jeudi, 8 juillet 2010

Les Medias d’Information en guerre

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Paru sur aae911truth.org le mardi 22 juin 2010, et repris par 911blogger le samedi 3 juillet 2010
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Note du soumissionnaire : alors que www.AE911truth.org développe beaucoup d’efforts pour promouvoir sa mission parmi et dans les medias grand public, cet article avance quelques raisons qui expliquent pourquoi ces efforts se sont avérés décourageants et à peu près vains.
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Pour beaucoup d’américains, l’une des meilleures raisons d’accepter l’histoire officielle sur les événements choquants du 11 septembre 2001, est leur foi bien ancrée dans la presse libre. On nous apprend dès le plus jeune âge que la charte des droits de la Constitution américaine nous garantit beaucoup de libertés très estimées, parmi lesquelles la liberté de la presse.

S’il y avait vraiment de sérieux problèmes avec les explications officielles sur le 11 septembre, beaucoup d’américains se disent que cette information ne resterait pas longtemps ignorée dans notre société saturée de medias. Des réseaux d’information majeurs comme CNN, Time, et le New-York Times enquêteraient presque à coup sûr et rapporteraient presqu’aussitôt tout problème sérieux. Presque tous les réseaux d’information américains grand public ont endossé la version gouvernementale des événements, et ont posé peu de questions. En conséquence, beaucoup d’américains en ont conclu qu’il est sain de prendre l’histoire officielle pour argent comptant.

Il y a cependant une sérieuse faille dans cette façon de raisonner : Les Etats-Unis sont en guerre et, depuis presqu’un siècle, le gouvernement américain, les principaux medias et les plus grands journalistes se sont alliés à l’armée au cours des guerres et d’autres urgences nationales, pour façonner l’opinion publique en contrôlant soigneusement ce qui est dit des événements mondiaux aux américains. En particulier depuis la première guerre mondiale, chaque fois que le gouvernement américain a choisi d’emmener la nation à la guerre, ou de s’occuper de quelques autres urgences nationales, il a tranquillement convoqué les grands journalistes et les patrons des medias pour surmonter le sentiment anti-guerre, promouvoir une hostilité populaire envers un ennemi désigné, ou simplement calmer les anxiétés publiques. Ceci pourrait bien surprendre beaucoup de lecteurs, aussi est-il souhaitable de passer en revue quelques exemples historiques d’une telle collusion entre gouvernement et medias.

Parce que la duplicité est une technique fondamentale de guerre, les organisations militaires ont cherché à contrôler l’information qui touche aux opérations de guerre pratiquement depuis les débuts de l’humanité. Le maitre chinois Sun Tzu l’a très bien exprimé dans son ouvrage classique « L’Art de la Guerre » : « Toute la guerre est basée sur la duplicité », a-t-il écrit. « C’est pourquoi, lorsque vous êtes fort, feignez d’être faible ; lorsque vous êtes actif, feignez d’être inactif. Lorsque vous êtes proche, faites en sorte de paraitre très loin ; quand vous êtes très loin, que vous êtes proche. Offrez à l’ennemi un appât pour le leurrer ; feignez le désordre, et détruisez-le. » 1

Depuis les temps modernes, la duplicité est toujours passée par deux étapes : la censure, suivie par la propagande. La censure prive le public et l’ennemi d’informations précises sur ce qui se trame. Une fois que ce vide d’information a été créé, la propagande est injectée dans ce vide conceptuel, créant par là même une fausse image des événements mais parfaitement crédible. A l’âge des medias de masse, cela ne pouvait pas se passer sans l’aide des principaux réseaux d’information, des journalistes, et d’autres organes de communication. C’est pourquoi les gouvernements ont recours presque toujours à ces organisations pour les aider dans cette tâche complexe.

L’Empire britannique, qui autrefois dirigeait la planète, fut pendant plusieurs siècles parmi les pratiquants les plus doués de cet art obscur. A la différence de l’Amérique révolutionnaire, l’Empire britannique n’a jamais épousé l’idée d’une presse libre, puisque le contrôle centralisé des nouvelles et de l’information était essentiel à ses activités de duplicité généralisée. D’après Philip Knightley, auteur de « La première victime : de la Crimée au Viêt-Nam, le correspondant de guerre comme héro, propagandiste, et faiseur de mythes », l’Angleterre était tellement habile dans l’usage de la propagande pendant la première guerre mondiale qu’elle devint une source d’inspiration majeure des efforts ultérieurs du ministre de la propagande nazi Joseph Goebbels 2. La pierre angulaire des plans de duplicité britanniques était toujours une relation étroite mais clandestine avec les éditeurs de journaux et d’autres organisations de medias.
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Une guerre pour mettre un terme à toutes les guerres
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Avant la Première Guerre Mondiale, quand les aspirations impériales américaines étaient encore relativement modestes, de la même façon, l’armée américaine utilisait une duplicité peu sophistiquée. Cependant, avec l’arrivée des deux guerres mondiales, cette situation changea radicalement, essentiellement grâce à l’assistance des services de renseignement anglais qui formèrent leurs homologues américains, en grande partie en dehors de tout désir de se protéger.

