lundi, 1 novembre 2010

L'imam radical Al-Aulaqi a été invité au Pentagone après le 11-Septembre

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L'imam radical américano-yéménite Anwar al-Aulaqi, placé par Washington sur sa liste des cibles à assassiner en raison de ses liens présumés avec Al-Qaïda, a été invité à déjeuner au Pentagone dans les mois qui ont suivi le 11-Septembre, selon un responsable américain.

L'imam a été invité au Pentagone dans le cadre des efforts du bureau du secrétaire à la Défense de l'époque, Donald Rumsfeld, pour établir un contact avec la communauté musulmane modérée après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, a indiqué mercredi à l'AFP le colonel Dave Lapan, porte-parole de l'armée.

"D'après ce que l'on en sait, il s'est agi d'une rencontre informelle menée par une partie du personnel du ministère à la suite du 11-Septembre afin d'acquérir une meilleure connaissance de l'islam", a ajouté le colonel Lapan.

Né dans l'Etat du Nouveau-Mexique (sud-est des Etats-Unis) en 1971, Anwar al-Aulaqi vit actuellement au Yémen. Il est connu pour avoir entretenu une correspondance avec le commandant américain Nidal Hassan accusé de la fusillade qui a fait 13 morts en novembre 2009 à la base de Fort Hood (Texas).

Il a également été mis en cause dans l'attentat raté commis par le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab dans un avion américain reliant Detroit à Amsterdam le jour de Noël 2009.

En avril, l'administration américaine a donné son feu vert à l'élimination de l'imam, après que les services de renseignement eurent affirmé qu'il ne se contentait plus de soutenir le terrorisme mais y participait directement.

Mi-juillet, elle a annoncé le gel de ses avoirs et interdit à tout ressortissant américain d'entrer en contact avec lui.

Les informations concernant ce déjeuner auquel ont participé des responsables de l'armée et du ministère de la Défense avaient été dans un premier temps annoncées par la chaîne de télévision Fox News, qui citait des sources et des documents du FBI.

Selon ces éléments, une employée du ministère de la Défense avait dit au FBI en 2009 qu'elle avait aidé à l'organisation du déjeuner au Pentagone après avoir entendu l'imam prononcer un discours à Alexandria, dans la banlieue de Washington.

L'employée "se souvient d'avoir été impressionnée par l'imam. Il avait condamné Al-Qaïda et les attentats terroristes", selon un document du FBI posté sur internet par Fox News.

La police fédérale avait commencé à s'intéresser à l'imam après les attentats du 11-Septembre, revendiqués par le chef d'Al-Qaïda Oussama ben Laden, en raison de ses liens supposés avec certains des leurs auteurs. Mais les responsables du Pentagone qui ont approuvé l'organisation du déjeuner avec l'imam n'étaient apparemment pas au courant de l'intérêt porté par le FBI à celui-ci.

AFP