mercredi, 6 juillet 2011

Les Talibans auraient proposé de livrer Ben Laden à la DGSE en 2001

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Une information qui aurait pu passer inaperçue…. Au détour d’un dépêche AFP du 3 juillet qui reprend des informations Reuters publiées par L’Express le 20 mai et par le blog secret-defense le 16 juin…. nous apprenons une information stupéfiante. Selon Jean-Christophe Notin, auteur de "La guerre de l’ombre, des Français en Afghanistan (1979 – 2011)", les Taliban auraient proposé à la DGSE de leur livrer Ben Laden peu après le 11 septembre 2001. Vous avez bien lu ! Ben Laden, l’ennemi public n°1 désigné dès le 11 septembre 2001, aurait pu être arrêté par la DGSE peu de temps après les attentats ! Toujours selon la dépêche AFP, le processus aurait été arrêté par l’invasion de l’Afghanistan par les USA le 7 octobre 2001.
Rappelons que ben Laden aurait pu être remis par les talibans aux USA à plusieurs reprises avant 2001: En 1999, selon l’homme d’affaire Kabir Mohabbat, puis le 16 septembre à Qetta selon le même homme d’affaire, et surtout suite à la proposition talibane du 21 septembre 2001 en direct sur CNN, lorsque le porte parole du gouvernement taliban a officiellement proposé aux USA de leur remettre Ben Laden contre la preuve de sa culpabilité. Il est plausible d’envisager qu’à chacune de ces négociations, les taliban aient envisagé des modalités de remise par l’intermédiaire d’un pays tiers.

Et cet épisode sans suite pose une nouvelle fois la question de la duplicité de l’administration Bush. En face, Colin Powell avait déclaré posséder "la preuve accablante de sa culpabilité", et que cette preuve serait divulguée au peuple américain. Mais Ari Fleisher, porte-parole de G. W. Bush, s’était empressé de reporter cette divulgation sine die. 10 ans plus tard, elle a servi à Tony Blair pour justifier son engagement aux côtés de G. W. Bush… mais le monde entier, familles de victimes afghanes en tête, l’attends toujours, et même Noam Chomsky, qui pourtant doute du contenu "explosif" du dossier rassemblé par le "mouvement international pour la vérité sur le 11-Septembre", ose par contre affirmer que ces preuves n’existent pas.

On ne peut qu’espérer que l’auteur possède les éléments prouvant une telle information. Le sérieux de son ouvrage semble indiquer que oui. Dans ce cas les médias, si friands de scoops et autres scandales, devraient enquêter sur cette information détonnante. La conclusion de l’article "Les bombardements américains sur l’Afghanistan, le 7 octobre 2001, éviteront à la DGSE de répondre à cette proposition embarrassante" élude un peu facilement une information majeure qui aurait profondément changé le cours de l’histoire.





Maître d’oeuvre de la libération d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier en Afghanistan, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a bénéficié de sa "connaissance assez exceptionnelle" du pays, selon Jean-Christophe Notin, auteur d’un livre sur le sujet.

Dans "La guerre de l’ombre des Français en Afghanistan (1979 – 2011)", publié chez Fayard (929 pages), Jean-Christophe Notin livre une série de révélations sur l’action des services de renseignements dans ce pays ravagé par une guerre civile interminable.

Infiltration de camps jihadistes en Afghanistan après les attentats de 1995 en France; formation discrète en France de Moudjahidine du commandant Massoud et livraison de missiles antichar Milan dans les années 1980, puis entre 1995 et 2001; liens secrets avec les services de renseignements talibans: il raconte, dans un entretien à l’AFP, les "coups" de la DGSE.

Pendant près de deux ans, cet ancien ingénieur des Mines de 40 ans, auteur de plusieurs ouvrages sur la Seconde Guerre mondiale, explique avoir rencontré 250 hommes politiques, hauts fonctionnaires, militaires et une cinquantaine d’anciens responsables et d’agents de la "Boîte" (surnom de la DGSE donné par ses membres).

Jean-Christophe Notin n’a pas été du tout étonné de la réussite de la DGSE dans la libération des journalistes de France 3. "La DGSE a tissé depuis des années des relations avec toutes les ethnies et dans tous les camps et du coup, elle possède une connaissance assez exceptionnelle de l’Afghanistan", assure-t-il.

Après l’attentat du RER Saint-Michel à Paris (8 morts le 25 juillet 1995), la DGSE remonte les filières des jihadistes vers les camps afghans, via le Pakistan, puis parvient à y introduire des taupes. Lors d’une réunion CIA/DGSE consacrée à un camp afghan où sont testés des armes chimiques (poisons), un agent américain montre une photo satellite à haute résolution du camp mais son homologue de la DGSE sort des photos prises dans le camp même.

Dans les années 1980, en pleine occupation soviétique, la DGSE exfiltre des dizaines d’Afghans vers ses centres en France où ils suivront des entraînements au sabotage, à l’acquisition du renseignement ou à l’utilisation des armes lourdes.

A la même époque, la DGSE va livrer aux forces de Massoud quelques missiles antichar Milan qui permettent d’atteindre un blindé jusqu’à 2.000 mètres. Même opération quelques années plus tard toujours à Massoud.

La DGSE parvient même à nouer des liens avec les services secrets talibans qui vont jusqu’à proposer, selon Jean-Christophe Notin, après le 11 septembre 2001, de livrer Ben Laden à la France. Les bombardements américains sur l’Afghanistan, le 7 octobre 2001, éviteront à la DGSE de répondre à cette proposition embarrassante.



Le président des USA, Ronald Reagan rencontrant les Taliban en 1985.


AFP