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Dans les premières années de la Première Guerre Mondiale, l’Angleterre était coincée dans un statu quo guerrier avec l’Allemagne dont elle ne pouvait pas s’extraire sans l’aide des Etats-Unis. Il y avait cependant un problème : les Américains étaient fondamentalement opposés à leur implication dans la guerre. Afin de modifier l’opinion publique américaine, et amener les Etats-Unis à se ranger à ses côtés, l’Angleterre redirigea sa machine de propagande en direction de l’Amérique du Nord. Elle pressa aussi le gouvernement américain, de créer son propre appareil de censure et de propagande, ce qu’il fit rapidement avec l’aide des organisations de medias américains et des journalistes. Cependant, le gouvernement américain dut d’abord réprimer sévèrement la presse pacifiste et la dissidence publique en usant des lois récemment votées contre l’espionnage et la sédition (Espionage and Sedition Acts) 3. Cela mit pratiquement fin à la liberté d’expression (1).




Une fois qu’il fut certain que les américains ne pouvaient obtenir que peu d’informations précises sur le bain de sang insensé qui s’étendait outre Atlantique, le Président Woodrow Wilson, en grande partie sous l’influence du journaliste et expert en relations publiques Walter Lippmann, se décida vite à créer une machine de propagande énorme, similaire à celle de la Grande Bretagne. Wilson, dans ce qui pourrait être considéré comme un coup de maître politique, recruta le journaliste progressiste et remarqué George Creel (photo ci-après) pour construire et gérer la nouvelle bureaucratie propagandiste américaine. Cela donna à l’organisation une crédibilité instantanée auprès du public, et aida Creel à recruter plus de journalistes chevronnés pour le projet.




On donna à la nouvelle institution un nom innocent, « le Comité américain d’Information Publique » (US Committee on Public Information, CPI) (2). Creel chercha du personnel pour sa nouvelle équipe de propagande parmi les experts de toute l’industrie américaine des medias. Pratiquement tous les moyens de communication disponibles furent mis très tôt à contribution pour vendre la guerre au public américain : cela incluait les journaux, affiches, caricatures, films (3), émissions de radio, articles académiques, et même les discours publics 4. (4)

Rétrospectivement, les efforts du CPI, vus avec le recul de plusieurs dizaines d’années, ont conduit le spécialiste en communication et auteur Stewart Ewen à conclure « malgré les dénégations constantes de Creel, la « maison de la vérité » était plantée non pas sur des fondations factuelles, mais dans un marais d’émotions. » 5


Après Pearl Harbour

Avec l’arrivée de la seconde guerre mondiale, l’utilisation de la duplicité par l’Amérique se développa et se perfectionna considérablement, à nouveau grâce à l’aide des renseignements britanniques. La Seconde Guerre Mondiale fut une guerre totale, et la ligne de partage déjà ténue entre journalisme et duplicité disparut quasiment. Les journalistes américains se battaient désormais dans la même équipe que les généraux.


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La censure et la propagande étaient à cette époque des opérations tellement importantes qu’elles ne pouvaient plus être gérées par une organisation unique telle que le CPI. La censure des medias était prise en charge par le bureau américain de la censure (US. Office of Censorship), dirigé par Byron Price, ancien directeur de rédaction de l’Associated Press, à qui on donna plus tard le titre de directeur de la censure. La propagande était devenue une affaire beaucoup plus scientifique que durant la Première Guerre Mondiale. La propagande à l’étranger fut au départ créée et diffusée par une nouvelle super agence appelée le Bureau du Coordinateur de l’Information (Office of Coordinator of Information COI), sous la direction de William « Wild Bill » Donovan. Le COI tira ses effectifs des journaux, d’organisations de radiodiffusion, et des studios de Hollywood qui appréciaient à l’époque de combattre pour « la bonne guerre », avec des mots et des images soigneusement mis en scène (et souvent ouvertement racistes) 6.

