Les gens devraient avoir honte de ne pas rechercher la vérité concernant le 11/9 ! Egger Ph.

mercredi, 12 novembre 2008

Les Grenadiers suisses


LES GRENADIERS, UNE TROUPE PAS COMME LES AUTRES



HISTOIRE

Dans l'histoire militaire suisse, la dénomination de "grenadier" relève d'une antique tradition.Avant le XIXème siècle déjà, les contingents cantonaux au service de la Confédération comprenaient des grenadiers. Dans plusieurs cantons aujourd'hui encore leur souvenir est perpétué grâce à l'existence de "nobles contingents de grenadiers" équipés et armés à l'ancienne. Les grenadiers, tels que notre armée les connaît actuellement, existent en fait depuis 1943.

Ils constituent l'élément de choc de l'infanterie aussi bien pour la défense que pour l'attaque. Depuis leur création, de nombreux principes de leur instruction rigoureuse sont demeurés valables, mais ils ont été adaptés sans cesse aux exigences du combat moderne.

Les débuts (1940 – 1942)

Au début de la période du "service actif" de la 2ème guerre mondiale (1939 – 1945), le niveau de l'instruction des formations d'infanterie ne satisfait plus aux exigences d'un combat moderne.Sous l'impulsion du capitaine instructeur Matthias Brunner, alors commandant d'une compagnie de fusiliers, une nouvelle technique de combat est mise au point et entraînée dans les écoles de tir à Walenstadt : le "combat rapproché".Cette instruction est plus rigoureuse et plus poussée que celle des fantassins, et le recrutement des futurs grenadiers se fait sur la base du volontariat.En 1940, alors que l'Europe est en guerre, le capitaine Brunner présente pour la première fois à la presse suisse et étrangère une démonstration de combat rapproché lors d'une visite de l'école de tir de Walenstadt.Puis en 1942, lors d'une démonstration pour le Général Guisan et les attachés militaires à la Schwägalp, les premiers volontaires de la compagnie des "pionniers d'infanterie" laissent une forte impression sur les visiteurs.

La naissance des grenadiers (1943)

Après la démonstration de tir à la Schwägalp, le Général Guisan, convaincu de la nécessité de disposer d'unités de choc particulièrement entraînées au combat rapproché, décide d'incorporer jusqu'à la fin de 1943 une telle compagnie dans chacun des 37 régiments d'infanterie, des 6 régiments des troupes légères ainsi qu'à la forteresse de Sargans.La dénomination de "grenadiers" remplace alors celle de "pionniers".L'année 1943 marque donc la naissance des grenadiers.Durant cette même année 1943, sous le commandement des régiments concernés, les cours de cadres et les cours d'introduction permettent de constituer les nouvelles unités. Ces cours de troupe ont lieu au Sand/Berne et à Thoune.En 1943 également, la première école de recrues des grenadiers a lieu à Locarno et à Solduno, stationnée dans des bâtiments de la vieille ville ainsi que dans une école.Une partie des cadres loge chez l'habitant.Jusqu'à la fin de la mobilisation de guerre en 1945 la durée des écoles est de 5 moisDès leur création et jusqu'à fin 1945, les écoles de grenadiers sont subordonnées à l'office fédéral des troupes du génie.




Missions et moyens (1943)

Dans les grandes lignes, les missions, les moyens et l'articulation sont à l'origine les suivants:

MISSIONS DES GRENADIERS

Défense anti-chars
Destruction des véhicules de combat
Combat à l'intérieur des localités
Combat autour des bunkers et des points d'appui
Actions de guérilla
Coups de main

MOYENS DE LA COMPAGNIE

Effectif : 154 (Inf) / 149 (Trp légères)
111 (106) Mousquetons 31 / 32 pistolets-mitrailleurs / 4 fusils-mitrailleurs / 4 tubes anti-chars (Tankbüchsen) / 8 lance-flammes / grenades à main 43
1 véhicule / 11 camions / 5 motos

ARTICULATION DE LA COMPAGNIE

1 section de commandement
4 sections de grenadiers




Losone (1951 - 1973)

Entre 1943 et 1951, les premières écoles de grenadiers dans des installations provisoires à Locarno et à Solduno ne permettent pas une instruction optimale.Le projet d'une installation moderne à Losone fait son chemin.Dès 1946, les écoles de grenadiers jusqu'ici subordonnées à l'office fédéral des troupes du génie, passent sous le commandement de l'infanterie.A Losone, la commune ayant mis des terrains à disposition malgré l'opposition des milieux proches du tourisme, le projet de construire une nouvelle caserne aboutit à l'inauguration d'une place d'armes moderne en 1951.Mais l'emplacement de Losone au cœur d'une région touristique impose bientôt aux commandants d'écoles successifs d'organiser les dislocations de tir dans le val di Serdena.

