samedi, 18 septembre 2010

La fabrication du terrorisme synthétique en Occident

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Elias Davidson


Dans des pays où les autorités font face à des groupes d’insurrection armés, les autorités tendent à combattre ces groupes en fabriquant du terrorisme synthétique "chaud". En d’autres mots, les services spéciaux de la police ou de l’armée infiltrent des groupuscules militants et les incitent à commettre de vraies atrocités pour délégitimer leur cause aux yeux de la population. Parfois, les services spéciaux créent eux-mêmes ces “groupes extrémistes” ou employent simplement des unités spécialement brutales de l’armée pour exécuter les massacres, accompagnés de communiqués bidon, pour attribuer ces atrocités à la mouvance des opposants. Ces méthodes ont été observées dans divers pays, où les services spéciaux jouent un rôle important, ou même déterminant, dans la gestion de l’Etat et de l’économie, dont l’Algérie, le Pakistan, l’Iraq, la Turquie, les Philippines et la Russie. La meilleure documentation sur ces méthodes provient d’ex-officiers des services spéciaux de l’Algérie, qui ont fui le pays.

La situation spéciale qui sévit dans les pays mentionnés plus haut, n’existe pas, ou existe seulement à un degré bien moins extrême, dans les pays occidentaux, dits démocratiques. Les attentats du 11 septembre et ceux de Madrid et de Londres, ont suffi aux dirigeants des pays occidentaux pour imposer à leurs populations le mythe du terrorisme islamiste. Ces grands attentats ont déjà servi à mettre sur pied l’infrastructure liberticide, l’infrastructure sécuritaire et imposer l’idéologie anti-terroriste à la classe politique. Il s’agit maintement pour les gouvernements occidentaux de simplement maintenir cette idéologie à un état latent et qui peut à chaque moment être instrumentalisée à des fins de politique intérieure ou extérieure, si nécessaire.

A cette fin, les services policiers des Etats occidentaux ont reçu pour tâche de fabriquer des complots terroristes qui ne sont pas menés à terme, mais qui sont “découverts à temps”. Une démarche standard semble s’être imposée: la police introduit dans un milieu de musulmans désoeuvrés ou parmi des musulmans avec un casier judiciaire, un ou plusieurs agents provocateurs, dont le but est d’inciter leurs victimes à “monter un coup”. Les victimes de ces agents sont généralement des jeunes gens impressionables, des personnes qui ont besoin d’argent, des individus avec un quotient intellectuel insuffisant ou des personnes qu’on peut faire chanter. Selon les cas, les agents essayent de convaincre leurs victimes, parfois en en appellant à leurs convictions religieuses ou politiques, qu’il faut faire “quelque chose” contre le "grand ennemi" et que l’agent aurait les connections nécessaires pour obtenir des explosifs ou d’autres ressources.

Dans certains cas, les victimes sont invitées par l’agent à partir dans des camps d’entraînement au Pakistan, dont le but principal serait d’associer la victime par la notoriété de cet endroit à une “organisation terroriste” liée à Osama bin Laden. Souvent les agents provocateurs portent sur eux des enregistreurs qui captent toutes les conversations et permettent aux services de surveiller le mûrissement du zèle terroriste des victimes. Lorsque les services sentent qu’ils possèdent assez d’indices pour inculper ces malheureux, la police est appelée à organiser avec les roulements de tambours une razzia largement médiatisée. L’affaire passe alors au système judiciaire. Ces complots “découverts à temps” (et parfois des attentats “manqués”) et les procédures judiciaires qui les suivent, fournissent aux médias un flux continu de nouvelles sur la menace terroriste islamiste, qui maintient ainsi à petit feu le mythe fondateur du 21ème siècle: les attentats du 11 septembre 2001.

La démarche que j’ai décrite n’est pas le fruit de l’imagination. Elle est documentée en détail dans des actes judiciaires d’outre-mer. Bien qu’on ne puisse, sans plus, affirmer que cette démarche est utilisée pour tous les complots “terroristes” découverts dans le monde occidental, il semble – sur la base d’une analyse de complots “découverts” au Danemark, en Norvège, en Allemagne, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Italie, au Canada et aux Etats-Unis – qu’il s’agit désormais d’une méthode générale, conçue et approuvée par les experts de la guerre psychologique des gouvernements occidendaux pour maintenir le mythe du terrorisme islamiste dans les esprits des gens. Ce mythe devrait aujourd’hui remplacer profitablement le mythe de la menace communiste, qui pendant 45 ans, a maintenu la cohésion politique de l’alliance atlantique, la solidarité des pays industriels capitalistes et le maintien d’un secteur militaire avancé.

Elias Davidson