La propagande intérieure, chargée de conforter la solidarité du peuple américain derrière l’effort de guerre, fut gérée par une organisation appelée le bureau des faits et chiffres (Office of Facts and Figures OFF), rebaptisé plus tard bureau de l’information de guerre (Office of War Information OWI). L’ensemble du travail de promotion de la guerre à l‘intérieur fut confié à Elmer Davis, un auteur, annonceur à la radio CBS, analyste de l’information, et ancien reporter au New-York Times. L’OFF-OWI était dirigée par le poète Archibald Macleash, ancien directeur de la bibliothèque du Congrès américain. 7 - 8

Le COI de Donovan devint plus tard le bureau des services stratégiques (Office of Strategic Services, OSS) qui, après la guerre, devint l’agence centrale du renseignement (Central Intelligence Agency, CIA). (5)

Le travail de censure des nouvelles et de création d’une propagande de guerre requérait les services de plusieurs milliers de journalistes, rédacteurs, et dirigeants des médias des deux côtés de l’Atlantique. Cet effort massif a été le sujet de nombreux ouvrages et d’articles érudits, et ne pourrait être correctement décrit ici. Il suffira de dire cependant que le public américain n’a jamais eu droit à un compte rendu précis de la Seconde Guerre Mondiale au moment où elle était menée, et qu’il y a beaucoup de pièces à conviction qui montrent qu’ils n’ont toujours pas eu droit à l’histoire complète à ce jour 9.




Ce que les journalistes américains ont produit était pour l’essentiel un compte rendu de la guerre largement fictif et soigneusement rédigé. Charles Lynch (ndlr. photo ci-contre, journaliste canadien) du bureau des informations Reuters le dira plus tard de cette façon : « Nous étions un bras armé de la propagande de nos gouvernements. Au début, les censeurs firent respecter cela, mais à la fin nous étions nos propres censeurs. Nous étions des pom pom girls. Je suppose qu’à l’époque, il n’y avait pas d’autre solution. C’était la guerre totale. Mais, pour l’amour de Dieu, ne glorifions pas notre rôle. Ce n’était pas du bon journalisme. Ce n’était pas du journalisme du tout. 10 »

L’Amérique émergea de la seconde Guerre Mondiale sous un jour très différent de celui de ses débuts. Le nouveau « complexe militaro-industriel », comme l’avais nommé le président Eisenhower dans un fameux discours en 1961, avait pris des proportions démesurées, et une influence politique effrayante. Aux yeux du Président Eisenhower, il menaçait nos valeurs traditionnelles de gouvernement ouvert et responsable. Les liens étroits entre les medias d’information et l’armée non seulement persistèrent, mais continuèrent de croitre pendant la Guerre Froide.

En 1947, le Congrès adopta la loi controversée de sécurité nationale (National Security Act) qui créait une puissante nouvelle organisation sur les cendres de l’ancienne OSS : L’Agence Centrale du Renseignement (Central Intelligence Agency, CIA). Bien que le nom de l’agence donne l’impression qu’elle collecte tout au plus de l’information, la CIA fut dès l’origine en charge de créer et disséminer de la propagande. Pour faire court, l’Agence se mit à nouer des alliances secrètes avec des centaines de journalistes, écrivains, dirigeants des medias, organes de presse, éditeurs de livres, et d’autres organisations influentes, avec le but avoué de combattre le communisme à tout prix (bien qu’elle jouât aussi sur beaucoup d’autres tableaux aussi louches). Parmi ces gens et ces organisations il y avait certaines des personnalités les plus connues des medias, et la plupart des organes de presse.


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Frank Wisner (photo ci-contre) était l’homme de la Cia en charge de ce nouvel effort de propagande, et il se vanta une fois qu’il pouvait faire jouer la musique qu’il voulait aux medias du monde entier. C’est d’ailleurs pourquoi la machine de propagande généralisée de la CIA en vint à être surnommée « Le Wurlitzer de Wisner » 11. En interne, le programme de la CIA était connu sous le nom de « Oiseau moqueur » (Mockingbird) 12. Le public américain, bien sûr, fut laissé complètement dans le flou parce que, s’il l’avait appris, il aurait été moins enclin à croire ceux qui étaient en train de lui mentir.