La région d'Isone se révèle rapidement très propice aux exercices de tirs de combat ainsi qu'à l'engagement des explosifs, et le combat de localité est également entraîné à Mendrisio où la commune a mis de vieux bâtiments à disposition.Pour éviter de trop nombreux transports entre Losone et ces emplacements de tir décentralisés, la troupe loge sur place dans des installations improvisées.


Principales nouveautés (1950 & 1960)

Durant cette période, le fusil d'assaut 57 devient l'arme du combattant individuel, et le mousqueton à lunettes ainsi que le pont 58 en métal sont introduits dans les unités.Selon la révision de l'OEMT 57 , la compagnie dispose de 4 sections de grenadiers, une pour chacun des 3 bataillons de fusiliers et une au niveau du régiment (laquelle ne subsistera toutefois que durant 10 ans).Dès 1968, pour répondre aux exigences d'une instruction spécifique pour le combat et le déplacement en terrain difficile, les unités de grenadiers de montagne sont créées. On fait dès lors la distinction, selon le langage approprié, entre "grenadiers de montagne" et "grenadiers de plaine".

Dès 1970, l'instruction de base des grenadiers-parachutistes, bien que subordonnés aux troupes d'aviation, a lieu cependant dans le cadre de l'école des grenadiers.En 1971, les compagnies de grenadiers motorisés sont créées.Durant cette période, les grenadiers reçoivent de nombreux visiteurs de haut rang au nombre desquels les attachés militaires étrangers, le général américain Westmoreland, le chef de l'Etat-major italien, le chef de l'instruction finlandais et le Conseiller fédéral Celio, alors chef du Département militaire fédéral.En bref, entre 1966 et 1971, on compte 34 visites.



Isone (dès 1973)

Le Conseil fédéral accorde un crédit de construction de 30 millions en 1968 en vue de créer une nouvelle place d'armes à Isone.Dès 1973, tandis que Losone accueille les écoles sanitaires moins bruyantes, Isone devient le centre d'instruction des grenadiers.Les conditions de travail y sont plus favorables et le niveau d'instruction s'en trouve amélioré.La "guérilla", instruite dès 1943, est reprise et adaptée sous la forme de "guerre de chasse".Introduit dès 1974, le tube roquette complète l'équipement anti-chars des grenadiers : 12 tubes (puis 18) en plaine, et 6 (puis 18) en montagne.Dès 1981, selon le nouveau concept d'engagement de l'armée, une compagnie de canonniers lance-mines lourds est subordonnée à l'école.Durant ces années, des visiteurs de haut rang d'Italie, de Roumanie, de Grande-Bretagne, de France, d'Autriche, de Suède, de Chine, d'Allemagne, ainsi que des autorités politiques et militaires de Suisse assistent aux démonstrations des grenadiers à Isone.Durant l'engagement, les grenadiers se déplacent à pied ou à bord de véhicules spéciaux, en montagne parfois en hélicoptères.Armes anti-chars, grenades, explosifs, mines, et lance-flammes sont leurs principaux moyens. Guerre de chasse, infiltration, coups de main, combat rapproché, et franchissements constituent leur technique de combat.

Isone (1980 - 1990)

En mai 1982, lors d'un service œcuménique, une chapelle des grenadiers installée dans un ancien "rustico" de pierres est inaugurée sur le terrain de la place d'armes. Devant cette chapelle, une pierre commémorative rappelle la mémoire des grenadiers de Losone et Isone décédés pour la patrie.Durant les années 80, l'école se voit confier pour les essais à la troupe le futur fusil d'assaut 90 et la grenade à main 85.En outre, pour améliorer la mobilité des grenadiers, chaque section est dotée de 3 pinzgauers.Dès 1981, le fusil d'assaut à lunette (13 par compagnie) et le fusil d'assaut infrarouge (4) renforcent l'armement des unités.

Plus tard, en 1993, le "Panzerfaust" (18 par compagnie) et le tube explosif complètent la panoplie, alors que le lance-flamme est retiré des unités.La traditionnelle rencontre des commandants des compagnies de grenadiers qui a lieu depuis 1978 aboutit en 1991 à la création d'une section dans le cadre de la société suisse des officiers.De multiples démonstrations ont lieu à Isone, notamment en présence d'officiers de haut rang de Hongrie, d'Italie, d'Israël et de Suède.

