"Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'Opinion" Paul Valéry

jeudi, 7 octobre 2010

Exclusivité Fox News : Des témoins mentionnés dans le rapport du Département de la Défense parlent d’opération de camouflage pour le 11-Setpembre

.
Un document acquis par Fox News et ses interviews de plusieurs témoins soulèvent de nouvelles questions sur la possible opération de camouflage d’un programme du Renseignement militaire antérieur au 11/9 connu sous le nom d’Able Danger.

Au moins cinq témoins interrogés par l’Inspecteur général du Département de la Défense ont affirmé à Fox News que leurs déclarations avaient été déformées par les enquêteurs dans le rapport final rendu par l’Inspecteur général – ou que des informations clés avaient été omises, selon lesquelles le pirate de l’air Mohammed Atta avait été identifié un an avant le 11-Septembre.

Mohammed Atta passe pour avoir été le meneur des pirates du 11-Septembre qui ont précipité le vol 11 d’American Airlines contre le World Trade Center. Des affirmations sur la date exacte à laquelle le Département de la Défense avait commencé à s’intéresser à Mohammed Atta remontent à 2005, mais ces affirmations n’ont jamais figuré dans le rapport de l’Inspecteur général. Ce rapport a été finalisé en 2006, et à ce jour, est accessible seulement dans une version où les noms de pratiquement tous les témoins ont été occultés.


Fox News, dans le cadre d’une enquête en cours, a obtenu en exclusivité une copie « propre » du rapport et a pu contacter la plupart des témoins principaux, y compris une inspectrice du Renseignement en charge de la collecte de données, qui a demandé à garder l’anonymat.

Le témoin a expliqué à Fox News qu’elle avait été interrogée à deux reprises par l’enquêteur du Département de la Défense. Elle a déclaré qu’elle avait signalé à cet enquêteur que selon toutes probabilités, la base de données du Département incluait la photo d’Atta, qu’elle connaissait sous un autre nom, Mohammed el-Sayed.

« Quand nous en sommes venus à parler de la photo, il (l’enquêteur) était plutôt hostile, » a-t-elle déclaré à Fox News. Elle nous a dit que l’enquêteur semblait ne pas vouloir entendre cela. « Je veux dire, il m’a reposé la même question encore et encore, jusqu’à ce que,… vous savez… même question, même réponse ! »

Le rapport de l’Inspecteur général ne reflétait pas ses déclarations aux inspecteurs, a-t-elle affirmé, ajoutant qu’elle ne pensait pas que cela soit dû à une simple incompréhension.

Le lieutenant-colonel Tony Shaffer, un agent opérationnel impliqué dans Able Danger, a déclaré qu’il avait été interrogé trois fois par les enquêteurs de la Défense. Il est convaincu qu’il s’agissait d’une tentative pour user les témoins et les intimider. Deux autres témoins, un consultant militaire et un officier militaire à la retraite ont déclaré avoir subi le même traitement. Ces deux témoins ont accepté de parler à Fox News sous couvert d’anonymat par crainte de représailles. Un cinquième témoin a expliqué à Fox News que leurs déclarations aux enquêteurs avaient tout simplement été ignorées.




« Mon dernier entretien fut particulièrement hostile, » a expliqué Shaffer à Fox News le mois dernier avant que le Département de la Défense lui ordonne de ne pas parler de certaines parties de son livre « Operation Dark Heart », qui incluait un chapitre sur le projet Able Danger de récolte de données (« data mining »).

Quand nous lui avons demandé pourquoi le rapport de l’Inspecteur général avait renié de façon si totale ses déclarations et celles des autres témoins – déclarations selon lesquelles le projet de récolte de données avait identifié Atta comme une menace pour les USA avant le 11-Septembre – Shaffer a expliqué que le Département de la Défense avait peur de devoir porter le chapeau pour le 11/9.

Cela étant, il n’a pas été clairement établi comment - ou si - les informations sur Atta auraient effectivement pu être utilisées pour prévenir les attaques du 11-Septembre.