En 1975, le comité restreint pour l’étude des opérations gouvernementales en rapport avec les opérations de renseignement (Select Committee to Study Governmental Operations with Respect to Intelligence Operations), révéla beaucoup de liens secrets de la CIA avec les medias, mais pas tous. Des détails dérangeants continuent d’émerger. En 2001 par exemple, le New-York Times rapporta que la CIA avait maintenu une relation étroite avec les principaux services de diffusion de nouvelles, de façon a pouvoir placer des histoires de propagande directement parmi les nouvelles en circulation. Cela voulait dire que les éditeurs de journaux et d’autres personnels des médias acceptaient les histoires fictives sans poser de questions 13. Il faut ici noter que, si c’était possible, alors la couverture par la censure des services de diffusion était aussi du domaine du possible.


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De telles relations de couverture des medias ont-elles cessé suite à leur révélation ? La vérité est que nous ne pouvons jamais en être certains, particulièrement compte tenu de l’histoire de la CIA connue pour ses activités confidentielles et souvent sans loi. Une chose est connue cependant : la CIA et l’armée américaine n’ont pas exactement disparues, ni leur besoin d’influencer les contenus des medias pour former l’opinion du public américain.

L’Amérique, autrefois république démocratique, s’est petit à petit transformée en un empire avec plus de 725 bases militaires extérieures réparties autour du monde pour protéger ses intérêts commerciaux tentaculaires 14. Elle a déclaré avec audace son droit à envahir n’importe quelle nation, à n’importe quel moment. Elle est à présent engagée dans plusieurs guerres majeures simultanées, sans conclusion claire à portée de vue.

Comme dit le vieux dicton, pendant la guerre, la première victime c’est toujours la vérité. Donc, si vous croyez encore que les medias d’information américains vont exposer les mensonges du gouvernement, vous faites une sérieuse erreur. Depuis presque 100 ans, ce sont eux à qui le gouvernement a demandé de les raconter.

Il y a eu une période durant les années de Georges Bush, où la Radio Publique Nationale (National Public Radio) et le consortium de diffusion publique (Corporation for Public Broadcasting) étaient administrés par d’anciens experts en propagande du gouvernement. Certains d’entre eux y travaillent encore. Juste une coïncidence ? Quel que soit le cas, de tels liens ne devraient pas inspirer confiance dans l’indépendance et la précision des informations américaines.

Une pensée finale : la marque d’une campagne efficace de propagande est la cohérence du message au travers de toutes les sources d’information. Le but de ce jeu est de créer ce que les théoriciens de la propagande appellent « un pseudo-environnement ». C’est-à-dire que le public ne doit pas être exposé à une quelconque source contradictoire d’information, en particulier en provenance des sources de nouvelles auxquelles ils en sont venus à faire confiance. C’est important par exemple, qu’à la fois les médias de droite et de gauche soient porteurs du même message officiel. Pour que le public croie des mensonges officiels, tous les médias doivent jouer sur un même ton, de The Nation (Ndlr. socialiste) à FoxTV (Ndlr. conservateur).

Il est donc particulièrement « troublant » que les médias d’information américains aient été aussi cohérents dans leur soutien à l’histoire officielle du 11 septembre, malgré la contestation très répandue de milliers de techniciens, experts, universitaires, témoins, membres officiels du gouvernement, officiers de l’armée, analystes du renseignement, et de membres informés du grand public.

Si tout cela vous conduit à vous poser des questions sur ce qui peut bien se passer derrière les pages imprimées, les haut-parleurs de radio, et les écrans TV de l’Amérique… eh bien, il y a de quoi.

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Terry Hansen

diplômé d’un master en science du journalisme de l’Université du Minnesota depuis 1984, et a ensuite travaillé comme entrepreneur de presse, reporter, rédacteur et auteur



Pour en savoir plus :


Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les agissements en duplicité du gouvernement, ils pourront trouver utiles les livres suivants disponibles en ligne (en anglais) :
Munitions of the Mind: A history of propaganda from the ancient world to the present day by Philip M. Taylor
The First Casualty: The War Correspondent as Hero, Propagandist and Myth Maker by Philip Knightly.
PR! A Social History of Spin by Stuart Ewen
Secrecy by Daniel Patrick Moynihan
Secrets: The CIA’s War at Home by Angus Mackenzie
The Mighty Wurlitzer: How the CIA played America by Hugh Wilford
Secret Science: Federal Control of American Science and Technology by Herbert N. Foerstel
Deception: The invisible war between the KGB and the CIA by Edward Jay Epstein
Second Front: Censorship and Propaganda in the Gulf War by John R. Macarthur
The Media Monopoly by Ben H. Bagdikian
Towers of Deception: The media cover-up of 9/11 by Barrie Zwicker (Ndlr. Bientôt disponible en français aux Editions Demi-Lune à Paris).
Bodyguard of Lies by Anthony Cave Brown
The Cultural Cold War: The CIA and the World of Arts and Letters by Frances Stonor Saunders
Deception in World War II by Charles Cruickshank