Armée 95

Dans le concept Armée 95, au niveau du régiment, l'avant-terrain joue un rôle déterminant.Les grenadiers y mènent le combat contre des objectifs rentables et détruisent l'ennemi par surprise.En outre, ils sont en mesure de détruire également l'ennemi qui a fait irruption dans le dispositif de défense du régiment d'infanterie, en particulier dans les zones bâties.
Les formations de grenadiers (montagne / plaine / engins guidés anti-chars / territoriaux) peuvent remplir les missions suivantes:

détruire des objectifs, installations et systèmes d'armes
détruire l'ennemi infiltré, les positions de feu des armes d'appui, ou les objectifs-clés importants contre-attaquer en zone bâtie pour reprendre ou détruire des objectifs clairement définis
combattre et détruire l'ennemi qui a réussi une percée
mener le combat contre les forces ennemies du deuxième échelon ou contre son infrastructure logistique
mener un combat de reconnaissance en terrain difficile et en zone bâtie
surveiller et explorer
exécuter des missions de déception.




Culture

La culture des grenadiers se caractérise par une devise, s'exprime dans des valeurs et est soutenue par une philosophie. La devise était, est et restera aussi dans le futur :

"SEMPER FIDELIS"
(toujours fidèle).
Cette culture se fonde sur les trois valeurs suivantes:


PERFORMANCE: Les grenadiers fournissent des prestations de haut niveau dans tout leur spectre d’engagement, grâce à une sélection et factuelle, une instruction intensive et une discipline personnelle de tous les instants;

SAVOIR-FAIRE: Les grenadiers développent des compétences techniques et tactiques approfondies qui permettent d’accomplir toutes les étapes d’une OP avec un recours minimal à des appuis extérieurs;

RESPECT: Les grenadiers adoptent un profil bas, se comportent de manière honorable et respectent les autres militaires, la population civile ainsi que les personnes issues d’autres horizons, religions et cultures.

La philosophie se décline selon les postulats suivants:
Les hommes sont plus importants que le matériel ou l'équipement;
La qualité est plus importante que la quantité;
Les grenadiers ne peuvent pas être formés en masse;
Les grenadiers ne peuvent pas être formés dans l'urgence.


Il faut savoir que la devise "Semper Fidelis" est bien plus ancienne que les US Marines, qui eux l'on adoptée en 1883, sur l'initiative du Col. Charles McCawley, cdt du 8th Marines Corps... En effet, elle était déjà utilisée par la garde prétorienne des Romains ! 

Il faut savoir aussi que plusieurs troupes militaires utilisent cette devise: 

- West Nova Scotia Canadian Regiment 
- Base militaire de Valcartier 
- Devonshire & Dorset Regiment (Royaume-Uni) 
- 47e régiment d'infanterie de ligne français 
- Compagnie de commandement et de soutien français 
- Et bien sur... Les Grenadiers suisses ! 

Enfin, c'est également la devise de plusieurs villes et familles... Sur leurs armoiries. 


Doctrine

Les écoles de grenadiers sont la composante centrale d'instruction des Formations de Reconnaissance d'Armée et de Grenadiers (FRAG). Stationnées à Isone, au Tessin, elles se caractérisent par une longue tradition d'instruction de haut niveau. Elles génèrent les compétences et assurent les prestations dont le commandement de l'Armée bénéficie en ligne directe.

Les missions des écoles et cours de grenadiers sont les suivantes :

Assurer l'alimentation en personnel des bataillons de grenadiers, jusqu'au niveau des commandants de compagnie;

Procéder aux reconversions et à l'introduction de nouveaux armements, systèmes et techniques, dans les bataillons de grenadiers;

Adapter l'instruction à l'évolution des capacités des bataillons de grenadiers, conformément au plan de développement 2008/11;

Assurer la tenue, en tant que centre de compétence au niveau de l'Armée, de cours particuliers, tels que cours pour tireurs d'élite, endurance et survie sur le terrain, ainsi que d'autres compétences essentielles aux opérations particulières.

De ce fait, les Ecoles grenadiers ont un fonctionnement qui diffère des autres écoles de l'armée. Leur métier est axé sur la qualité du personnel instruit, et non la quantité, ce qui impose une sélection, une instruction prolongée et une continuité dans les avancements. Leur structure reflète cette orientation en comprenant, à raison de 2 départs par année, une école de recrues, une école de cadres et une école d'officiers, en plus de cours spécialisés pour Tireurs d'élite pour l'ensemble des Forces Terrestres et des stages de vie en campagne.Tous ces éléments sont rassemblés par le mot d'ordre historique des grenadiers, "SEMPER FIDELIS", qui fonde une exigence morale pour tous et en permanence.Tous ces éléments se conjuguent dans la devise historique des grenadiers: "SEMPER FIDELIS", qui constitue l'aune morale à laquelle tous se mesurent en permanence.









Recrutement

Le recrutement a lieu environ une année avant l'école de recrues. Il s'étend sur deux jours, dans un des six centres de recrutement. Le volontariat constitue la première valeur commune requise. L'aptitude à devenir grenadier est ensuite déterminée lors d'examens médicaux et psychologiques approfondis, conduits par les médecins-chefs et les psychologues responsables au sein des centres de recrutement. Les intéressés y reçoivent également des informations supplémentaires concernant l'école de recrues à Isone.














