"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

mardi, 22 février 2011

Les agents de la CIA qui ont commis des erreurs après le 11-Septembre ont été promus, au lieu d’être sanctionnés

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Une enquête a révélé que certains agents de la CIA qui avaient commis des erreurs ayant entrainé l’emprisonnement à tort, voire la mort de certaines personnes sont aujourd’hui des officiers supérieurs conseillers de l’administration Obama.

Des agents [du Renseignement] qui avaient bâclé certaines affaires dans les années qui ont suivi les attaques terroristes du 11-Septembre ont reçu des sanctions mineures, voire aucune sanction.

L’ Associated Press a déterminé qu’au lieu de cela, ils ont été promus au rang d’officiers supérieurs en charge de la guerre contre le terrorisme.




En 2003 un citoyen allemand, Khaled el-Masri a été détenu et interrogé dans une prison secrète en Afghanistan durant cinq mois après avoir été capturé par les forces de sécurité.

Mais il y avait eu erreur sur la personne. L’affaire avait plongé l’Agence dans un des pires embarras diplomatiques que les États-Unis aient connus dans leur lutte contre les terroristes.

Pourtant, malgré les recommandations, l’analyste au coeur de cette bavure n’a jamais été puni.

Au contraire, il occupe maintenant un des postes les plus importants au centre de contre-terrorisme de la CIA et participe aux efforts du président Obama pour démanteler al-Qaïda.

Bien que M. Obama ait tenté de mettre fin au programme d’interrogatoires de la CIA, le résultat après une décennie de responsabilités "floues" est que de nombreux agents auteurs de bavures sont à présent des cadres supérieurs en charge de mener ses guerres d’espionnage.

Alors qu’il terminait l’an dernier son mandat en tant que premier représentant du parti républicain au Comité du Renseignement du Sénat, l’ancien sénateur Kit Bond, a déclaré :
‘Une personne qui a fait une énorme erreur ne devrait pas [continuer à] travailler pour l’Agence.’
‘Nous avons vu de nombreux cas où absolument personne n’a été tenu pour responsable.’
En 2002, un terroriste présumé mourut de froid dans une prison de la CIA en Afghanistan. L’ inspecteur général de la CIA attribua la faute à "Matt", qui était l’espion dirigeant la prison. (Associated Press a accepté de ne diffuser que les prénoms des agents afin de protéger leur identité).





[L' inspecteur général] exprima également certaines préoccupations à propos de "Paul", l’officier supérieur dans ce pays, selon d’anciens responsables.

Mais la CIA décida de ne sanctionner ni "Matt", ni "Paul" et ce dernier fut [même] promu au grade supérieur, en charge des opérations au Moyen-Orient.

"Matt" occupa des postes au Bahrain, en Afghanistan et au Pakistan.

Dans une autre affaire de maltraitance de prisonniers, un agent dénommé "Albert" chargé des interrogatoires avait, dans une prison secrète en Pologne, pointé une arme déchargée et une perceuse sans mèche sur la tête d’un homme soupçonné d’être un terroriste.

L’inspecteur général avait qualifié cela de ‘fausse exécution’, une pratique interdite par la loi aux États-Unis.

‘Albert’ a été réprimandé, mais a conservé son poste jusqu’à sa retraite. Son chef, ‘Mike’, qui dirigeait la prison, est parti à la retraite au cours de l’enquête.

L’enquête a révélé que le processus de responsabilisation à la CIA était imprévisible et incohérent, une affirmation relayée par certains au sein même de l’Agence.

[L'enquête] a indiqué que le système disciplinaire mettait plusieurs années à rendre ses décisions, appliquait des sanctions de manière incohérente, et était considéré à l’intérieur [de la CIA] comme sujet au favoritisme.

George Little, un des porte-parole de la CIA affirme pourtant que le système de responsabilisation est sévère, et qu’il agit en profondeur.

Il déclare que "toute allégation selon laquelle l’Agence ne prendrait pas au sérieux ses obligations d’examiner les fautes de ses employés – y compris celles d’officiers supérieurs – est totalement erronée".

Le directeur de la CIA Leon Panetta est peut-être en train de durcir sa position sur les questions de discipline. Un fonctionnaire des renseignements des États-Unis affirme que depuis sa nomination en 2009, près de 100 employés ont fait l’objet d’une enquête disciplinaire.

Parmi eux, plus d’une douzaine étaient des officiers supérieurs. Plusieurs ont été licenciés ou ont démissionné.

La CIA encourage les agents à prendre des risques. Comme l’ancien Directeur de la CIA Michael Hayden l’a expliqué au Congrès, les agents doivent opérer tout près des lignes jusqu’à en avoir de "la craie sous les crampons".

Les officiels ont affirmé qu’après que la Commission d’enquête sur le 11-Septembre eut condamné la CIA pour son "aversion pour le risque", les dirigeants ont fait très attention à ne pas décourager toute prise de risque.

Dans son livre Beyond Repair [au-delà de toute possibilité de réparation - ndlt], le très expérimenté officier de la CIA Charles Faddis explique que contrairement à ce qui se passe à la CIA, dans l’armée US les officiers sont tenus pour responsables de leurs fautes et de celles de leurs subordonnés.

C. Faddis explique qu’"un tel système n’est pas en vigueur à la CIA, et que les effets sont terriblement destructeurs à long terme."

Daily Mail Reporter