Notes de l’auteur:

1 Griffith, Samuel B., Sun Tzu: The Art of War; London: Oxford University Press, 1971, p. 66.
2 Knightly, Philip, The First Casualty: From Crimea to Vietnam: The War Correspondent as Hero, Propagandist, and Myth Maker, New York and London: Harcourt Brace Jovanovich, 1975, p. 82
3 Moynihan, Daniel Patrick, Secrecy, New Haven & London: Yale University Press, 1998, pp. 96-106.
4 Ewen, Stewart, PR! A Social History of Spin, New York: HarperCollins, 1996, pp. 111-115.
5 Ewen, p. 125.
6 Soley, Lawrence C., Radio Warfare: OSS and CIA Subversive Propaganda, New York: Praeger, 1989, pp. 48-60.
7 Knightly, p. 275.
8 Soley, p. 56.
9 Stinnett, Robert B., Day of Deceit: The Truth about FDR and Pearl Harbor, New York: The Free Press, 2000.
10 Knightly, p. 333.
11 Loory, Stuart H., “The CIA’s use of the press: A ‘mighty Wurlitzer’,” Columbia Journalism Review, September/October 1974. http://en.wikipedia.org/wiki/Operation_Mockingbird
13 Weiner, Tim. CIA sought to plant news on Cuba in ‘61 New York Times, March 24, 2001.
14 Johnson, Chalmers, The Sorrows of Empire: Militarism, Secrecy, and the End of the Republic, New York: Metropolitan Books, 2004.



Notes :


(1) photo: le naufrage du paquebot britannique RMS Lusitania attaqué par un U-Boot propulsa les Etats-Unis dans la première guerre mondiale 2 ans plus tard, lorsque l’Allemagne déclencha le blocus maritime total de l’Atlantique. Les lois contre l’espionnage et la sédition suivirent tout de suite après ce naufrage, comme le Patriot Act après les attentats et avant la guerre d’Afghanistan. Aujourd’hui encore se pose la question de déterminer si les allemands eurent connaissance du contenu militaire de la cargaison gràce à leurs services d’espionnage, ou si ils bénéficièrent d’une complaisance interne de l’appareil de guerre britannique, pour laquelle plaident de nombreux indices comme pour le 11 septembre.

(2) Ndlr. Masquer des réunions majeures de stratégie géopolitique sous des noms de commissions anodines ou des titres ronflants et creux est une pratique diplomatique courante destinée à filtrer les initiés et préserver l’anonymat des tractations de ces groupes –vous avez dit complot ? la nuance est dans le jugement de la postérité, dont ces groupes n’ont que faire- On en trouve une bonne et croustillante illustration dans le (bon) petit film sorti récemment In The Loop… qui montre comment le gouvernement britannique de Tony Blair s’est appliqué à préparer une certaine guerre contre l’Irak, en jurant le contraire dans la presse, et comment américains et anglais entrèrent en compétition pour gérer et contrôler les informations qui filtraient de leurs discussions afin de ne pas apparaitre comme des agresseurs.

(3) Ndlr. Ainsi Charlie Chaplin, Douglas Fairbanks, Mary Pickford vantèrent les bons du trésor destinés à financer la fabrication des armements nécessaires aux nouvelles troupes américaines, le tout bénévolement. 18,7 Md USD en « liberty bonds » furent ainsi récoltés en 2 années d’engagement dans la guerre !

(4) Ndlr. le plus remarquable dans cette histoire, est peut-être que cette gigantesque campagne d’enrôlement de tout un peuple dans la guerre… ne coûta pas un cent au gouvernement américain. Creel prenait soin de faire payer l’entrée à tous les discours qu’il organisait. Il vendait des quantités impressionnantes de « merchandising », et développa le « sponsoring », le tout pour soutenir l’effort de guerre naissant. Il rapporta même des sommes collossales au trésor américain au travers des Liberty Bonds, et, comble du luxe à notre époque où les affaires pullulent et font ressembler nos gouvernements, banques et entreprises à des nids de cancrelats, il n’en profita même pas pour s’enrichir personnellement.

(5) Ndlr. Toutes les structures du BPI, y compris les anciens bureaux publics d’information à l’étranger de George Creel furent rattachés à l’OSS et constituèrent le réseau d’agences international des débuts de l’OSS puis de la CIA.