« Il ne s’agissait pas seulement d’Atta, mais du cadre global, » a indiqué Shaffer. « Les faits sont les suivants : nous avions avant le 11/9 une opération du Département de la Défense qui avait pour objectif de prendre des mesures contre al-Qaida dans le monde. »

Plus spécifiquement, l’Agence militaire de Renseignement, la DIA (« Defense Intelligence Agency ») a exigé que l’on efface toute référence à une réunion entre Shaffer et le directeur exécutif de la Commission du 11/9, Philip Zelikow. Selon Shaffer, au cours de cette réunion qui s’est déroulée en Afghanistan, la Commission a été informée sur Able Danger et sur l’identification d’Atta avant les attaques du 11-Septembre. Shaffer, qui était alors en mission-secrète, a dit qu’il y avait eu à ce moment-là un « silence stupéfait » lors de cette réunion.

Aucune mention n’est faite de cette réunion dans le rapport final de la Commission d’enquête sur le 11/9.

« Le Dr Philip Zelikow s’est approché de moi dans un coin de la pièce et m’a dit : "ce que vous avez expliqué aujourd’hui est de la plus haute importance. Je veux que vous me recontactiez dès votre retour de mission en Afghanistan" », a déclaré Shaffer.

Une fois revenu aux USA, Shaffer dit qu’il a contacté la Commission, mais, sans qu’aucune explication ne lui soit fournie, celle-ci n’était plus intéressée.

Le mois dernier, le Département de la Défense a pris une initiative tout à fait inhabituelle consistant à acheter et à détruire 9.500 exemplaires du livre de Shaffer, « Operation Dark Heart », pour un coût de 47.000 dollars aux frais du contribuable.

Cliquez ici pour visionner la lettre de l’Agence militaire de Renseignement (DIA) s’opposant à certaines parties du livre. [non traduite - NdT]

Lorsqu’on demanda au colonel Dave Lapan, délégué de l’assistant du Ministère de la Défense, si le Département de la Défense surveillait le contenu du rapport de l’Inspecteur général, il expliqua à Fox News le 6 octobre que « l’enquête a montré qu’avant le 11-Septembre, les membres de l’opération Able Danger n’avaient pas identifié Mohammed Atta ni aucun des autres pirates de l’air du 11/9. Même si quatre témoins affirment avoir vu un graphique représentant Mohammed Atta et peut-être d’autres pirates ou « cellules » impliquées dans le 11-Septembre, l’enquête a établi que leurs souvenirs n’étaient pas exacts. »

En ce qui concerne les représailles contre Shaffer qui a dit avoir perdu son "habilitation sécurité" suite à ses déclarations sur Able Danger, Lapan a dit : « L’enquête a montré que des officiers de la DIA n’avaient pas sanctionné le lieutenant-colonel Shaffer, que ce soit du côté civil ou du côté militaire, à la suite de ses déclarations à propos d’Able Danger, ou dans une affaire distincte, pour celles faites à l’Inspecteur général de la DIA concernant la soi-disant conduite inappropriée d’officiers de la DIA qui n’était pas liée à Able Danger. »

Par ailleurs, Fox News s’est procuré la lettre qui conteste les affirmations du Département de la Défense. En octobre 2006, le républicain Christophe Shays qui présidait alors la sous-commission sur la Sécurité nationale, les Menaces urgentes et les Relations internationales, avait écrit au supérieur de Shaffer, le général Elbert Perkins, à propos de la suppression de son habilitation…

« Après l’enquête concernant le retrait punitif de l’habilitation sécurité, il apparait que la DIA a utilisé ce système d’habilitation sécurité de façon impropre contre le lieutenant-colonel Shaffer et n’a pas suivi les recommandations du DoD (Departement of Defense) concernant ces habilitations, » a écrit M. Shays, représentant républicain du Connecticut.

Cliquez ici pour lire la lettre de Shays à Perkins.

Dans ce cas, la lettre indiquait que les raisons invoquées par la DIA pour justifier l’annulation de l’habilitation sécurité de Shaffer et qui incluaient « la supposée mauvaise utilisation d’un téléphone portable pour un montant de 67 dollars et la soi-disant erreur concernant un Traveller-Check de 180 dollars… ne constituaient pas des violations du Code général de justice militaire ("Uniformed Code of Military Justice", ou UCMJ) – qu’il n’y avait pas matière à sanction et que cela aurait pu être traité au niveau administratif…Cette décision a compromis la promotion du lieutenant Shaffer, et sa bonne appréciation dans l’armée de réserve.»

Catherine Herridge