythe ou de mauvaises informations à l’époque, d’autres enfin l’appellent une légende urbaine.

Un article d’actualité paru dans la version en ligne du journal du Delaware (Delaware Journal) a été mentionné par Jan Ting du NewsWorks pour expliquer pourquoi il avait changé d’avis et pensait maintenant que l’incident du vol 23 d’United Airlines le 11-Septembre s’était effectivement produit. Le lien vers l’article original diffusé par Ting dans son récit ne fonctionne plus.

Par chance, l’archiviste de MilitaryHeritage.org a sauvegardé l’histoire intégrale, accompagné d’un bref portrait de Carol Timmons, car il apparaît que l’original a été supprimé des archives de la version en ligne du journal du Delaware. L’article cité par Ting a été écrit par Jeff Montgomery et Adam Taylor et intitulé ““Delaware Air National Guard piloting historic course (La Garde nationale du Delaware change le cours de l’Histoire)” et publié le 15 mai 2011.

Brian Romanoff