Examen d'aptitudes

L'examen d'aptitudes fait suite au recrutement. Il s'étend sur 2 jours, à Isone et a lieu quelques mois avant le début de chaque école de recrues. Le but est de déceler suffisamment tôt les candidats inaptes, que ce soit pour des critères médicaux, physiques ou psychiques, et réduire ainsi la proportion de licenciements au début de l'école de recrues. Ces examens sont complétés par des séances d'information dont le but est de favoriser la préparation physique et mentale des futures recrues.Une épreuve physique a lieu après la visite sanitaire d'entrée (VSE) et une consultation avec un psychologue. Elle sert à faire le point de situation sur chaque candidat et comprend une évaluation de la force latérale du tronc, du haut du corps (grimper à la corde / appuis faciaux), ainsi qu'une marche de 4,5 km avec un paquetage de 20 kg. Des séquences d'information donnent en outre des renseignement complémentaires sur le déroulement de l'école de recrues, l'entrée en service ainsi que quelques conseils sur la préparation physique individuelle.

Quelles sont les clefs du succès ?

Une bonne préparation physique et un état d'esprit positif, allié à des qualités d'autonomie, de vivacité d'esprit et d'initiative vous permettront de satisfaire quotidiennement aux exigences élevées auxquelles vous serez confrontés.

En outre, votre état d'esprit doit correspondre au profil du grenadier. Notre devise "SEMPER FIDELIS" doit devenir la vôtre.

C'est donc à vous désormais, de vous inspirer de nos traditions solidement ancrées et de vivre ces valeurs tirées nos missions. Tout au long des ces dures semaines à venir, vous devrez faire la démonstration de vos performances, de vos compétences et de votre respect.Je me rejouis de pouvoir vous accueillir prochainement à Isone, au début de votre parcours militaire, et je vous souhaite une excellente préparation.


Ecole de recrues

L'école de recrues de grenadiers est une écoles de recrues particulière. Elle s'étend sur 25 semaines et est extrêmement exigeante, tant sur le plan physique que psychique, ainsi qu'en ce qui concerne le goût de l'effort soutenu. Pour de telles exigences, seuls des volontaires font l'affaire. Ce seront ceux qui fournissent les prestations attendues au recrutement. Pendant les premières semaines de l'école de recrues, une sélection aura lieu. Elle permettra de réorienter vers de nouvelles incorporations ceux dont les performances physiques, psychiques, sociales et au niveau du caractères, s'avèreront insuffisantes. Ces réincorporation s'opèrent au sein de l'Armée, de l'infanterie ou du détachement d'exploitation des écoles de grenadiers.





Sélection

Le profil de base du grenadier est testé dans le cadre d'un processus évolutif de sélection, au cours des onze premières semaines de l'école de recrues. Il s'agit essentiellement de remplir les conditions minimales concernant l'instruction de base générale spécifique aux grenadiers. Toutefois, en cas de fautes de comportement ou dans le cas où les prestations requises ne seraient plus atteintes par la suite, une réincorporation reste possible, même après la période de sélection de onze semaines.Le processus de sélection (voir graphique ci-dessus) comporte des épreuves physiques, psychiques et techniques distinctes. Il contient également des épreuves combinées, où ces trois facteurs sont testés séquentiellement.

Cours pour tireur d'élite

Chaque année ont lieu trois cours pour tireurs d'élite. Les participants sont instruits pendant six semaines au fusil pour tireur d'élite, calibre 8,6 mm, dans les secteurs d'Isone et de Hinterrhein.
L'instruction au fusil de précision, calibre 12,7 mm, nécessite 3 semaines supplémentaires d'instruction et n'est accessible qu'aux grenadiers (cf folios ci-après).



"Semper Fidelis"
est aussi la devise des Marines U.S.



Stage d'aguerrissement en campagne

A l'issue de ce stage, les participants doivent être en mesure:
d'appliquer les savoir-faire de base dans les domaines "vivre" et "durer" sur le terrain;
d'adopter sur une longue période, les comportements de base dans les domaines "vivre", "combattre" et "survivre";
de conduire un détachement dans des conditions rudimentaires.

L'intégralité du stage à lieu sur le terrain. Les diverses séquences d'instruction ont lieu durant la journée. Les savoir-faire "vivre" et "durer" sont appliqués à chaque fois pendant la nuit. Les stagiaires conduisent à tour de rôle des patrouilles d'exploration. Ces détachement sont instruits exclusivement par des militaires de carrières des écoles de grenadiers et sont constamment placés sous leur supervision.




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